D'abord les niches fiscales, ensuite la hausse des impôts

Posté le juin 26, 2010, 12:00
3 mins

 

Les Français qui n’ont pas perdu leur emploi ni fermé leur entreprise vont tout de même rapidement sentir le coût de la crise : le
gouvernement et les députés annoncent qu’ils vont aller plus loin dans le rabotage des niches fiscales et commencent à évoquer une hausse générale des impôts…pour préparer le terrain :

 

 » François Fillon a ainsi annoncé vendredi que la réduction des niches fiscales entre 2011 et 2013 pourra être portée jusqu’à 8,5 milliards
d’euros
, «en fonction de la situation». Jusqu’à présent, le gouvernement évoquait un chiffre de 5 milliards. N’hésitant pas à appeler un chat un chat, le premier
ministre l’a clairement indiqué: «Réduire les niches, c’est augmenter les impôts.»

Matignon et Bercy envisageaient jusqu’à présent de faire un rabot général sur toutes les niches, d’au moins 10 %, et d’en supprimer
quelques-unes. «Nous allons aller plus loin dans le rabot et la suppression», explique-t-on à Bercy. (…)

Le débat le plus vif au sein de la majorité porte actuellement sur les niches fiscales permettant de réduire son ISF lorsque l’on investit dans
les PME
. Bercy souhaite maintenir cette mesure qui apporte des fonds propres aux petites entreprises mais de nombreux parlementaires de la majorité, dont Gilles Carrez,
le rapporteur du budget à l’Assemblée, plaident pour qu’elles soient elles aussi rabotées. Au passage, Gilles Carrez et Pierre Méhaignerie (UMP), qui préside la commission des
affaires sociales, envisagent lors du débat budgétaire d’aller encore plus loin que le gouvernement sur la réduction des niches : ils veulent 10 milliards d’économies réparties
à hauteur de 4 milliards pour les niches sociales et de 6 pour celles «économiques.»

 

Vendredi, François Fillon a aussi évoqué pour la première fois l’idée de relever plus largement la fiscalité. «Pas question de
biaiser», a-t-il martelé. «L’effort sur la dépense publique est un impératif catégorique, c’est la seule façon d’échapper à la hausse des impôts.» Autrement dit, si la croissance
n’est pas au rendez-vous cette année, il faudra réduire davantage encore la dépense publique sous peine de devoir augmenter les impôts. » Le Figaro