Esquisse d’un programme de droite pour 2012

Esquisse d’un programme de droite pour 2012

Et si nous quittions un instant l’affaire Strauss-Kahn pour constater que les maux dont souffre la société française n’ont pas disparu comme par en­chantement, à la faveur d’un fait divers sordide !

Tous les commentateurs partent au­jourd’hui de l’hypothèse que le vainqueur de 2012 sera un vainqueur par défaut. Que la gauche gagnera par rejet de Sarkozy ; que Sarkozy gagnera grâce à la nullité du candidat de gauche ; et que Marine Le Pen rend service à tout le monde puisqu’elle est un merveilleux « épouvantail » forçant les électeurs à voter pour le mieux placé de ses concurrents !

Tout cela, même si je le présente de manière caricaturale, n’est pas faux. Le vieux slogan électoral : « Au premier tour, on choisit ; au second, on élimine » n’est même plus vrai. Désormais, les électeurs, dans leur grande majorité, éliminent dès le premier tour. On n’adhère plus au PS ou à l’UMP ; on déteste la droite ou on craint les ravages du socialo-communisme… Mais ce n’est pas une fatalité.

Pour la droite, puisque c’est elle qui nous intéresse ici, on pourrait parfaitement envisager que le candidat gagne, non pas seulement parce qu’il nous préserverait de 5 ans de socialisme dont nous n’avons plus les moyens, mais aussi parce que son programme est bon ! Cela supposerait au moins trois choses :

1) Que le programme soit un vrai programme politique et non un catalogue de la Redoute, dans lequel on trouve 200 mesures plus ou moins contradictoires et clientélistes ;
2) Que le programme soit un programme de véritable rupture avec l’esprit délétère qui souffle sur la France depuis 68, et plus encore depuis 1981 ;
3) Que le programme soit un programme d’union des droites.

Sur ce dernier point, cela nécessite de tenir compte du fait qu’il existe au moins trois droites françaises, numériquement très différentes, mais toutes idéologiquement décisives pour emporter l’élection : la droite libérale, la droite morale et la droite nationale.

Pour répondre aux attentes de la droite libérale, il est impératif de prendre des mesures économiques fortes : diminuer les charges pesant sur les investissements ; diminuer le poids de la sphère publique ; diminuer les contraintes administratives pesant sur les entreprises.

Pour répondre aux attentes de la droite morale, il convient de prendre des engagements fermes et précis sur la famille. Ce qui n’implique pas nécessairement d’ouvrir les vannes financières. Mais ce qui implique de rappeler que, pour la survie de la société, et donc pour l’État, on ne peut pas mettre sur le même plan la famille « normale » (un père, une mère et des enfants) et toutes les autres formes de « familles ». En conséquence, il n’y a rien d’attentatoire aux droits de l’homme à réserver la politique familiale aux familles « normales »…

Enfin, pour répondre aux attentes de la droite nationale, il faut s’attaquer aux graves questions de l’immigration et de l’intégration. Cela implique d’en finir avec l’esprit de repentance. Cela implique aussi d’en finir avec les pompes aspirantes d’une immigration d’assistanat, en particulier les prestations sociales ouvertes sans distinction de citoyenneté.

Une dizaine ou une quinzaine de mesures concrètes et chiffrables, prises dans ces trois grands secteurs, suffiraient amplement.
Il faudrait ensuite qu’elles soient mises en application dans les 3 mois suivant l’arrivée au pouvoir de l’équipe gouvernementale.
Dans ces conditions, les Français pourraient retrouver confiance dans leur classe politique.

Je n’ignore évidemment pas que l’homme qui acceptera de porter un tel projet sera la cible des médias, très largement acquis aux idéaux soixante-huitards.

Mais je sais aussi qu’il est désormais possible de s’adresser aux citoyens directement, sans passer par le prisme déformant des médias et des oligarchies.

La vraie difficulté consiste à trouver le personnage capable de mener campagne, en relation directe avec les Français, sur ces thèmes. Nous connaissons en effet des hommes de conviction. Nous connaissons aussi des hommes politiques talentueux, capables de séduire les électeurs et de mobiliser la machine électorale qu’est un grand parti. Mais la réunion des deux critères est rarissime.

Et, faute de « l’homme providentiel », je ne vois guère qu’une solution : que les électeurs de droite exigent ce programme des candidats qui brigueront leurs suffrages… y compris en refusant de soutenir ceux qui ne prendront pas en compte leur point de vue.

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(11) Commentaires

  • françois Répondre

    Droite nationale, oui… à une condition forte cependant dont vous ne parlez pas : qu’elle dénonce la trahison des traités européens qui réduisent la France à n’être plus maîtresse de son destin.

    07/06/2011 à 11 h 30 min
  • Drakkar Répondre

    Ne pas faire un catalogue de promesses, d’accord mais, il ne faut quand même pas oublier de montrer clairement certains axes prioritaires d’action.

    Pour ma part, je ne saurais oublier :
    – l’arrêt et l’interdiction des subventions aux multiples organismes et associations anti françaises.
    – une réforme draconienne du code de la nationalité.
    – la fin définitive du droit du sol remplacé par le droit du sang (et qu’on ne vienne pas me sortir les délires prétendument pro-royalistes).
    – la fin définitive des aides d’état aux migrants en matière d’installation et de santé.

    Globalement, l’état qui vit au dessus de nos moyens doit maigrir, il faut mettre hors d’état de nuire les syndicats de fonctionnaires et les assos post-soixantes-huitardes et il faut montrer aux immigrés que la seule direction d’espoir est la porte !

    Les hurlements et dénégations des habituels gaucho-socialo-pro immigrationnistes seront le marqueur de la justesse des décisions prises.
    La mise à zéro des subventions aux organismes et journaux desdits hurleurs sera la réponse à leur adresser.

    30/05/2011 à 8 h 58 min
  • homere Répondre

    Je constate que la trilogie évoquée exclue le FN puisque celui ci,devenu FNPA,n’adhère en rien aux trois thèmes des droites…il est anti-libéral ! du moins il l’est devenu !

    Son programme opportuniste est en phase avec les thèses de la gauche extrême.Sa stratégie aussi puisqu’il ne revendique pas le pouvoir par nature.

    Tant qu’il refusera des alliances, il restera ad vitam aeternam,un pantin gesticulateur et inexistant SAUF QUE :

    Les voix de ses électeurs se reporteraient sur le candidat de gauche au 2eme tour tant leur haine de Sarko est viscérale…ils préfèrent les socialos comme d’habitude ce qui leur permet de poursuivre,sans aucun succès,leur chemin qui ne mène nulle part.

    Continuez vous êtes sur le mauvais chemin !

     

     

    29/05/2011 à 12 h 52 min
  • vozuti Répondre

    jaurès,       je crois au contraire que les 3 droites sont liées:          une société ne peut pas fonctionner sur des bases pourries.        c’est l’absence de morale qui amène la prolifération de la corruption (qui implique la montée des impots),la grande braderie de l’industrie et le transfert de populations du sud qui ne sont pas à leur place.          les français n’ont aucune envie de vivre dans un pays arabe ,sans industrie et avec un système mafieux ;       mais ils se sont révolté contre l’ordre et la morale chrétienne en 1968 et ont mis au pouvoir les franc-maçons qui sont les pires crapules qu’on puisse trouver.     le problème c’est que l’arabisation de la france amenera obligatoirement l’imposition de la loi musulmane:     les soixantehuitards resteront la génération qui aura effectuée la transition de la chrétienté vers l’islam.

    27/05/2011 à 4 h 45 min
  • Anonyme Répondre

    Pourquoi les Français, mes compatriotes, accordent-ils donc-t-on tant d’importance aux programmes et aux propositions des candidats ? Pourquoi les Français, toujours eux, mettent-ils tant de passion, vers la fin du mandat, à établir si les élus ont ou non tenu leurs promesses ? Alors que près de 80 % de ces mêmes Français ont dit oui par référendum (en 58) à une constitution où il est écrit noir sur blanc : « tout mandat impératif est nul ? (Titre IV , article 27 (à propos du Parlement)). Alors que la constitution établit par avance que l’élu n’est absolument pas lié à ses promesses de candidat. Voilà une bizarrerie nationale que je n’ai jamais comprise.

    26/05/2011 à 18 h 52 min
  • aaa Répondre

    Très bon programme, susceptible d’être expliqué car clair et net.

    26/05/2011 à 17 h 11 min
  • Jaures Répondre

    Le problème est que les différentes droites énoncées par Thieulloy s’excluent les une les autres.
    Ainsi, un jeune entrepreneur libéral sera certainement pour une baisse des charges sociales et des impôts, mais ne sera probablement pas favorable à un retour d’une morale contraignante.
    De même, le chrétien fervent verra d’un mauvais oeil l’arrogance des riches, les bonus et les stock options.
    Le nationaliste se heurtera aux deux précédents.

    Bref, si le programme de droite ne s’adresse qu’au chef d’entreprise chrétien marié en justes noces et réfractaire à la mobilité et à l’ouverture des marchés, le segment électoral risque d’être limité.
    En ce sens, le programme du FN, passé du libéral national au socio-nationalisme peine à trouver sa cohérence.
    Le succès actuel de Le Pen n’est dû qu’au discours contre l’immigration et à la convergence de rancoeurs contradictoires.Et rien ne dit que cet engouement relatif se retrouvera dans les urnes en 2012.

    26/05/2011 à 10 h 09 min
  • ozone Répondre

    "les promésses n’engagent que ceux a qui elles vont drigés"

    Telle que se presente le choix pas la peine de se salir les mains en allant voter pour l’un des deux camps,se seront les cinqs dernieres années de la France.

    D’autre part il semble que JMLP à décidé de torpiller le parcours de sa fille,il ne manquera pas de petites phrases,faites confiance aux médias pour leur donner du vent,il n’y à jamais eu autant de journalistes que maintenant dans toutes les reunions ou participe JMLP;

    Perdez tout espoir

    25/05/2011 à 22 h 44 min
  • MAGNE Répondre

     

    Monsieur , il s’agit du programme de la brillante avocate du F.N

     

    1) Que le programme soit un vrai programme politique et non un catalogue de la Redoute, dans lequel on trouve 200 mesures plus ou moins contradictoires et clientélistes ;
    2) Que le programme soit un programme de véritable rupture avec l’esprit délétère qui souffle sur la France depuis 68, et plus encore depuis 1981 ;
    3) Que le programme soit un programme d’union des droites.

    25/05/2011 à 20 h 47 min
  • vozuti Répondre

    la droite morale est morte en 1968 :      dans les derniers sondages on voit que l’affaire DSK renforce l’UMPS et en particulier le PS, comme si les français voulaient faire un bras d’honneur à la justice US.                   la droite libérale ne pouvait pas survivre non plus puisque la corruption se nourrit de l’impot.                par contre la droite nationale existe car les français n’ont aucune raison de vouloir devenir arabes.               mais elle aura beaucoup de mal à dépasser la barre des 35 pour cent tout simplement parcequ’elle est diabolisée par l’ensemble des gros médias.             les études scientifiques montrent que près des 2 tièrs d’une population obéie à l’autorité sans réfléchir.  c’est le coté influençable de l’etre humain ;       ce qui implique que lorsqu’un pouvoir tient les médias il est quasi indéboulonnable(sauf en cas de révolution qui se produit meme pas une fois par siècle).

    25/05/2011 à 18 h 37 min
  • François Répondre

      Moi, ce programme me va. Je vote de Thieulloy!

    25/05/2011 à 12 h 59 min

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