DSK: Français, m’avez-vous compris?

Posté le septembre 19, 2011, 12:00
3 mins

DSK n’a pas pris les Français pour des ânes! Dimanche soir sur TF1, il fut très clair! La scène panoramique, la mise en scène épurée et une répétition professionnelle de la pièce nous ont épargné le vaudeville graveleux que le sujet aurait pu générer sur d’autres plateaux plus inquisiteurs. Ce fut, heureusement, davantage du Racine que du Feydeau à cette heure de grande audience où il eut été incongru de brouiller l’écoute des téléspectateurs…

Le petit livret blanc « ancien » à la main, agité comme la preuve intangible d’une innocence mise en doute, l’acteur nous a avoué sa profonde détresse morale et le mauvais choix de carrière qui résulte d’un écart de conduite privée, très malencontreux en la circonstance.

Dont acte !

Je retiens de ces révélations que Nafissatou Diallo devrait se féliciter d’avoir été honorée par un homme aussi important qui lui a consacré, avec délicatesse, 12 minutes précieuses d’un agenda surchargé et lui a laissé un rare témoignage d’attention avec un « phallographe » original…

La chose ayant été dite et entendue, l’expert en économie revint sur la scène du dernier acte pour reprendre la hauteur que lui confèrent son expertise et la connaissance de l’argent. Son analyse et sa vision ne manqueront pas d’interpeller les décideurs et surtout les Grecs auxquels une tradition orale et scabreuse attribuait jusqu’alors une virile ardeur qui s’est vilainement retournée contre eux…

Maintenant que, Français, nous avons été éclairés en exclusivité des dessous d’une péripétie qui flaire le beau traquenard, DSK et sa femme peuvent prendre des grandes vacances méritées et se reconstruire ( une réputation?) comme le disent si chaleureusement leurs amis fidèles et compatissants.

Se retirer des affaires, pendant que ses camarades socialistes partent au casse-pipe électoral, quelle subtile jouissance…

Henri Gizardin

5 réponses à l'article : DSK: Français, m’avez-vous compris?

  1. l'Auteur

    21/09/2011

    Entre les guillemets une erreur de transcription: l faut lire « vancien » en référence au rapport de Cyrus Vance le procureur et que l’intéressé a agité sur le plateau comme le label officiel et indiscutable de son innocence!….

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  2. Anonyme

    20/09/2011

    Bonne analyse bien décortiquée de Claudec.. meme si le sujet n’a vraiment pas grand chose d’interessant. Thanks!

    Mancney

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  3. l'auteur

    20/09/2011

    Merci « cvicus » pour votre goût aux subtilités de la langue française.. L' »interview » de DSK par C.Chazal opération préparée et tellement ciselée qu’elle en fut grotesque a été révélée par Canal+ comme un authentique plagia des remords télévisés de Clinton après son affaire du même pied… Il pourra aussi plagier l’ex président des EU en portant de par le monde sa parole de consultant et conférencier facturé au tarif maximum libre de TVA et d’impôt!…

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  4. Claudec

    20/09/2011

    DSK – Les larmes du crocodile Ses avocats avaient peut être raison de déconseiller à DSK de s’exprimer comme il a jugé opportun de le faire. En effet, bien qu’à l’entendre nous ayons pu nous sentir parfois prêts à pleurer, le jeux et les arguments étaient décidément aussi forcés que peu convaincants. Son intervention n’a été de ce fait qu’un exercice de repentance de façade mal calculé, s’adressant d’ailleurs, comme il l’a clairement dit, à ses seuls compatriotes ayant vu en lui leur messie.Pour se reconvertir dans le spectacle, comme l’ont fait d’autres politiciens avant lui, il a besoin d’une sérieuse formation, ne serait-ce que pour perdre de son infatuation et de son arrogance. C’est par contre carrément tous les téléspectateurs qu’il a pris pour des demeurés : – En affirmant que les 7 chefs d’accusation d’abord prononcés à son encontre par la justice de New York ont été levés fautes de preuves. Ils l’ont TOUS été parce que ces preuves n’étaient pas étayées au point d’entraîner la conviction de 100% d’un grand jury, ce qui est tout autre chose qu’un non lieu à la française, ce que chacun peut comprendre. – En évoquant comme il l’a fait les mensonges de Nafissatou Diallo et notamment l’échange téléphonique avec son compagnon détenu, insinuant notamment que ce serait elle qui l’aurait appelé au téléphone alors qu’il a été établi que c’était le contraire et que ce même compagnon ne pouvait être au courant de ce qui venait de se passer, ce qui change bien des choses. – En balayant avec morgue les divers rapports d’expertise l’accusant. – En accusant Nafissatou Diallo de l’attaquer au civil pour faire de l’argent, alors qu’il sait, comme nous tous, qu’aussi bien aux USA qu’en France, c’est le dernier recours d’un plaignant que de demander réparation pécuniaire. Bien sûr cette réparation peut être demandée pour le franc (ou le dollar) symbolique, mais chacun (et lui en premier lieu) peut comprendre que Nafissatou Diallo puisse ne pas s’en contenter. – En réduisant à la nécessité d’un pauvre hère le déploiement de moyens financiers ahurissants, contrastant singulièrement avec les valeurs qu’il prétend représenter. En conclusion de cette première partie de l’interview, fait de toute évidence pour préparer la seconde, elle-même devant faire oublier la première, une question d’importance demeure, qui n’a pas été posée ?: DSK compte-t-il demander, à la justice et/ou à la police new-yorkaise, réparation des outrages, dommages et dépenses qu’il dit avoir si injustement subis ? Et sinon, pourquoi ? La deuxième partie de l’intervention a consisté, comme il fallait s’y attendre, en un docte diagnostic d’économie politique ayant visiblement pour but de positionner le désormais repenti pour un nouveau départ. Faute de mieux au plan national, DSK se verrait bien en consultant, sauveur d’une Europe vouée à la vieillesse et à la faillite. Prendre pour argent comptant les quelques arguments qu’il a assénés, serait oublier un peu vite que DSK, quelque temps après avoir inventé les 35 heures avec son amie Martine déclarait, alors qu’il était au FMI, que l’Europe ne travaillait pas assez. Plutôt que de donner des conseils concernant la Grèce et de reprocher à l’Europe de n’avoir pas pas prévu sa faillite, peut-être aurait-il pu nous dire ce qu’il avait lui-même fait alors que c’était dans ses attributions ? Quant à ce qui est devenu, par la subtilité et la magie de la communication, « l’affaire Banon », après n’avoir été qu’un des aspects de « l’affaire DSK », ce dernier s’est apparemment souvenu de l’intérêt des dispositions du code américain lorsqu’il accorde à l’accusé le droit de se taire. Un propos à retenir tout de même, pour ceux qui éprouvent, comme dans le volet new-yorkais, une sentiment d’inachevée, ce fut lorsque DSK déclara qu’il s’intéresserait aux question de démographie. Les plus farouches de ses opposants sont obligés de lui reconnaître une aptitude particulière pour ce qui y préside.

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  5. cvicus

    19/09/2011

    Merci de transmettre ceci à M. Gizardin, je pense qu’il appréciera. Bravo M. Gizardin , j’ai autant de doutes que vous sur une affaire qui sentait beau le traquenard et ne me suis donc pas laissé brouiller l’écoute. Avec Mme Diallo, DSK aurait eu, si on le suit bien, une panne de micro. Mais la mère de Mlle Banon est certaine qu’il cherchait le fond de sa quille…, Moi, je pense qu’un tel homme n’est jamais assez fort pour ce calcul !…

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