Fillon ridiculise le projet du PS sur les retraites

Posté le mai 19, 2010, 12:00
4 mins

La riposte ne s’est pas fait attendre. Alors que Martine Aubry a dévoilé mardi soir les propositions du Parti
socialiste sur les
retraites, le gouvernement et l’UMP se sont empressés dès
mercredi matin de mitrailler ce plan. Principal argument de la majorité : ce contre-projet de réforme ne prend pas en compte les causes démographiques du déséquilibre actuel du
régime
. Au premier rang des détracteurs de la gauche, le premier ministre François Fillon, qui a accusé mercredi le PS de se contenter de proposer «une série
d’expédients».

 

«Comme vous continuez de refuser d’accepter le principe de l’allongement de la durée de travail proportionnel à
l’allongement de la vie (…), vous êtes réduits à proposer toute une série d’expédients», a affirmé François Fillon lors de la séance des questions au gouvernement à l’Assemblée nationale.
«Vous proposez d’abord une avalanche d’impôts nouveaux et notamment, une avalanche d’impôts nouveaux sur les classes moyennes», a-t-il poursuivi, visant notamment la proposition
PS de prélever trois milliards d’euros sur l’intéressement et la participation. Et de préciser que l’intéressement concerne «un tiers des salariés français» et la
participation «44%» d’entre eux.

 

 

«Vous proposez une augmentation de la CSG (contribution sociale généralisée, ndlr) sur les
produits du capital : c’est un nouvel impôt sur les classes moyennes et les 20 millions de contrats d’assurance vie dans notre pays Mais comme cela ne suffit pas il vous faut
aussi inventer aussi des recettes virtuelles», a ensuite déclaré le chef du gouvernement. Avant de prendre «quelques exemples» : «Deux milliards d’euros prélevés sur les stock options et
sur les bonus. Deux milliards d’euros sur une assiette de 2,7 milliards d’euros, c’est un taux de 70%. Autant dire que cette assiette vous l’aurez une fois, une année, et pas deux

 

 

Un contre-projet de
réforme
qui a suscité une levée de bouclier dans la majorité. Peu
avant François Fillon, le patron de l’UMP, Xavier Bertrand, et son porte-parole, Frédéric Lefebvre, ont attaqué frontalement mercredi le
contre-projet du PS sur les retraites, fustigeant une «avalanche de taxes, d’impôts et de cotisations». Ils ont également dénoncé un projet «anti-social» et
«anti-économique» destructeur d’emplois et de pouvoir d’achat.

Le ministre du Travail, Eric Woerth a quant à lui qualifié les propositions socialistes de
«choc fiscal sans précédent». «C’est 20, 30, 40 milliards d’euros de fiscalité et de cotisation en plus», a déclaré le ministre sur France-Info. «Il n’y a pas de
réponse démographique alors qu’il y a une réponse par l’impôt et par les cotisations. La dame des 35 heures se transforme en dame des impôts».

Le secrétaire d’Etat à l’Emploi, Laurent Wauquiez, a pour sa part évoqué «une sacrée potion amère en trois
portions»: «un matraquage fiscal sur les classes moyennes», «la destruction d’emplois» et «le virtuel avec des chiffrages fantaisistes».

La première secrétaire du PS, Martine Aubry, n’a pas tardé à répondre à ses détracteurs. «On
n’a pas de leçons à recevoir de la droite», a-t-elle assuré mercredi, qualifiant par la même occasion les membres du gouvernement de «très bons artificiers». Le Figaro