Chirac, meilleur défenseur de nos syndicats moribonds

Chirac, meilleur défenseur de nos syndicats moribonds

Dominique de Villepin est prêt, à tout moment, à quitter le ministère de l’Intérieur, place Bauvau, à deux pas de l’Élysée, pour aller s’installer, rive gauche, rue de Varenne, dans l’hôtel Matignon, traditionnellement réservé au Premier ministre de la France. Car Jean-Pierre Raffarin est en sursis.
On sait qu’il y aura un remaniement ministériel avant la fin de l’année, après le départ de Nicolas Sarkozy, du ministère de l’Économie et des Finances, quand il aura accédé à la présidence de l’UMP, officiellement lors du congrès du parti, le 28 novembre. Mais l’ampleur de ce remaniement ne semble pas encore déterminée.
Bien sûr, Jean-Pierre Raffarin fait comme s’il devait rester Premier ministre jusqu’à la fin de l’an prochain, au moins jusqu’au référendum sur la Constitution européenne qui devrait être organisé le dimanche 8 mai 2005 (plutôt qu’en décembre 2005, comme cela était envisagé jusqu’à présent). Il est d’ailleurs probable que le Président de la République, si son choix était déjà fait, se garderait bien de le prévenir. Nous pensons pour notre part que Jacques Chirac, à partir du moment où Sarkosy sera à la tête de l’UMP, préférera avoir Villepin comme chef de Gouvernement…
Dans cette hypothèse, un épigone de Bonaparte remplacerait un émule de Joseph Prudhomme ; mais, comme nous sommes dans une forme de monarchie constitutionnelle, la capacité d’initiative politique demeurerait tout entière dans les mains du seul Président de la République, qui gouverne la France avec une trentaine de petits messieurs tous sortis de la même École Nationale d’Administration.
Or – il vaut mieux le savoir – le Président de la République est opposé à quelque réforme que ce soit, à partir du moment où les chefs des organisations dites « syndicats représentatifs » s’y opposent. Ce qu’on a encore pu vérifier le week-end dernier avec l’invraisemblable reculade du Gouvernement sur le projet de loi sur les restructurations économiques, pour la seule raison que deux cheffaillons syndicalistes avaient claqué la porte. Pourtant, trois jours auparavant, le ministre délégué aux relations du travail avait annoncé aux trésoriers des syndicats un ensemble de mesures fiscales très favorables…
On se souvient que Jacques Chirac, étudiant à Sciences-Po vendait, sur les marchés, « l’Humanité dimanche ». On a oublié qu’en mai 68, Georges Pompidou l’avait chargé de négocier la fin de la grève générale avec la CGT. Ce contact-là n’a jamais été rompu.

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(3) Commentaires

  • SAS Répondre

    AMIS DE TOUTES LA FRANCE,LES CONTACTS ET INTERLOCUTEURS FORCES DE LA RIPOUBLIQUE FRANCAISE QUE CE SOIENT SYNDICAUX,MINISTRE,DEPUTES OU SENATEURS SONT COCHOISIS ET COOPTES(sur des criteres qui nont rien a voir avec la volonte populaire…tous sont macons ou appartiennent a des cercles corporatistes..) et donc on a droit a de pseudo consultations….est ce bien clair ??? EN FRANCE LA REPUBLIQUE EST UN MYTHE…fabrique depuis 1789 cela ne trompe plus personne.

    30/10/2004 à 15 h 48 min
  • LESTORET Répondre

    Malheureusement, le gouvernement n’a pas d’autre idéal que le maintien en place et la réélection des élus chiraquiens qu’il représente, avec d’ailleurs peu de panache. S’il avait un véritable idéal politique et économique, avec un programme précis, il l’aurait déclaré dès le début de la législature et il aurait montré une persévérance dans son exécution qu’aucune opposition, syndicats ou autres, ne pourrait arrêter.

    26/10/2004 à 23 h 18 min
  • F&H Répondre

    Bonjour, C’est exact. Le gouvernement, les gouvernements, reculent encore et toujours à la moindre revendication ou desidérata des syndicats. Soit. Mais à qui la faute ? A ces syndicats qui profitent d’une position dominante unique, sans opposition ? Surement pas. Aux gouvernements ? Mais ont ils d’autres interlocuteurs ? Non. Ou finalement, au peuple de France, aux ouvriers, aux salariés, qui, bien que votant majoritairement pour le Front National, ont abandonnés le terrain syndical, social et associatif aux groupuscules d’extrême-gauche ? F&H

    25/10/2004 à 8 h 10 min

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