Coup d’État de l’eurocratie

Coup d’État de l’eurocratie

Le 9 mai dernier, la Conférence pour l’avenir de l’Europe a présenté ses 49 recommandations finales ont été présentées aux présidents des trois institutions qui l’avaient commanditée : la Commission européenne, le Parlement européen et le Conseil de l’Union européenne.

Précisons que cette conférence a donné la parole à tous les citoyens des pays de l’Union européenne – sous la présidence des trois institutions.

Les citoyens avaient, paraît-il, déposé 178 propositions (comment sont-elle devenues 49 recommandations ? Mystère, mais je ne doute pas des ressources de la technocratie !).

Jusqu’ici, rien de bien palpitant : la petite cuisine interne de l’UE où l’on fait semblant d’écouter les citoyens, tout en piétinant allègrement leur avis.

Mais ce qui est surprenant, c’est que, sur la base de ces 178 propositions (qui ne sont donc pas retenues !), des « experts » ont décrété que 10 % ne seraient pas applicables sans modification des traités.

Tout ceci est bien nébuleux : nous ne savons pas qui sont les experts, nous ne savons pas quelles propositions sont inapplicables sans modification des traités, nous ne savons même pas si ces propositions ont été retenues ! Mais la communication bruxelloise s’est aussitôt mise en branle.

M. Macron, Mme von der Leyen, M. Verhofstadt, ont instantanément fait savoir qu’ils étaient favorables à une telle modification et notamment à la suppression de la règle de l’unanimité sur des « sujets clés ».

Si, réellement, l’objectif de cette conférence était de prendre en compte l’avis des citoyens, pourquoi diable ne pas commencer par les 90 % de propositions qui ne nécessitent pas de modification des traités ?

En réalité, toute cette comédie n’avait probablement pour but que de « prouver » que la règle de l’unanimité empêchait de prendre en compte l’avis des citoyens.

Ce qui est l’exact inverse de la réalité : les citoyens sont dépossédés de leur souveraineté par le fédéralisme.

Et la règle de l’unanimité est actuellement le seul garde-fou devant l’avancée du fédéralisme.

Sous prétexte de mieux écouter les citoyens, l’Union européenne va s’enfoncer davantage encore dans la technocratie.

Reste que ce ne sera pas facile : 13 États (sur 27) ont d’ores et déjà signalé leur opposition à cette modification intempestive des traités – et ils ne seront sans doute pas seuls (je note, en particulier, que la Hongrie ne figure pas parmi les 13).

Mais l’idée va commencer à faire son chemin et nous pouvons nous attendre dans les prochaines années à un nouveau « coup du traité de Lisbonne » : vous pensez cela, nous allons donc faire l’inverse !

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(1) Commentaire

  • quinctius cincinnatus Répondre

    Les Empires ne peuvent être gouvernés  » efficacement  » que par un POUVOIR ABSOLU ( central et de ce fait isolé ) et … ils en meurent ! Voyez l’ Histoire, voyez l’ Empire Romain , l’ U.R.S.S. et l’ incessant combat que mènent les Etats contre les Autorités Fédérales aux U.S.A. !

    18/05/2022 à 9 h 51 min

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