Bruno North : Tête de liste CNI à Paris pour les élections régionales

Posté le mars 04, 2010, 12:00
7 mins

Bruno North, 45 ans, chef d’entreprise, secrétaire général du CNI, est la tête de file parisienne de la liste menée aux régionales par Nicolas Dupont-Aignan. Marié et père de trois enfants, il se pose en alternative de droite aux élans « bobos » de l’UMP dans la capitale.

Pourquoi le CNI s’oppose-t-il à l’UMP à l’occasion de ces régionales ?

Tout d’abord parce que l’on n’a pas voulu de nous ! L’UMP a préféré faire de la place à des groupuscules de gauche comme les progressistes d’Éric Besson ou la Gauche moderne que s’allier avec une formation de droite comme la nôtre. Nous sommes pourtant le seul parti de la droite et du centre-droit à avoir des élus parisiens à côté de l’UMP et du Nouveau Centre. Le MPF, qui n’a aucun élu à Paris, a obtenu sans problème une place sur la liste… au prix d’un ralliement sans conditions. Pour notre part, nous n’avons jamais été rappelés. Il faut croire que notre liberté de parole dérange…

Pendant ce temps, MM. Cha­rasse et Migaud sont présentés comme de nouvelles prises de guerre par l’entourage de Nico­las Sarkozy. Les électeurs ne sont pas dupes et les sondages catastrophiques pour l’UMP en Ile-de-France en sont la conséquence directe. Au-delà de cette divergence tactique, qui leur a fait préférer l’ouverture à gauche à l’union de la droite, nous avons des divergences profondes sur le programme.

Que reprochez-vous au programme de l’UMP en Ile-de-France ?

Nous reprochons à l’UMP de défendre un programme de centre gauche ! Une fois investie, Mme Jouanno, tête de liste UMP sur Paris s’est empressée de se déclarer favorable à l’adoption d’enfants par les couples homosexuels, comme si c’était du domaine de la région ! Le CNI est opposé à cette mesure totalement contraire à notre conception de la famille. De la même façon, notre conseiller de Paris s’est récemment opposé à un vœu des Verts en faveur de la célébration des PACS en mairie, qui a été voté par une partie du groupe UMP. Sur le plan fiscal, Chantal Jouanno semble favorable à un péage frappant les automobilistes entrant ou sortant de la capitale. Bien souvent, pénaliser les automobilistes parisiens signifie pénaliser les familles. Au contraire, nous sommes favorables à la gratuité des parkings situés autour des gares de banlieue pour les détenteurs d’un Pass Navigo. C’est intolérable que des ministres d’un gouvernement fassent preuve d’une telle légèreté sur ce sujet. Il faut en terminer avec le matraquage fiscal et les affichages médiatiques !

L’alliance entre Debout La République et le CNI a surpris un certain nombre de commentateurs politiques. Comment la justifiez-vous ?

Cet accord électoral se justifie pleinement puisqu’il se fait autour des valeurs de liberté et d’indépendance. Cet accord était nécessaire. Il est un préalable à un possible sursaut national. La droite au pouvoir est en train de creuser sa propre tombe. S’il continue à lorgner sur la gauche, Nicolas Sarkozy n’aura en 2012 guère de réserves de voix à droite pour le second tour. Déjà, sous Giscard, le CNI critiquait les yeux doux faits à la social-démocratie au nom d’un prétendu « principe de réalité », qui a conduit tout droit à la victoire de François Mitterrand en 1981. Nous avons quelques divergences avec DLR sur l’Europe, mais nous nous retrouvons sur l’essentiel dans ce domaine : refuser l’alignement inconditionnel de notre continent sur les intérêts des États-Unis voulu par Nicolas Sarkozy. Avant tout, il m’apparaît nécessaire de faire souffler à droite un vent de liberté. En nous accordant avec DLR, nous en­tendons incarner la droite de conviction dans sa pluralité et diffuser un message simple : libéraux, gaullistes et indépendants peuvent s’entendre et proposer une alternative crédible à l’UMP. Voilà pourquoi avec mon ami Philippe Brillault, maire du Chesnay et tête de liste dans les Yvelines, nous nous sommes jetés dans la bataille suite à l’accord passé entre notre président Gilles Bourdouleix et Nicolas Dupont-Aignan.

4 réponses à l'article : Bruno North : Tête de liste CNI à Paris pour les élections régionales

  1. arrivetz

    19 mars 2010

    monsieur Dupont- Aignan n’intéresse pas les médias mais il a fait finalement un score important sans journaux ni télévision, en tout cas en Ile de France. On aurait tort de se plaindre de la candidature d’un homme de conviction, intègre, parmi les meilleurs élus de France, qui n’est pas un batteleur d’estrade mais un homme de terrain. C’est avec des gens comme lui qu’on devrait reconstruire la droite et non avec des compromis qui n’ont rien fait à part des coups bas et des concessions sans fin pour leur carrière au détriment de l’intérêt général. Il avait l’intention de se battre pour les transports et n’était pas pour le grand paris. Quel dommage que les médias l’aient ainsi ignoré. La droite n’a jamais été portée par un parti unique mais toujours par des personnalités. Le fait d’avoir des convictions est il est vrai rédhibitoire en politique. On existe surtout par opposition.  

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  2. Pierre

    9 mars 2010

    en matiere de preference etrangere, immigration-invasion, etc. Nicolas Dupont Aignan et UMP-PS-PC-Verts-FD, c’est largement la meme chose!

    Amities

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  3. Gérard Hardy

    8 mars 2010

    La France souffre du bipartisme qui s’est insidieusement installé dans notre paysage politico-médiatique. Toutes les tentatives qui consistent à briser le monopole de ceux qui incarnent l’échec depuis 30 ans sont bienvenues.

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  4. Rosanov

    5 mars 2010

    Au fait ça veut dire quoi CNI à part carte nationale d’identité ? Excusez- mon illétrisme.  Sous ce constat, je trouve Dupont-Aignan crédible mais son parti a pas l’air très balèze en communication, même si les médias ne font rien pour l’aider.  Or la com en politique c’est plus que fondamental. 

    Au demeurant je ne me fais pas aucune illusion : com ou pas, un candidat de cette valeur risque fort de prendre le bouillon.  Deux tiers des électeurs vont encore voter UMP/PS  ou PS/UMP.  D’ailleurs, on se demande pourquoi on a des élections dans ce pays.

    Je pense qu’il y a encore beaucoup trop de Français qui mangent à leur faim pour avoir le temps de réfléchir un tout petit peu.

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