Étrange débat sur l’avortement

Étrange débat sur l’avortement

Jeudi 24 novembre, à une écrasante majorité, l’Assemblée nationale a adopté en première lecture la proposition de loi de Mathilde Panot (LFI) sur l’inscription du « droit à l’avortement » dans la constitution.

Seuls 32 courageux députés ont choisi de voter contre, malgré l’incroyable pression médiatique et politique (l’Assemblée donne assez souvent le spectacle d’une ménagerie, mais, ce jour-là, elle s’est surpassée et ceux qui pourraient conserver un soupçon de respect de la « représentation nationale », si peu représentative et si peu nationale, devraient le perdre en regardant les débats qui donnent une pénible impression de chaos).

Sur un sujet aussi délicat, on aurait aimé un peu de dignité, mais ne rêvons pas !

Je suis aussi sidéré que les parlementaires n’aient rien de plus pressé. Nous subissons une crise géopolitique, économique et énergétique gravissime. Mais tout ce qui intéresse les députés, c’est cette étrange opération.

Étrange car on voit mal en quoi la décision de la Cour suprême américaine (qui, d’ailleurs, n’est pas une décision d’interdiction, ni même de limitation de l’avortement, mais le choix de redonner cette responsabilité, sans rapport avec les missions de l’État fédéral, aux États) pourrait avoir la moindre conséquence pour la France.

Étrange aussi car, la constitution étant devenue un chiffon de papier (24 révisions depuis 1958), on ne voit pas bien comment cette constitutionnalisation pourrait garantir quoi que ce soit.

Étrange encore car le droit français ne connaît pas le droit à l’avortement (la loi Veil que tout le monde cite à tort et à travers ne crée nullement un tel droit, mais dépénalise ce qu’elle persiste à qualifier de meurtre).

Plus étrange encore, un débat sur l’abolition de la corrida devait suivre celui sur l’avortement – comme si les taureaux étaient plus importants que les humains.

La constitution devrait désormais comporter deux articles contradictoires : l’un affirmant un droit constitutionnel pour les assassins de ne pas subir la peine de mort, l’autre un droit constitutionnel de tuer un innocent.

Le droit français est certes déjà un joyeux fourre-tout que tout le monde piétine et méprise allègrement, mais était-il vraiment nécessaire d’en rajouter ?

Mais, ce qui m’étonne le plus est l’attitude des différentes droites, des LR au RN, dans ce débat.

Que la gauche pratique la préférence étrangère, qu’elle veuille éliminer le peuple français pour le remplacer par un peuple de substitution (il sera intéressant de voir ce que deviendront alors l’ultra-individualisme et l’ultra-égalitarisme au nom desquels on a déjà pratiquement détruit notre pauvre France), c’est normal. Elle est là pour détruire, pas pour construire, ni même pour préserver.

Mais la droite ! Comment les dirigeants LR et RN ne comprennent-ils pas le rapport entre l’avortement de masse et l’effondrement de la France ? Quel pays peut prospérer en éliminant un de ses enfants sur 4 ? Et, sur le plan économique comme sur le plan démographique, qui ne voit les conséquences de ces millions de morts ? L’État-providence crève du vieillissement de la population que l’on a délibérément aggravé. Et l’immigration de masse est supposée une réponse adéquate à l’avortement de masse empirant ainsi le génocide franco-français. Peut-on mener pire politique de Gribouille ?

Je ne parle pas ici de morale, mais bien de politique.

Il me semble en effet suicidaire pour ces partis de droite de montrer qu’ils sont incapables de penser à long terme, qu’ils sont incapables de préférer la France à leur image médiatique.

C’est suicidaire pour eux – mais ils sont bien libres de ne pas se distinguer de LREM ou LFI –, mais ça l’est surtout pour le pays et c’est bien plus grave !

Partager cette publication

(2) Commentaires

  • iincongru Répondre

    merci de préciser que tout est parti des usa, où le droit n’a pas été supprimé mais reporté aux états ! Les partis de gôche ont enfourché un cheval de vent, et ont réussi à entrainer les autres partis, qui, au lieu de reposer clairement et calmement la question, se sont montrés eux aussi passionnés ; pauvre « représentation nationale »

    29 novembre 2022 à 20 h 45 min
  • Dominique de Lafforest Répondre

    c’est ahurissant ! heureusement que vous pouvez vous exprimer !

    29 novembre 2022 à 17 h 30 min

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *