Des députés s'en prennent à l'Institut du Bon-Pasteur

Des députés s'en prennent à l'Institut du Bon-Pasteur

Une proposition de
résolution
tendant

«à la création d’une commission d’enquête relative à la dévolution de l’église Saint-Eloi à Bordeaux à des
catholiques intégristes
».

a été présentée. Renvoyée à la commission des lois constitutionnelles de l’assemblée nationale, cette proposition est
portée
par trois députés socialistes : Michèle
Delaunay, Philippe Plisson et Martine Faure, ainsi que trois députés écologistes : Noël Mamère, Yves Cochet et François de Rugy. On y trouve un catalogue des reproches de toute la société moderne
à l’encontre de l’Eglise :

« En janvier 2002, l’ancien maire de Bordeaux a attribué l’Église St-Eloi à une association appelée « Église Saint
Eloi » directement liée à la Fraternité Saint Pie X, dirigée à Bordeaux par l’abbé Laguérie, disciple de feu Monseigneur Lefebvre, chef de file des catholiques intégristes. La
Fraternité Saint Pie X, excommuniée par le Pape en 1988, se manifeste par un attachement à des valeurs antidémocratiques, par sa haine de la laïcité, des Droits de l’Homme et par
une vision archaïque de la société (homophobie, vision rétrograde du rôle des femmes, dressage éducatif, opposition à la contraception, etc.).
Elle soutient les commandos
anti-IVG
ainsi que des mouvements de jeunesse paramilitaires comme celui de l’abbé Cottard, reconnu coupable de la mort de cinq personnes en 1999.
L’abbé Laguérie est quant à lui une figure emblématique du catholicisme traditionaliste en France ; régulièrement invité à s’exprimer sur les ondes, il est connu pour ses thèses
négationnistes et ses accointances avec l’extrême droite, notamment avec Jean-Marie Le Pen, ex-leader du front National
[sic].

Cette dévolution de l’Église Saint-Eloi à des catholiques intégristes a été déclarée illégale par trois décisions de
justice : dès le 20 décembre 2002 par le tribunal administratif de Bordeaux ; puis, le 27 avril 2004, la cour administrative d’appel annule définitivement la délibération du
Conseil municipal de janvier 2002 qui attribuait l’église Saint-Eloi aux intégristes ; la dernière décision est issue du Conseil d’État, dans son arrêt du 2 mars 2005, qui rejette le
recours de l’association « Église saint-Eloi » contre les décisions précédentes. Pourtant, l’application de ces décisions n’a été demandée ni par le Ministre de l’Intérieur de
l’époque, ni par le Préfet, ni par le Maire de Bordeaux. Depuis maintenant 8 ans, le silence perdure sur cette dévolution illégale.

Interrogé sur cette inertie lors de la séance des questions au gouvernement du mercredi 2 juin 2010 par Michèle
Delaunay, Députée de Gironde, le Ministre de l’Intérieur a répondu que seul le Cardinal archevêque de Bordeaux, Monseigneur Ricard, pouvait demander l’exécution des décisions de
justice
. Cependant, un archevêque ne peut avoir qu’une autorité morale sur les lieux, le Maire restant le seul propriétaire des lieux. L’exécution des décisions de justice revient donc
au Maire de Bordeaux. Nous devons répondre aux questions suivantes qui sont liées à l’application du principe de laïcité, fondateur de la République
française
 :

– Faut-il procéder à l’exécution des décisions de justice concernant l’annulation de la dévolution de l’Église
Saint-Eloi aux catholiques intégristes ?

– Pourquoi le Maire de Bordeaux n’a-t-il pas procédé à l’exécution de ces décisions de justice depuis
2002 ?

– La République peut-elle tolérer l’administration d’un lieu relevant du patrimoine public d’une commune par des
courants intégristes ? »

On attend que ces mêmes députés à l’égard du financement public des lieux musulmans, lesquels sont, comme chacun sait,
d’ardents défenseurs de la démocratie et de la laïcitélu ici

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