Delanoë : un donneur de leçons devant la justice

Posté le novembre 19, 2009, 12:00
3 mins


On s’est habitué à l’image sévère de Bertrand Delanoë, n’ayant pas de mots assez durs pour condamner les errements de ses concurrents politiques. Naïvement, on le croyait
au-dessus de tout soupçon en termes de morale publique. Las, Bertrand Delanoë est convoqué par le pôle financier pour favoritisme dans le cadre de la rénovation du stade Jean
Bouin.

Il faut rappeler que cette rénovation a déjà fait couler beaucoup d’encre. Paris possède déjà un grand stade mythique : le Parc des Princes, occupé un week-end sur deux par le
Paris-Saint-Germain, qui au demeurant ne s’y entraîne pas la semaine…
Paris dispose aussi du stade Charléty, très belle réalisation architecturale… qui n’a pas de club professionnel résident !
Paris possède aussi, à l’ombre du Parc des Princes, le stade Jean Bouin, partagé entre les scolaires, les clubs du quartier et le Stade Français, club de rugby du Top 14 qui appartient à
Max Guazzini.
Ce dernier n’est pas seulement un homme fort des médias, fondateur de NRJ, c’est aussi l’ami de… Bertrand Delanoë, et ce depuis les années Dalida.

Max Guazzini avait déjà été discrètement soutenu quand, dans les années 80, l’émetteur de sa radio, trop fort, parasitait ses concurrents, disparus depuis…
Son club, plusieurs fois champions de France, n’a plus envie de partager ses installations avec les scolaires et d’autres clubs. Le Maire de Paris vire donc les scolaires et le
sport amateur (!) et refait faire le stade Jean Bouin, aux frais de la ville…pour le plus grand bénéfice de son ami Max.

Le débat avait déjà été houleux en conseil de Paris, la droite, mais aussi les Verts et les communistes s’insurgeant contre ces nouvelles dépenses, l’attitude envers les scolaires et le sport
amateur, alors même qu’il était possible de faire de Charléty le stade de résidence du Stade
Français et de « rentabiliser » ce stade rénové qui ne sert à presque rien.

Mais voilà, Bertrand Delanoë, sûr de lui, n’a rien laché, le Stade Français allait avoir son cadeau, au frais des contribuables… jusqu’à cette convocation par le pôle
financier et cette éventuelle mise en examen.