Burkini : ne pas se tromper de combat

Burkini : ne pas se tromper de combat

Eric Piolle, maire EELV de Grenoble, a donc fait adopter son arrêté municipal légalisant le burkini et le « topless » dans les piscines de la ville.

Comme il était prévisible (et assez largement annoncé), les réactions ont été vives.

En particulier, Laurent Wauquiez, président LR du conseil régional Auvergne Rhône-Alpes, a suspendu toute subvention à la ville de Grenoble, au nom de la défense de la laïcité.

Il est assez remarquable qu’un élu lutte concrètement contre l’islamisation et l’on ne peut que se réjouir de cette fermeté de M. Wauquiez.

Cependant, il me semble que l’angle d’attaque n’est pas bon.

Certes, le burkini est, de toute évidence, un élément de l’islamisation de l’espace public.

Et même l’un de ces éléments qui permettent aux islamistes de jouer à « Pile, je gagne ; face, tu perds ». En effet, soit les politiques s’opposent à son usage et les islamistes peuvent hurler à l’islamophobie – et même attaquer les arrêtés anti-burkini devant les tribunaux avec de solides chances de succès. Soit, au contraire, les dirigeants ne font rien et, alors, cette nouvelle avancée de l’islamisation est « actée ».

Il est donc judicieux de répondre sous l’angle des subventions, en privant les « collabos » de l’islamisation, comme M. Piolle, d’argent public.

Cependant, cette solution laisse de nombreuses questions sans réponse.

La première est qu’évidemment, il serait absurde de priver durablement les Grenoblois de tout investissement public. En particulier, sachant que le conseil régional est en charge du financement des lycées, on voit mal comment la région pourrait durablement refuser de financer les lycées grenoblois.

Mais il y a plus grave. Contrairement à ce que dit M. Wauquiez (et ce qu’ont dit l’immense majorité des ténors de droite), le sujet n’est pas fondamentalement un sujet de laïcité.

La laïcité consiste à assurer la neutralité religieuse du service public.

Cela n’a donc rien à voir avec le burkini. On peut prohiber celui-ci pour des raisons d’hygiène ou parce que la loi exige que le visage de chacun soit visible dans l’espace public. Non parce qu’il attenterait à la laïcité.

De façon générale, redisons-le : e battre contre l’islamisation en invoquant systématiquement la laïcité est se condamner à perdre systématiquement.

D’abord parce que la laïcité apparaît ainsi comme une entrave aux libertés publiques, ce qui donne – c’est un comble ! – à l’islamisme les atours d’un combat pour les libertés individuelles.

Mais surtout parce que la laïcité n’a de sens que dans le cadre d’une culture donnée, en l’occurrence la culture chrétienne qui nous apprit la distinction entre Dieu et César.

Il serait trop long d’évoquer ici le long combat entre la laïcité républicaine et l’Église et le fait que la Révolution voulut précisément, et paradoxalement, en finir avec cette distinction entre spirituel et temporel (elle voulut, selon le mot de Rousseau, « réunir les deux têtes de l’aigle »).

En revanche, on ne peut pas aborder cette question sans mentionner que cette « légalisation » du burkini attente profondément à notre culture et à l’image que nous avons de la femme, dont nous souhaitons voir le visage (qui inspira tant de nos œuvres d’art). Dans ce contexte, le « topless » n’est pas une façon de faire avaler la pilule, si j’ose dire. Mais bel et bien une aggravation de l’attaque d’Éric Piolle contre la vision française de la femme, aussi éloignée de la pornographie que du carcan islamique.

Que ni M. Piolle, ni ses critiques ne le voient (ou plutôt n’osent le dire) est assez inquiétant sur la disparition rapide de notre civilisation.

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(1) Commentaire

  • Laure Tograf Répondre

    Intéressante cette photo d’illustration : je n’avais pas connaissance de cette nouvelle espèce de baleine.

    25/05/2022 à 0 h 04 min

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