Davos et la compétitivité française

Posté le septembre 11, 2013, 3:37
4 mins

Depuis 1971, le Forum économique mondial se réunit tous les ans, en janvier, à Davos en Suisse.

Le Forum rassemble des hommes s’intéressant à l’économie mondiale. Les mille responsables des plus grosses entreprises multinationales, fondateurs du Forum, invitent un millier d’autres participants s’intéressant à l’économie : responsables politiques ou religieux, universitaires, économistes ou journalistes…

Tous ces responsables mettent en commun leurs connaissances. Et, depuis 1979, ils publient les résultats de leur enquête. En 1979, la publication ne portait que sur 16 pays. Elle portait, en 2009, sur 133 pays et sur 148 en 2013. La terre comptant 192 pays, il reste encore une cinquantaine de pays dont l’étude n’est pas publiée.

Pour faire ces études très sérieuses, les responsables du Forum de Davos, dont le président est encore le fondateur Klaus Schwab, ont choisi 110 critères permettant de porter un jugement sur le fonctionnement économique d’un pays.

Citons certains des critères retenus en 2013 :

1) L’état matériel des infrastructures nationales : Routes, voies ferrées, fleuves navigables, ou aéroports ; bâtiments officiels (scolaires, universitaires ou hospitaliers) ; distribution de l’eau potable, de l’électricité, ou élimination des déchets ; réseaux de téléphone fixe ou mobile, radio, télévision ou internet…

2) La qualité des services offerts à la population : Enseignement fourni de la maternelle à l’université ; soins donnés à la maison ou dans les hôpitaux ; efficacité du fonctionnement de la police et de la justice ; lutte contre la délinquance ; réglementation de la circulation automobile…

3) Les interventions de l’État dans le secteur économique : taux d’imposition des particuliers et des entreprises ; réglementation du travail ; complexité ou simplicité des textes officiels…

Ces 110 critères sont notés de 1 à 7. Ce qui est le plus favorable à la compétitivité reçoit la note de 1 ; ce qui est le plus mauvais se voit attribuer un 7.

Par ailleurs, de très nombreuses publications économiques provenant du monde entier sont analysées en permanence par une équipe de spécialistes de Davos.

La synthèse de 480 pages qui expose en 2013 les problèmes liés à la compétitivité des entreprises doit être prise très au sérieux.

Le Forum de Davos y a parfois attribué une très bonne place à la France. Elle est, par exemple, 4e sur 148 pour le bon état de ses routes. Ou 5e pour ses grandes écoles apprenant la gestion de l’économie (Université, ENA ou Polytechnique).

Mais quand on aborde le comportement économique des gouvernements français, on se rapproche du plus mauvais élève de la classe. La France se retrouve 116e du fait des règles trop strictes qu’elle impose à l’économie et même 135e pour la mauvaise entente qui règne au sein de ses entreprises.

Le Forum de Davos a donc décidé de faire passer la compétitivité de la France de la 21e à la 23e place. Alors que la compétitivité de l’Allemagne ou des États-Unis a augmenté.

Il est pratiquement impossible de ne pas accepter les conclusions que nous livre ce travail. La compétitivité de la France et de ses entreprises est déjà mauvaise. Elle ne pourra que diminuer encore un peu plus dans les mois qui viennent. Le chômage ne peut qu’augmenter et le pouvoir d’achat ne peut que diminuer.

Pour tirer la France de l’ornière dans laquelle elle s’embourbe de plus en plus, il suffirait de copier ce qui se fait en Allemagne…

2 réponses à l'article : Davos et la compétitivité française

  1. Philippe Lemaire

    12/09/2013

    Y compris les salaires à 400 euros ?

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  2. 11/09/2013

    Copier ne suffit pas car il faudra d’abord effacer, notamment le gouvernement actuel, et redémarrer sur une copie blanche. C’est faisable. Il suffit de ne plus voter comme on l’a fait jusqu’ici.

    Répondre

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