Et si l’explosion de l’UMP était une bonne nouvelle ?

Et si l’explosion de l’UMP était une bonne nouvelle ?

En écrivant mon éditorial de la semaine dernière, j’étais loin d’imaginer que nous n’en saurions pas plus sur le nouveau président de l’UMP une semaine plus tard.

Petit rappel du feuilleton. Dimanche 18, Jean-François Co­pé, puis François Fillon, annoncent leur victoire, alors que la commission des opérations électorales déclare le score trop serré pour pouvoir être présenté. Les deux camps s’envoient des noms d’oiseau et des accusations de fraudes.

Lundi soir, nous apprenons que Jean-François Copé a gagné de 98 voix (moins de 0,06 % des votes exprimés !).

Coup de théâtre, mercredi après-midi, on apprend que trois fédérations d’outre-mer n’ont pas été comptabilisées. La rumeur affirme que, si elles avaient été comptabilisées, François Fillon aurait gagné… de 26 voix.

Moyennant quoi, Fillon renonce à la présidence et demande un intérim assuré par Alain Juppé, tout en menaçant d’aller en justice. Copé propose que Juppé contrôle les travaux de la commission des recours qu’il saisit lui-même, non seulement pour intégrer les 3 fédérations manquantes, mais aussi pour dénoncer les fraudes de Fillon.

Et dimanche 25 au soir, nous apprenions que cette solution ne satisfaisait plus Fillon.

Cette affaire va laisser des traces. Les militants sont écœurés et cela va profiter à l’UDI de Borloo et au FN.

François Fillon, qui avait une réputation d’homme d’État, est sans conteste celui qui a le plus perdu dans l’aventure.

En toute hypothèse, avec un score aussi serré et de forts soupçons de fraude, le vainqueur sera toujours suspect.

Mais le vainqueur, suspect ou non, aura la main sur le financement public. Et il bénéficiera d’un avantage de calendrier : les parlementaires viennent juste de remplir leur déclaration d’appartenance partisane (pour le moment, l’UMP). Ce qu’on lit dans les médias sur l’éventuelle constitution d’un autre groupe parlementaire ne pourra pas porter ses fruits avant l’année prochaine – trop tard pour le vaincu.

Ce score serré manifeste aussi à quel point les deux hommes ont le même programme. Et donc à quel point l’UMP est une machine à uniformiser. Tous les acteurs affirment que le pire serait le retour à l’époque de l’UDF et du RPR. Ce n’est pas sûr. Une explosion de l’UMP pourrait relancer le débat d’idées. Elle rappellerait aussi que l’important, c’est l’alliance électorale ; on pourrait enfin parler d’entente à droite ! En attendant, c’est surtout le PS qui se pourlèche les babines devant ce spectacle navrant…

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(2) Commentaires

  • ZISSU Sorel Répondre

    Oui, une alliance à droite devenait une necessité depuis le moment de la prise de pouvoir du courant mariniste. Et plus encore maintenant, que nous assistons au triste spectacle d’où aucun leader de l’UMP ne peut plus aspirer à un destin national.

    http://zissus.blogspot.fr/2012/06/2012-choix-crucial-pour-la-droite.html

    30/11/2012 à 9 h 08 min
  • quinctius cincinnatus Répondre

    bonne peut être pas , mais pas  » mauvaise  » non plus , certainement !
    une réponse de… Normand comme les aime François Hollande

    28/11/2012 à 14 h 24 min

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