Consignes de vote pour les municipales

Consignes de vote pour les municipales

Rappelons que les élections municipales con­sistent à élire un con­seil municipal, suivant d’ailleurs des modalités compliquées bien dignes d’un État touche-à-tout qui se dit néanmoins cartésien. C’est ce conseil qui élit ensuite le maire. Il élit le plus souvent la personne qui est en tête de la liste ayant obtenu le plus de voix.

Les règles d’élection du conseil municipal diffèrent selon la population des communes. Pour les communes d’au moins 1 000 habitants, on ne peut voter que pour une liste entière, sans rayer de nom, ni en ajouter.

Dans les communes de moins de 1 000 habitants, il peut y avoir des listes incomplètes (c’est-à-dire avec un nombre de candidats inférieur au nombre de conseillers municipaux). On peut rayer des noms ou en rajouter. Un candidat peut même se présenter tout seul. Les conseillers élus sont ceux qui ont le plus de voix.

Il y a, en France, environ 36 700 communes, dont 8 700 ayant au moins 1 000 habitants, totalisant 53 millions d’habitants et 35 millions d’électeurs ; et 28 000 ayant moins de 1 000 habitants, totalisant 14 millions d’habitants et 9 millions d’électeurs.

Par comparaison, chacun des deux plus grands partis compte moins de 300 000 adhérents. Ils ne connaissent évidemment qu’une petite fraction de ces villes. Leurs « consignes » de vote sont donc quelque peu prétentieuses.

Dans les communes de moins de 1 000 habitants, tout le monde se connaît, et le plus souvent les listes n’ont pas d’étiquette politique. Cela n’empêche pas que l’on sache souvent où vont les sympathies politiques de la tête de liste, mais les électeurs ne votent pas pour un parti. Ils votent pour celui ou celle qu’ils croient le plus capable de bien gérer la commune, quelles que soient ses sympathies politiques, et ne se gênent d’ailleurs pas pour modifier sa liste dans le même esprit. Ceci est vrai dès le premier tour et a fortiori au second. On imagine donc que les consignes des partis sont rigoureusement sans effet.

Dans le cas des villes d’au moins 1 000 habitants, en revanche, il est d’usage que l’on vote au premier tour pour la liste du parti qui a la sympathie de l’électeur et que l’on renouvelle ce vote si cette liste se retrouve au second tour. Mais, si elle est éliminée, les électeurs votent pour la liste dont la tête lui parait la moins mauvaise pour gérer la ville. Et ils sont beaucoup mieux placés pour en décider qu’un lointain parti, sauf peut-être dans les très grandes villes. Et encore ! Il vient à l’esprit le cas de Charles Millon à Lyon, qui s’est trouvé rejeté par son parti parce qu’il avait voulu faire une alliance, aux contours pourtant sensés et limités, avec le Front National, alors que c’était un candidat d’une qualité exceptionnelle, très aimé par ses électeurs. Résultat : un socialiste a été élu.

En conclusion, les consignes données par les partis à leurs adhérents et sympathisants pour le vote au second tour témoignent d’une suffisance dérisoire. La seule consigne devrait être : « Informez-vous bien sur les candidats et votez pour ceux qui vous paraissent les plus qualifiés pour gérer votre ville. »

La consigne de François Fillon : « Votez pour le moins sectaire » est certes un petit pas dans ce sens, mais la consigne de bien s’informer et de voter pour le plus capable serait encore meilleure, bien que redondante pour les petites villes.

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(2) Commentaires

  • Claude Roland Répondre

    Il est à souhaiter que les Français ne respectent pas les consignes de vote. Ce serait alors l’expression de la vraie liberté. Respecter les consignes, c’est accepter de se laisser mener par le bout du nez !
    Quant à voter nul ou s’abstenir, cela revient à de la lâcheté ; et ça les français ont montré ces dernières décennies qu’ils étaient spécialistes en laissant les politicards actuels ruiner le pays chaque fois un peu plus.

    07/10/2013 à 15 h 06 min
  • philiberte Répondre

    le quota pour « panacher » les listes a été modifié récemment. il était auparavant de 3000habitants.

    03/10/2013 à 8 h 32 min

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