François Hollande victime de sa dialectique

Posté le novembre 02, 2009, 12:00
3 mins

L’ancien premier secrétaire du PS se
répand dans la presse dans la perspective de la publication de son livre « droit d’inventaire », qui doit sortir le 5 novembre. Au lieu de s’attacher à apporter des réponses aux
problèmes que connaît la France, François Hollande effectue un exercice de nombrilisme très fréquent au PS.

 

Toute réunion du PS commence en effet
par de grandes discussions sur l’état du parti, sur les stratégies des uns ou des autres, sur les courants. A ce propos, ce qui compte n’est pas tant ce que propose un courant, mais bien qui
l’anime et quelles sont ses troupes ! la caricature est parfois poussée au point que la réunion arrive quasiment à son terme sans que n’aient été évoqués les problèmes des français, ni même
l’adversaire politique !

C’est
que depuis longtemps, le PS ne parle qu’à lui-même. François Hollande en est un exemple flagrant. Non seulement il ne parle que du PS, mais en plus, les critiques qu’il émet dans son droit
d’inventaire
sont sans portée. A force de vivre dans les illusions des discussions internes, François Hollande semble avoir perdu tout contact avec la
réalité. On finirait presque par se demander si François Hollande ne se pose pas en présidentiable juste pour remettre la main sur son cher PS, sans vraiment avoir envie d’un destin
national. Il fait partie de cette génération
intermédiaire de leaders socialistes qui n’ont jamais été ministres et dont le goût du pouvoir n’a été assouvi
que dans les maigres horizons de Solférino.


Traçant le portrait idéal du candidat de la gauche pour
2012 :  «avoir
confiance en soi, en ses valeurs», «porter un projet simple, cohérent, crédible, ce qui interdit l’esprit de catalogue », «affirmer une stratégie d’alliances lisible», «être incarné par une
personnalité à la légitimité incontestable
», on devine bien que François
Hollande
lui-même, le matin dans son miroir ne se reconnaît pas dans ce portrait.