Général de Villiers: le recours?

Posté le décembre 01, 2020, 9:47
3 mins

J’ai pris connaissance du contenu de l’interview du général de Villiers parue dans le journal «Valeurs Actuelles» n°4382.

La page de garde titre: «La peur doit changer de camp», puis «les remèdes chocs du général Pierre de Villiers pour stopper le déclin français».

Après une ouverture aussi tonitruante et martiale, on s’attend donc, après les considérations générales et l’état des lieux expliquant, justifiant ce qui suit, au minimum à une ébauche de programme défini dans ses grandes lignes – presque à un ordre d’opération.

Or, après une description assez générale de la situation et des malheurs vers lesquels glisse notre pauvre pays – description à laquelle on ne peut que souscrire pour l’essentiel –, pas de «mesures choc
».

Aucune chance donc que la peur change de camp.

Je retiens surtout l’expression d’une ambition intellectuelle à l’objectif très distant («Apprendre aux petits Français à aimer la France», ce qui est l’affaire d’une génération au moins), ou assez angélique («Je cherche à réconcilier les Françaises et les Français»).

Mais quels sont les Français qui posent problème?

Il veut paraître modéré, équilibré, homme de consensus dans une situation clivante, déséquilibrée, où il faut prendre parti parce que l’urgence est là.

Certaines phrases sont ambiguës: il souhaite un retour à la souveraineté nationale mais aussi plus d’Europe (?). D’autres ne sont pas très claires.

À son crédit je mettrai qu’il admet que l’«état de droit» n’est pas intouchable et que les ingérences des multiples cours de justice, nationales et européennes, plombent au départ toute action.

À son débit, les allusions à l’islam et au problème majeur de l’immigration sont rares et à peine évoquées.

Je sais que les conditions d’une interview ne permettent pas une organisation satisfaisante du discours qu’on veut tenir, mais l’impression générale est une grande mollesse et on ne voit pas clairement l’ossature de sa pensée.

Cela manque de vigueur.

Aucune esquisse de mesures concrètes. Cela viendra-t-il plus tard? Pas sûr, s’il confirme son inappétence pour la vie politique.

Le général de Villiers m’avait impressionné en 2017 par sa réaction à l’humiliation publique que lui avait infligée (et donc à toute l’armée française) le président Macron. Depuis il me déçoit.

Son discours conciliant conviendrait bien à un prêtre prêchant devant un auditoire de fidèles acquis – pas à un futur chef d’un pays divisé, agressé et en pleine crise.

Article suivant

Restauration

12 réponses à l'article : Général de Villiers: le recours?

  1. quinctius cincinnatus

    02/12/2020

    à propos des managers

    parmi les qualités  » naturelles  » que doit nécessairement posséder un bon manager citons en quelques unes :

    être responsable, savoir hiérarchiser, savoir organiser, savoir décider, s’ avoir s’ adapter, avoir la culture du métier et être empathique et positif

    toutes qualités qu’ avait par exemple … Donald Trump

    Répondre
  2. Gérard Pierre

    02/12/2020

    Pour avoir écouté un jour une interview du général de Villiers par André Bercoff sur Sud Radio, je dois admettre que je partage le sentiment , … général, … de monsieur Roland Dubois sur les capacités  »politiques » de l’ex chef d’État major de nos armées.

    Ce général, … (admis à l’E.S.M. de Saint-Cyr en 1975, à 19 ans), … est à mes yeux, comme de nombreux autres chefs militaires d’ailleurs, le pur produit d’un virage idéologique dans la formation militaire, … virage qui remonte précisément à la fin des années soixante dix !

    Je me souviens avoir lu, à cette époque, plusieurs articles dans l’excellent journal L’Usine Nouvelle, parlant de formation managériale dispensée dorénavant aux officiers et futurs officiers de nos armées, … comportant même stages divers en entreprises. En bref, nos futurs chefs militaires de l’époque n’étaient dès lors plus appelés à commander des hommes, mais à les manager et à manager d’une façon systématique toute la chose militaire.

    Étant alors à la fois réserviste de nos armées et en responsabilité dans un grand groupe industriel, je ressentais chaque fois un malaise en constatant l’insistance des rédacteurs de ce type d’article pour « réorienter » en quelque sorte l’esprit d’un opuscule rédigé en son temps par le maréchal Lyautey, titré « Du rôle social de l’officier » et enseigné jusque là à nos futurs chefs de guerre !

    Commander et manager ne relèvent pas de la même finalité ! … À vouloir mélanger les deux, on finit par s’y perdre et, en temps de paix (apparente) le management, plus confortable à pratiquer, finit par prendre le pas sur la notion de commandement. In fine, dès que les  »forts potentiels », … (après leurs temps minimum dans chaque grade), … grimpent rapidement dans l’échelle hiérarchique tant qu’ils restent dans le « sans faute », ils accèdent aux plus hautes responsabilités après avoir bien assimilé l’art de préférer le claquement sec d’un dossier qu’on referme au bruit sourd d’une carrière qui s’effondre !

    À ce stade, la différence entre un haut fonctionnaire et un militaire de haut rang n’est, sur le plan sémantique, plus très perceptible ! … et le reste suit !

    J’ai l’occasion de lire régulièrement le produit des hautes réflexions de certains généraux de l’armée de terre ou de l’armée de l’air, admis en deuxième section. Ils maîtrisent bien la syntaxe, mais pour le reste je me demande toujours, après les avoir lus, pourquoi s’ils pensaient ce qu’ils écrivent aujourd’hui sont-ils restés dans l’Institution ?

    Il est vrai que, pour avoir souvent pris mes repas dans divers mess, je dois l’admettre, … la soupe n’y est pas mauvaise !

    Par conséquent, ce n’est pas de l’univers des étoiles que j’attends la venue de  »l’homme providentiel », si toutefois les fermes modèles du formatage républicain sont encore en capacité de nous en vêler un !

    Répondre
    • quinctius cincinnatus

      03/12/2020

      avec Bercoff les entretiens politiques, sociétaux etc … sont toujours d’ un haut niveau professionnel

      on entend les mêmes lorsqu’ on est attablé au Café du Commerce

      Répondre
      • Gérard Pierre

        03/12/2020

        Le café du commerce vous est manifestement plus familier qu’à moi ! … N’y mettant jamais les pieds, je serais incapable d’établir cette différence !

        Répondre
        • quinctius cincinnatus

          08/12/2020

          vous devriez fréquenter le peuple *** ! vous y apprendriez beaucoup sur l’ être humain et sa société !

          *** comme mon métier m’ en a donné l’ occasion

          Répondre
  3. Yann

    01/12/2020

    Un article lunaire.
    Autant demander une justification intellectuelle à un homme qui t’offre son mouchoir

    Répondre
  4. ELEVENTH

    01/12/2020

    La photo qui illustre l’article sur le site, n’est vraiment pas à l’avantage du « général » : il fait une bille de clown !
    Espérons pour lui qu’il est plus consistant que ses propos à l’au tiède.
    Je crains que son seul « grand moment » ait été sa mini rébellion envers Jupiter qui l’a largué comme une vieille chaussette et s’en est battu les joyeuses.

    Répondre
  5. quinctius cincinnatus

    01/12/2020

    Bonaparte, Mac Mahon , … Boulanger , Pétain, de Gaulle et maintenant De Villiers !

    les Français n’ ont apparemment pas marre de bouffer du képi à chaque siècle

    se demandent ils seulement si De Villiers possède toutes les compétences ( en particulier économiques ) d’ un chef d’ Etat, surtout pour un pays comme la France ?

    Répondre
    • ELEVENTH

      05/12/2020

      Faire une comparaison entre Boulanger qui s’est dégonflé et est allé se suicider sur la tombe de sa maitresse et ne serait ce que de Gaulle est plutot aventureux, non ?
      Vous en avez d’autres comme celle là dans votre djellaba ? Allez y, c’est a prix réduit, c’est blackfriday!

      Répondre
      • Gérard Pierre

        05/12/2020

        « Il est mort comme il a vécu : en sous-lieutenant ! » … a dit de lui Clemenceau, … (dont je cherche vainement une trace de passage sous les drapeaux dans ses biographies).

        Est-ce pour s’exonérer de ce « vide » que le « Perd-la-Victoire » prétendit un jour que … « La guerre est une affaire trop sérieuse pour qu’on la confie à des militaires. » ?

        On a vu ce qu’il fit de la Victoire de 1918 : … un armistice prématuré, au lieu de poursuivre les Germains en déroute jusqu’au cœur de l’Allemagne, (comme le préconisait Foch), … et des conditions de capitulation contenant en germe les ferments de la rancune allemande qui s’exprima, comme on le sait, vingt ans plus tard, avec les conséquences que tout le monde connaît !

        S’il est vrai, (comme certains le prétendent), que l’expérience résulte de la sommes de toutes les inepties que l’on a pu commettre durant sa vie, le sieur Clemenceau fut, … de ce point de vue, … un homme de grande expérience !

        Répondre
        • ELEVENTH

          07/12/2020

          Je ne suis pas certain que nos alliés de l’époque – Anglais et Américains, surtout Américains – auraient été d’accord pour la poursuite de la guerre et l’invasion de l’Allemagne pour bien mettre les choses au point.
          Je crois même le contraire. Et à supposer que nous en ayons eu les moyens.
          De sorte que la victoire française a ressemblé à une victoire à la Pyrrhus, laissant à un ennemi foncièrement irréductible (tant qu’il n’en n’a pas pris plein la gueule comme en 1945) la volonté de revanche, appuyée par une démographie sans comparaison avec la notre.
          Peu après notre victoire, un politique anglais aurait dit :  » la France est morte au champ d’honneur en 14/18″. Il y avait du vrai là dedans, sauf à remplacer les défunts et estropiés par une production massive de bébés autochtone, quitte à les faire avec plusieurs femmes par survivant en bon état et à financer fortement le système en priorité. Une sorte de « lebens born » à la française, que les teutons ne se sont pas gênés d’appliquer.
          Mais je ne me hazarderais pas à trop m’avancer sur un tel sujet.

          Répondre
          • Gérard Pierre

            07/12/2020

            Bonjour ELEVENTH.

            Je suis, en partie d’accord avec vous : les Britanniques n’y tenaient pas !

            Pourquoi ? … Toute l’Histoire de la politique étrangère de la Grande Bretagne le confirme : elle consiste à favoriser l’Allemagne lorsque la France les menace d’être trop forte en Europe et, inversement, à s’allier avec la France lorsque l’Allemagne devient trop puissante en Europe !

            David Lloyd George, en partie aligné sur les positions de Clemenceau au début des discussions sur le contenu du traité d’armistice, a changé d’avis en cours de route. Lorsque, devant son embarras, le « Tigre » lui fit remarquer qu’il ne semblait pas en bonne forme, ce dernier lui répliqua : « Que voulez-vous, depuis hier j’ai découvert que nous n’étions plus des alliés ! »

            En effet, la « victoire » de la France conférait à notre pays une certaine image de puissance (notamment militaire) à travers le monde, image que n’entendait pas entretenir la Perfide Albion ! … Elle eut risqué d’amoindrir sa propre image de grande puissance maritime, et son influence en Europe !

            En revanche, pour ce qui est des États-Unis, je ne suis pas aussi affirmatif que vous. Souvenons-nous qu’ils avaient constitué Outre Atlantique, une force complémentaire de deux millions de combattants prête à renforcer les boys du général Pershing. À mon humble avis, ce n’était pas pour participer au défilé de la victoire prématurée sur les Champs Élysées.

            Ce qui est sûr, c’est que cet armistice trop tôt signé, … en France, … n’a pas permis au général Franchet d’Esperay d’exploiter militairement sa victoire à la tête de l’Armée d’Orient, … victoire sans laquelle l’État major allemand, (par ailleurs tenaillé par un grave conflit social interne), … n’aurait pas été conduit à préférer un armistice à n’importe quelles conditions plutôt qu’une bolchevisation du Reich !

            En novembre 1918, la France était en position de prendre l’Allemagne en tenaille, … avec Foch d’un côté qui souhaitait en découdre définitivement en portant les coups sur le sol de l’ennemi, … et Franchet d’Esperey de l’autre qui enrageait de ne pouvoir exploiter une victoire qui lui revenait en personne et d’aller jusqu’à Berlin !

            Il est vrai que le rancunier Clemenceau en aurait bouffé sa moustache, lui qui traitait les soldats de l’Armée d’Orient de « jardiniers de Salonique », … oubliant pourquoi, accessoirement, ils étaient dans la nécessité de devoir jardiner !

Laisser un commentaire

  • (ne sera pas visible)