Dupond-Moretti en examen

Dupond-Moretti en examen

Le quinquennat d’Emmanuel Macron restera dans l’histoire – avec des privations de liberté sans précédent en temps de paix, mais aussi avec la mise en examen du Garde des sceaux, Éric Dupond-Moretti.

Ce dernier, dont les deux principales qualifications pour le poste, étaient son agressive hostilité au Rassemblement national et sa solennelle déclaration de refuser le poste de ministre de la Justice si jamais on le lui proposait, vient d’être mis en examen par la Cour de justice pour prise illégale d’intérêts.

Et cela ne recouvre qu’une partie des dossiers qui lui sont reprochés, puisqu’il est également accusé de « phobie administrative », selon l’hilarante expression d’un obscur ministricule socialiste sous François Hollande, pour avoir dissimulé quelques centaines de milliers d’euros au fisc.

Il était évidemment délicat qu’un avocat pénaliste célèbre devienne ministre de la Justice – tant il est inévitable qu’il ait à connaître comme ministre de dossiers qu’il avait plaidés comme avocat.

Comment éviter, dès lors, les conflits d’intérêts ?

Mais, dans cette affaire, tout est surréaliste.

Nous avons un procès devant la Cour de justice de la république lancé par une tribune de presse signée du procureur en charge du procès devant la CJR.

Nous avons un ministre de la Justice mis en examen.

Quand on pense que, naguère, n’importe quel ministre était tenu de démissionner pour n’importe quelle mise en examen (même quand il était évident qu’elle finirait par un non-lieu), on mesure à quel point la « moralisation de la vie politique » a fait des pas de géants ces dernières années !

Au fait, le candidat Macron ne s’était-il pas engagé – après tant d’autres ! – à laver plus blanc que blanc ?

En tout cas, ce qui est certain, c’est que cela fait désordre et que cela ne risque pas de renforcer la confiance des Français dans la justice de leur pays, selon l’expression consacrée – qui cache mal une défiance généralisée !

Notons également, au passage, que nous avons progressé d’un cran dans le « gouvernement des juges ». Car, aussi antipathique que soit M. Dupond-Moretti, personne ne peut se réjouir de ce véritable coup d’État des magistrats.

D’autant que l’on ne peut se défendre de soupçonner que l’attaque des juges soit une réponse à l’attaque d’Éric Dupond-Moretti contre eux.

Décidément, la justice française est dans un bien piètre état – et nos libertés avec elle.

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(3) Commentaires

  • quinctius cincinnatus Répondre

    Parlant de ses compatriotes , l’ ancien roi de Sparte Démarate aurait déclaré à Xerxès en 480 av. J. – C. :

     » s’ ils sont libres, ils ne sont pas libres en tout : ils ont un MAÎTRE : la LOI ( despotès nomos )  »

    Xénophon  » République des Lacédémoniens  »

    ainsi se font les Cités fortes , avec des citoyens  » respectueux  » de leurs lois

    25/07/2021 à 20 h 09 min
  • ELEVENTH Répondre

    « Les ennemis de nos ennemis sont nos amis…..jusqu’à la disparition de nos ennemis »
    Vieux proverbe français repris pas J.F. KHAN.

    25/07/2021 à 15 h 22 min
  • HansImSchnoggeLoch Répondre

    Son poste de « garde des sots » lui a sans doute permis d’apprendre beaucoup de choses sur les marcheurs, en particulier sur leur guide suprême. Pas étonnant que ce dernier lui accorde son soutien.
    Un grand déballage de linge sale doit être évité avant les élections de 2022.

    21/07/2021 à 10 h 29 min

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