Financement des syndi­cats et droite piégée

Posté le décembre 29, 2014, 11:05
3 mins

Sandrine Pico-De Prez a récemment analysé pour le site « Le cercle des libéraux » l’effet de cliquet utilisé par la gauche au pouvoir, commentant ainsi le livre d’Yves Marie Adeline intitulé « La droite piégée ».

Chacun sait que l’on ne revient pas sur des réformes déjà mises en place, qu’elles sont des acquis sociaux définitifs.

Ainsi, « la stratégie révolutionnaire, pétrie de dialectique, alterne successivement entre l’avancée sociale, l’attaque sociétale et le faux repli “conservateur” afin de consolider ses conquêtes » et l’alternance droite-gauche n’est que l’équivalent du « reset » de nos appareils pour leur « remise en ordre ».

Bien que d’autres exemples soient plus pertinents, il en est ainsi du financement des syndicats, rendu obligatoire à partir du 1er janvier 2015. Une cotisation de 0,014 % sera retenue sur la fiche de paie. Ce pourcentage paraît infime, mais il représentera au total 100 millions d’euros par an.

Pour mémoire : les syndicats sont financés à 81 % par les contribuables. Admettons que les syndicats concourent à l’expression de la démocratie ; il reste que la droite est bonne fille quand elle refuse de contrôler l’utilisation de ces sommes.

Ainsi a-t-elle mis au pilon le rapport d’une commission d’enquête sur ce sujet, et notre association de contribuables d’Auba­gne n’avait pas manqué, à l’époque, de s’en émouvoir.

La droite au pouvoir, c’est une parenthèse qui permet à la gauche de « reprendre son souffle ». Au plan des réformes sociétales, elle emboîte le pas de ses prédécesseurs : aménagements de l’immigration avec son cortège d’avantages so­ciaux, projet heureusement inabouti d’un nouveau préambule de la constitution pour y inscrire le respect de la diversité, l’égalité des chances (discrimination positive)… Sans oublier le Grenelle de l’environnement et l’impossible taxe carbone, les réformes « libérales » de l’Éducation nationale, l’angélisme en matière de sécurité des personnes et des biens, les 100 taxes nouvelles et le maintien de l’ISF…

De même, existe-t-il une politique étrangère de droite différente de celle de gauche ? Évidemment non, quand il s’agit de l’amitié du Qatar, de celle d’Arafat, des dictateurs africains (sauf quand on a une vengeance personnelle à assouvir, comme avec Kadhafi), des repentances partiales à l’égard de nos anciennes colonies, de la condamnation quasi systématique des États-Unis et d’Israël…

La conclusion de Mme Pico-De Prez est lucide, car il en est ainsi depuis la fin de la guerre : « La droite (piégée) ne peut que valider, sauf à sortir du système républicain. Impossible d’échapper au sortilège du cliquet. »

Gabriel Lévy

5 réponses à l'article : Financement des syndi­cats et droite piégée

  1. Rouletabille

    30/12/2014

    La « droite » n’est revenu sur l’ISF qu’une seule fois et pendant deux ans, alors qu’il a été établi en 1981.C’est à dire 2 ans sur 23 ans. Jaurès, quand vous êtes précis dans vos commentaires vous vous foutez le doigt dans l’œil. Pour un haut fonctionnaire vous la foutez mal!

    Vous avez raison en ce qui concerne les retraites, mais en partie seulement. Quid des régimes spéciaux et de la retraite de vos confrères fonctionnaires? Même MLP se tait à ce sujet (courage, fuyons!). Car c’est la protection de cette retraite pour le parti des fonctionnaires, des élus de tout poil, pardon le PS, qui compte. Les autres, on s’en fout, n’est-ce pas?

    Le cas de l’Espagne est particulier. Il y a eu négociation entre Rajoy et les instances internationales. En contrepartie du maintien de la loi telle quelle, rajoy a obtenu pour l’espagne une place au Conseil de Sécurité de l’ONU et les subventions qui vont avec. Plus un soutien financier alors que l’Espagne était dans l’impossibilité d’emprunter à moins de mesures de restructuration encore plus drastiques.

    Quant au mariage pour les homosexuels, nous verrons bien ce qui se passe après votre défaite annoncée. Sauf si c’est Juppé qui gagne, je vous l’accorde. Mais Juppé ou le PS, ce sera toujours la gauche au pouvoir. Donc 5 ans de plus la même chose.

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    • Jaures

      30/12/2014

      La droite n’a supprimé l’ISF que 2 ans car elle a ensuite perdu la majorité. Elle a retenu la leçon.
      Les régimes spéciaux ne concernent pas que les fonctionnaires et leur suppression est bien plus complexe que vous ne voulez le penser.
      Si le peuple espagnol souhaitait la fin de l’IVG, Rajoy l’aurait fait passé sans problème.
      Légalement, rien n’empêche que le mariage homo soit supprimé. Demandez-vous pourquoi aucun pays, même parmi les plus conservateurs, n’est revenu dessus.

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  2. Jaures

    29/12/2014

    N’importe quoi !
    Cet « effet de cliquet » est un fantasme démenti par les faits.
    L’ISF a été supprimé en 1986 puis rétabli en 1988.
    La retraite à 60 ans est passée à 62. Mme Le Pen promet de la remettre à 60 ans. Juppé de la porter à 65 ans.

    C’est le peuple qui décide de « l’effet de cliquet ». On l’a vu en Espagne quand le gouvernement a voulu revenir sur l’IVG. Devant la révolte qui montait il a préféré renoncer.

    Une partie de la droite veut revenir sur le mariage pour tous mais s’engager dans une réaction à contre courant de ce qui est désormais majoritaire dans les démocraties occidentales parait aussi peu vraisemblable que revenir sur l’émancipation des femmes ou la fin de l’ORTF.

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  3. JEAN SANS PEUR

    29/12/2014

    C’est FAUX! Quand ces socialistes malaimés sont arrivés au pouvoir ils n’ont eu qu’une seule activité urgente: détricoter ce que la droite avait fait (et un an après reprendre certaines de ces idées à leur compte!!!)… donc certaines lois des terroristes de gauche, comme celles sur les pédés, seront aussi révisées!!!

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  4. DESOYER

    29/12/2014

    D’où le terme d’UMPS!

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