Éloge du populisme

Posté le avril 26, 2016, 9:24
5 mins

Il n’est pas courant de trouver dans la presse des articles qui ne vouent pas aux gémonies le « populisme ».

Être populiste, ce serait être pessimiste, égoïste, protectionniste, opportuniste, raciste, extrémiste, xénophobe, mais aussi démagogue, anti-européen… Ce serait avoir une intelligence limitée incapable de percevoir les bienfaits du mondialisme, du multiculturalisme et de l’« immigrationnisme ».

J’ai donc été agréablement surprise en ouvrant « Valeurs Actuelles » du 7 avril, d’y découvrir l’article : « Le populisme, c’est l’instinct de conservation des peuples. » On pouvait lire les propos du philosophe Vincent Coussedière, recueillis par Olivier Maulin, dans lesquels il faisait l’éloge du populisme. « Éloge du populisme », c’est d’ailleurs le titre d’un de ses deux livres ; l’autre étant « Le retour du peuple, an I ».

Être populiste ne serait donc pas une tare ! On aurait donc le droit d’être fier de sa culture occidentale, de sa culture française.
Vincent Coussedière réhabilite dans ses propos « le nationalisme républicain, seul capable de relever les défis qui nous menacent ».

Il constate que ne pas avoir voulu « l’assimilation républicaine » a entraîné « l’assimilation communautariste ». Il souligne le « désastre de la repentance par rapport à notre histoire et à nos mœurs ». Il dit qu’il faut combattre l’islamisme dont « le but est de créer un empire à visée totalitaire ». Il garde l’espoir dans « les ressources de notre nation républicaine » qui se trouvent « dans la résistance et le conservatisme populistes ». Pour lui, il n’y a donc pas de honte à être nationaliste !

Pourtant, c’est loin d’être la vision de nos politiciens au pouvoir. Bien qu’ils ne puissent plus occulter les dangers de l’islamisme, le populisme est toujours dans leur viseur.

Début avril, on pouvait lire, dans des articles repris de l’AFP, que Manuel Valls « planchait » sur l’islamisme et le populisme !

Le blog de Pierre Moscovici publiait le 16 décembre 2015 un article intitulé : « Comment (com)battre le populisme ». La progression du FN aux élections régionales avec 358 conseillers élus avait dû lui donner des sueurs froides !

Alors, vite, les solutions. Pour lui, il faut :

  • agir sur le front du chômage en poursuivant les réformes progressistes ;
  • plus d’Europe que jamais, pour agir contre l’État islamique, sécuriser les frontières afin de maîtriser l’afflux de réfugiés ;
  • chercher des solutions aux inquiétudes et aux fragilités économiques que le vote pour les « extrêmes » révèle…

En résumé, des redites d’un même discours qui aboutira à un même constat d’échec, les actes ne suivant jamais les paroles !
Attribuer la montée des populistes à la crise économique (ne dit-on pas que les populistes « surfent » sur cette crise ?), c’est ne pas voir l’essentiel.

Cela évite de citer l’exemple de certains pays mieux gérés qui ne connaissent pas la crise, comme la Suisse et les pays scandinaves.

Pourtant, dans ces pays aussi, le populisme progresse, car le populisme, c’est la volonté des peuples de ne pas disparaître, écrasés par des modèles incompatibles avec notre identité européenne, chaque jour davantage menacée. Cela évite aussi de constater ses propres insuffisances et même ses fautes par rapport à l’immigration qu’on n’a pas su ou pas voulu réguler.

Le danger, ce n’est donc pas le populisme, qui a au moins le mérite de se battre pour notre survie, mais l’incapacité de nos gouvernants à nous protéger du péril islamique. Les récentes mesures, bien que coûteuses, n’en seront pas moins inutiles, puisqu’on ne se décide pas à expulser les clandestins. En plus, maintenant, il faut rémunérer des pays de passage qui demanderont toujours plus pour les retenir (ou pas) sur leur sol. Cela ne changera guère le problème, car les passeurs emprunteront de nouvelles voies. Et on paiera encore et toujours…

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7 réponses à l'article : Éloge du populisme

  1. quinctius cincinnatus

    28/04/2016

    le  » socialisme  » ( français ) n’ est pas un  » populisme  » stricto sensu et pour en être conscient …

    il vous suffit de colliger toutes les décisions prises lorsqu’ ils sont au pouvoir : uniquement des décisions ayant pour fondements : les dogmes actualisés et la clientèle

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    • Jaures

      28/04/2016

      Effectivement, Quinctius, la gauche tend à satisfaire son électorat: les 35h, la CMU, les emplois jeunes,…étaient des revendications des salariés.
      Au pouvoir, Sarkozy reporte l’âge de la retraite, diminue les frais de succession, allège les charges des restaurateurs, institue le bouclier fiscale,…
      Lui également satisfait son électorat.
      Après, les rapports de force sociaux influent également mais n’est-il pas logique que les politiques satisfassent plus volontiers ceux qui les ont élus ? D’ailleurs, quand ils ne le font pas, on parle de trahison.

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      • FLANDRE

        28/04/2016

        Vous êtes très gentil Jaurès, mais je vous engage à lire le programme du Front National avant que de le critiquer.
        Ce programme n’a strictement rien à voir avec le fameux : Moi Président … demain on rasera gratis ! Il s’adresse à tous les Français et n’a pour objet que de nous sortir de la panade où nous ont mis l’UMP et le PS.

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        • Jaures

          28/04/2016

          Mais justement, Flandre, je l’ai lu.
          Je peux vous citer chaque phrase qui définit les mesures que je décris ci-dessous et dont beaucoup auraient l’aval d’un Besancenot.

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        • quinctius cincinnatus

          30/04/2016

          @ Jo a beaucoup de temps libres dans l’ emploi qui est le sien … un emploi sans … travail ! perdre ainsi un temps qui serait beaucoup plus précieux si il était consacré à la réflexion , je ne dis pas même à la méditation, est un signe de professionnel de la politique … l’ imposteur qui ne s’ occupe que d’ échafauder de nouvelles de chimères, de nouvelles promesses, de nouveaux mensonges, pour les fourguer aux naïfs et aux esprits simplets

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  2. Jaures

    28/04/2016

    Evidemment, cette définition n’a rien à voir avec celle du populisme. Etre populiste c’est prétendre être entre tous points en phase avec le peuple. Cela voudrait dire qu’il existe un peuple homogène, sans intérêts contradictoires, partageant les mêmes valeurs, les mêmes idées, les mêmes projets.
    C’est là une conception irréaliste du peuple.
    De fait, les populistes, voulant plaire à tous, proposent des mesures souvent contradictoires afin de satisfaires toutes les catégories d’un peuple aux attentes aussi diverses qu’il existe de positions sociales, de niveaux d’éducation, de valeurs morales, de traditions locales,…
    Ainsi, le FN peut proposer la suppression de l’ISF et l’augmentation générale des salaires, l’augmentation des pensions et la baisse de l’âge de départ en retraite, l’augmentation des prestations sociales et la diminution de la dette, mesures contre les syndicats et taxation des revenus du capital,…
    La seule logique étant que chacun trouve dans ce patchwork la mesure qui lui convient.
    Gouverner c’est au contraire proposer un projet de société en sachant que tout le monde ne s’y retrouvera pas forcément mais que si la majorité du peuple le valide, ce projet doit voir le jour.

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