Effeuillage

Posté le mars 20, 2010, 12:00
7 mins

L’échec de la majorité est dû en partie au désamour ou à la détestation que le président de la République inspire depuis peu. Il a perdu une partie de sa tunique droite. Quant à sa tunique gauche, qui, imprimée de larges motifs verts, était destinée à consacrer l’élégance de l’habit, elle n’est plus qu’une pochette défraîchie. En définitive, il est presque nu !

Désamour ou détestation sont-ils mérités ? Comme toujours, la coupe est à moitié pleine ou à moitié vide. Nul ne peut nier sa détermination à réveiller notre pays, mais comme Voltaire le disait de Diderot : « c’est un four trop chaud qui grille tout ce qu’il doit cuire ».

Un immense espoir était né en 2007, de nombreuses réformes étaient promises, et – tâche difficile –, quelques-unes d’entre elles ont été accomplies. Mais leur mise en œuvre s’est déroulée dans la bravade, pour finir souvent dans la reculade. Il reste, cependant, quelques réformes fondamentales, abouties ou inachevées, dont le pays avait besoin : celle de la Constitution, qui accorde plus de pouvoirs aux parlementaires ; celle l’université, qui acquiert son autonomie ; celle des collectivités territoriales, censée éviter leur empilement ; celle de la fiscalité, qui interdit une contribution supérieure à la moitié de la somme gagnée.

Toutefois, la création de 21 taxes, précaution sémantique pour qualifier de nouveaux impôts, était la dernière chose que les électeurs pouvaient supporter quand leurs dirigeants dépensaient sans compter, en voyages et en dépenses de prestige, en cadeaux en tout genre à chacun des déplacements à l’étranger. Le choix a paru définitivement posé entre deux postures : d’une part le « combien c’est grand, combien c’est généreux, la France » de Charles De Gaulle (Alger, 4 juin 1958), et d’autre part, la « Corrèze avant le Zambèze » de Raymond Cartier (1956).

Les conséquences de l’hyper-présidence

Après trois ans d’exercice du pouvoir, les échecs sont jugés sans indulgence, quand le but poursuivi était très secondaire et le style trop flamboyant :

  • foucade, la création d’une Union Pour la Méditerranée, onéreuse dès sa création, avant même la moindre réalisation ;

  • artifice, l’adoption du traité de Lisbonne contre l’avis de la majorité des Français ;

  • gabegie, la conséquence de ce traité qui multiplie le nombre des organes de décision et le nombre des fonctionnaires ;

  • erreur, l’extension de l’Europe à des pays aux économies fragiles ;

  • indécence, à prétendre refuser l’adhésion de la Turquie à l’Union européenne, tout en la subventionnant pour lui permettre d’acquérir les moyens de satisfaire aux critères de cette adhésion ;

  • incohérence, l’élaboration des plans pour l’industrie française et sa pénalisation par une taxe carbone ;

  • suffisance, l’insistance à vouloir imposer nos vues à la Chine et aux Etats-Unis au sujet d’une responsabilité hypothétique de l’homme dans le réchauffement incertain de la planète ;

  • injure au bon sens et à la morale politique, l’invitation des électeurs à « sortir  les socialistes » de la gestion des régions alors que ces mêmes socialistes ont été recrutés, nombreux, pour fournir des postes ministériels importants ;

  • renoncement, avec l’application insidieuse d’une économie administrée par un État de plus en plus interventionniste.

L’erreur ? L’hyper-présidence, avatar de notre Constitution qui incite au « subjectivisme » (1).

La solution ? Si les Français veulent maintenir un système présidentiel, il faudra réaliser, comme aux Etats-Unis,  une séparation effective des pouvoirs exécutif et législatif. Cette séparation permettra aux députés – qui n’ont pas moins de légitimité que le président de la république, puisqu’ils sont élus comme lui au suffrage uninominal à deux tours – de ne pas s’effacer devant la fonction présidentielle.
 
Il est probable que le partage du pouvoir aurait évité ces erreurs. L’alternative de la fonction parlementaire ne doit pas être réduite à deux termes : godillot ou grognard.

1- Subjectivisme : terme utilisé par les Brejnéviens pour flétrir les caprices légendaires de Khrouchtchev quand ils le renversèrent.

12 réponses à l'article : Effeuillage

  1. Anonyme

    25/03/2010

    Il y a un "hic" définitif, me semble t’ il, entre le Président et les Français. C’est une question d’image.En effet, je ne crois pas que M. SARKOZY soit encore représentatif de la masse des Français , et ses incartades orales ont produit des effets désastreux. Des amis étrangers, au sujet d’un dérapement verbal à certain Salon de l’Agriculture, m’ont dit "qu’il s’agissait d’une atteinte grave à la fonction présidentielle". Il y a de quoi s’émouvoir !!! Avec nous, Français, la magie du verbe ne dure qu’un instant et le bon sens paysan reprend vite le dessus. Nous n’en pouvons plus de ces "jeunes" maltraitant leurs professeurs, de cette Justice qui n’est rendue qu’avec une lenteur extravagante, de ces 82 000 personnes – selon la presse – qui devraient être en prison et qui sont toujours en liberté, de cet enseignement primaire qui "forme" surtout des ignares violents, incultes, barbares ignorant le Beauté, de ce manque d’autorité généralisé, de cet affaissement global de la société encore Française. Une Eglise moribonde,des lois en quantité prodigieuse et qui sont rarement appliquées, un Etat en autant de lambeaux qu’il y a d’élus, des fiefs électoraux en Régions aux mains de d’autorités élues mais qui menacent cette unification – centralisée par la République – et qu’avait créée la Monarchie. De trés graves évènements ne peuvent manquer de se produire, soit à la faveur de guerres étrangères, soit comme conséquences de la crise initiée par les Américains chez qui la concentration bancaire et financière a atteint des sommets inégalés et d’autant plus dangereux.. On ne peut que prévoir une crise institutionnelle de grande ampleur, mais à la faveur que quel évènement ? Un nouveau Bonaparte doit attendre quelque part…

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  2. collot claude

    24/03/2010

    Bien dit les 4 Vérités, et j’insiste sur l’immigration fulgurante gérée pas Mr Besson, entre : aller chercher des immigrés à Malte,ou en laisser en liberté pour cause de défaut de procédure, permettre aux clandestins de manifester avec grands fracas dans la capitale française…Mon avis est: que le Gouvernement arréte de financer les associations qui aident les clandestins, ainsi que les syndicats qui agissent en contradiction des militants, (qu’il prenne exemple sur les relations Gouvernement/Syndicats en Allemagne) le vase de la contestation déborde. D’accord avec "Jayjay et Strogof , Sandy a raison également mais s’il continue à décevoir, qui changera les lois après lui ? Par exemple actuellement qui pourrait abolir les lois qui nous privent de la liberté d’expression?

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  3. caligula

    24/03/2010

    La situation est très grave car les Français sont maintenant désabusés. Ils avaient placé, un peu légèrement, tous leurs espoirs dans ce Monsieur qui n’avait que le mot de « rupture » à la bouche. Il y a un petit mot qu’il avait souvent prononcé sans que beaucoup y trouvent à redire, le mot « discrimination positive ». Cela aurait dû alerter, de même que les visites et génuflexions aux USA. Et puis cette évidente inclination à ‘l’hyperactivité » qui fait que l’on papillonne, change d’avis comme de chemises, etc……Cette hyperactivité , bien connue des psychiatres, rend inapte à l’exercice de fonctions nécessitant de la réflexion, de la continuité, bref, de la solidité. Malheureusement pour nous le choix était entre lui et Ségolène Royal. Qui peut dire aujourd’hui quel aurait été le bon chois ou du moins, le moins mauvais ? Ce qu’il y a de très grave, c’est que les Français ne croient plus à rien. Alors que la situation économique est gravissime, que l’ampleur des réformes est considérable, comment motiver un peuple pour qu’il aille de l’avant, qu’il accepte les inévitables sacrifices. Tache herculéenne que Sarkozy, discrédité, au pouvoir amoindri, sera incapable de mener. Cela pourra-t-il durer jusqu’en 2012 alors que le temps presse ?

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  4. pierre42

    23/03/2010

    J’applaudie des 4 mains la citation de Mr Gelé Gérard qui résume en une phrase la situation actuelle de la Politique Française . Ma grande majorité des classes riches et des classes pauvres (a cause des 35h et de l’immigration incontrolée ) qui vivent de l’impot , et la minorité des classes moyennes qui meurent de l’impot . A quand la rupture ???? Elle viendra un jour , et ce jour il sera trop tard . La France retournera dans le lot des Pays Pauvres .

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  5. Magny

    23/03/2010

    Bien vu Ozone sauf que j’opterai plutôt pour une royauté élective , une monarchie démocratique . Le roi est élu mais il a des pouvoirs concentrés qui lui permettent d’agir pendant son mandat , et non pas d’être arrêté par un vote et des amendements qui le ligotent tel Gulliver à Lilliputh . S’il est mauvais il est remplacé à la prochaine élection et puis basta ! Il s’entoure d’exécutants : le gouvernement ( ministres et leur chef : le premier ministre ) .

    Plus de sénat , une assemblée nationale élue à la proportionnelle qui peut faire chuter le gouvernement en cas de vote négatif . 3 échelons administratifs ( commune , région , nation ) avec leurs élections spécifiques ( 1 seul tour pour les échelons inférieurs au national ça suffit , merci ) et leurs attributions particulières et exclusives avec les impôts afférents ( un peu de cohérence ne ferait pas de mal dans ce domaine ) .

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  6. IOSA

    22/03/2010

    "L’échec de la majorité est dû en partie au désamour ou à la détestation que le président de la République inspire depuis peu"

    Faudrait arrêter de nous prendre pour des andouilles M.Levy.

    Bling bling celà vous dit quelque chose ? Ray-ban et Rolex ? casses toi pôvre con ?

    Et celà, ca ne date pas d’hier !

    Pour tout vous dire…le p’tit nico ne fera jamais un bon président….on l’avait bien compris!

    IOSA

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  7. ozone

    22/03/2010

    Oh;;;il a bien fait une grande réforme,celle du travail du dimanche,;;;et tout est dans ce genre.

    Normalement,Sarkozy devrait signer l’arret de mort de la V République,il a fait ressortir au grand jour toutes les tares de ce systeme,lequel et fait pour des "grands hommes",il est important dans ce régime d’avoir de la retenue,de prendre de la hauteur comme on dit,quand cela sombre dans l’autocratie pas éclairée du tout c’est la fin.
    Un régime du genre IV,comme l’envisage certains pour régler le probléme n’est qu’une illusion,se sera rapidement le blocage avec des crises politiques permanentes.
    En fait,je suis de plus en plus convaincu que seule une monarchie constitutionnelle peut étre une solution a certains égards,avec l’occupation héréditaire du sommet,cela refroidira en grande partie les ambitions de tous ces politiques qui ne pense plus qu’a ça,premier ministre est un poste moins reluisant que président aprés tout.

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  8. sandy

    22/03/2010

    c’est très facile de jeter l’anathème avant même qu’il soit  "mort " !!! ce n’est pas qu’un échec cuisant de la droite mais surtout un échec cuisant de toute la politique droite gauche confondus car comment dire….avec un tel taux d’abstention plus tous ceux qui ne vote pas car pas inscrit , je crois que la victoire de tel ou tel parti ne peut être exact ! tant que les politiques  regarderont plus leur nombril en faisant des magouilles d’appareil etc…. les gens s’abstiendront et de plus en plus !

     dans tous les cas voyez vous 53 % des gens l’ont élus au suffrage universel  et pour son programme avec des réformes , laissons lui finir son mandat , nous jugerons après voulez vous ? car la critique est toujours plus aisé derrière son crayon et son ordinateur , surtout quand on ne fait rien!

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  9. pierre42

    22/03/2010

    Bonjour  , l’étude de Mr Gabriel est très juste , mais il y à également un argument qu’il n’à pas évoqué : ce sont toujours ceux qui travaillent et essaient de sortir le pays de l’immobilisme qui sont critiqués . Il faut dire que les réformes ont secouées les habitudes et les privilèges des fonctionnaires qui refusent le changement et la remise en cause des acquis accumulés pendant des décennies a grand renfort de grèves , puisqu’ils ne peuvent pas être licenciés .

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  10. Anonyme

    22/03/2010

    Rarement dans l’histoire des republiques françaises le peuple n’aura été autant bafoué en si peu de temps :   L ‘élu supreme allait s’attaquer aux déficits, mais il les a fait exploser. L’élu supreme était opposé à l’adhésion de la Turquie à la communauté européenne. Qu’en a t-il fait? . L’élu supreme voulait changer l’immigration de masse en une immigration sélective. Qu’en a t-il fait ? ( dernierement, fait du prince ,il a fait revenir en France une clandestine explulsée,au mépris des lois de la République ) L’élu supreme  n’était pas favorable à la constitution européenne. Il l’a maquillée en traité de Lisbonne,et fait ratifier  par le parlement ,nous enlevant ainsi le droit au referendum pour tout nouvelle adhésion. L’élu supreme qui se dit gaulliste  a laissé humilier en grandes pompes la France par un bédoin qui se dit colonel, Lélu supreme se disait contre la repentance : qu’en a t-il fait ? Pour etoffer son gouvernement, il fait largement appel à ceux qui étaient contre son élection, méprisant ainsi ceux qui ont aidé à son élection.   L’élu supreme qui se dit gaulliste n’a t-il pas fait acte d’obédience auprès de l’OTAN  au point de réintegrer nos forces armées dans ce système. Pire encore : pressé par ce meme organisme, il expedie en plus des renforts en Afganistan lutter contre un islamisme qui se developpe dans nos villes et banlieues ( c’est la stratégie de Gamelin renouvelée). Enfin, de notre devise nationale  " LIBERTE EGALITE FRATERNITE "  il a fait sauter le second terme  pour nous conduire à la discrimination positive, contraire aux principes républicains, et qui donne des droits supérieurs aux derniers arrivés dans notre pauvre pays.

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  11. Strogof

    22/03/2010

    …et bravo JayJay et j’ajouterais que Sarko pourrait inviter de nouveau son copain Khadafi à planter sa tente, voir plus pour relever l’exotisme communautariste et imposer dans tous les foyers de l’hallal des le petit déjeuner et conspuer la croix sans que personne ne bronche.  Et aubry comme premier ministre tant que nous sommes, fonder l’union pour le sahara tant que nous y sommes avec Segolene comme présidente.

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  12. jayjay

    21/03/2010

     

    En fait le président avait en 2007 récupéré plus de la moitié des voix du Front national. Ces électeurs l’attendaient sur des sujets comme l’immigration et la lutte contre l’islamisation du pays. Or que constatons nous? Plus de 200.000 visas longue durée ont été accordés cette année, alors que la France souffre d’un manque cruel d’emplois, de logements et d’une sécu au bord du gouffre. Les français s’informent notamment par internet et connaissent maintenant le vrai coût de cette immigration, les vraies raisons aussi…. Ils assistent en outre chaque jour à une avancée communautariste inquiétante et à une progression d’un islam totalitaire qui envahit illégalement et triomphalement  nos rues sous les yeux résignés des représentants de l’ordre.

    Et, triomphe du ridicule, pendant ce temps le président veut instaurer un délit d’islamophobie – et pourquoi pas aussi un délit d’anticommunisme ou d’anticléricalisme?.

    Les français ne sont pas stupides, la plupart comprennent que les difficultés économiques sont dues à la crise et ne lui en font pas forcément grief . Par contre il ont conscience de la désintégration de notre société et ils savent que malgré toutes les promesses d’immigration choisie, le ministre de l’immigration a laissé cette année, rentrer deux fois plus d’étrangers qu’à l’époque de Mitterand.

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