Haine mémorielle

Haine mémorielle

On sait qu’Emmanuel Macron a quelques difficultés avec l’histoire, la géographie et la culture françaises – ce qui est un tantinet problématique quand on occupe le poste qu’il occupe!

Le rapport qu’il a commandé à l’historien de gauche Benjamin Stora sur «Les questions mémorielles sur la colonisation et la guerre d’Algérie » était donc attendu avec anxiété par ceux qui ont gardé la mémoire de la tragédie algérienne.
De ce point de vue, au moins, le lecteur n’est pas déçu.

Le rapport est d’abord sidérant de relativisme. V

oulant écouter « toutes les mémoires», Stora place sur le même plan les assassins et les victimes.

Les terroristes du FLN deviennent ainsi sous sa plume des «nationalistes algériens», sans plus de précision.

Or, écouter la mémoire desdits «nationalistes» n’exige pas, me semble-t-il, de la placer sur le même plan que celle des pieds-noirs spoliés après avoir tant fait pour leur terre natale, ni – peut-être moins encore – sur le même plan que les harkis, abandonnés par l’État français et torturé abominablement par l’État algérien.

Ce relativisme conduit l’historien à parfois présenter des contre-vérités manifestes. (Et je ne parle pas ici des propositions ahurissantes du rapport sur lesquelles il faudra revenir.)

Le lecteur découvre ainsi que l’une des principales motivations de De Gaulle était d’«éviter les affrontements entre Français, alors que la France avait connu une quasi-guerre civile entre 1960 et 1962, avec les attentats de l’OAS, et le putsch des généraux en avril 1961» (p.36).

À croire que la guerre civile a été déclenchée par des officiers français! «Oublier» le rôle du FLN est un peu fort. Et ne pas voir la responsabilité du gouvernement l’est à peine moins.

On peut bien juger que la raison d’État exigeait l’abandon de l’Algérie. Même s’il faut désormais beaucoup d’imagination pour continuer à voir en De Gaulle le grand visionnaire qui aurait lâché l’Algérie pour éviter l’islamisation de la France.

En tout cas, cela ne peut pas empêcher de constater que ce fut une atroce tragédie – et une profonde injustice car il existait, en dehors de la volonté de l’État français, une nation française en Algérie, réduite à néant par ces pseudo-accords d’Évian que le FLN ne jugea même pas opportun de ratifier!

Bref, ce rapport supposé apaiser la mémoire douloureuse de l’Algérie française remet de l’huile sur le feu.

Et il y a tout lieu de craindre qu’Emmanuel Macron en ait, en réalité, besoin précisément pour cela, à la veille de 2022 (et de l’anniversaire de l’indépendance): «draguer» l’électorat algérien et s’opposer à la droite anti-gaulliste, supposée perdurer au sein du RN.

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Comments (3)

  • HansImSchnoggeLoch Répondre

    Quand on parcourt d’une manière forensique les différents aticles de cette semaine, on se rend compte qu’un fil invisible les relie et que ce fil aboutit à un seul endroit, le bureau du chérubin qui a été voté président par défaut.

    Les articles traitent surtout des conséquences des choix de cet individu.
    Je m’explique.
    On a l’impression que les seconds couteaux sélectionnés pour exécuter les basses oeuvres l’ont étés dans une cour de récréation. On est constamment en présence des plus nuls et des plus braillards.
    On passe du Castaner à du Darmanin, du Philippe à du Castex, du Buczyn à du Véran, du Belloubet à du Dupond-Moretti, du De Rugy à du Pompii, etc…
    Un vrai jeu de chaises musicales qui est sensé distraire les badauds.
    S’attaquer à cette bande de marionettes ne résoud pas le problème, l’instigateur du spectacle ou le titeur de ficelles profite du tumulte pour continuer à placer ses pions ignorant superbement l’indignation d’une majorité de ses administré(e)s.

    Pour que cela change vraiment il faut virer ce bonhomme, 2022 le permettrait si on n’éparpille pas les voix.
    Votez donc MLP, ce n’est certes pas le ciel sur terre mais toujours mieux que l’enfer dans lequel nous sommes plongés actuellement.

    Sinon continuez à endurer…et à regretter que la “drouate” ne se soit toujours pas unie!

    17/02/2021 à 13 h 43 min
  • Gérard Pierre Répondre

    Il faudra qu’un jour quelqu’un explique à monsieur Benjamin Stora qu’on ne devient pas historien pour soigner une névrose !

    Il y a, pour cela, d’autres départements dans l’Université qui s’en occupent !

    Je rappelle par ailleurs à cet artefact d’historien que :

    « En 1961, 250.000 Algériens servaient dans l’armée française, alors qu’à la même date, environ 60.000 avaient rejoint les rangs des indépendantistes. » …… et encore, faut-il bien le préciser, ils ont rejoint les rangs des indépendantistes, … derrière la frontière tunisienne, comme un certain « colonel » (*) Houari Boumédiène, qui attendit patiemment la proclamation de l’indépendance pour passer ladite frontière et venir faire à Alger son « défilé de la victoire » en treillis bien propre.

    Car n’oublions pas qu’en 1961, les maquis étaient quasiment dépeuplés ! … L’Armée Française avait … MILITAIREMENT … GAGNÉ LA GUERRE sur la terre d’Algérie !

    Rappelons également à ce trotskiste la célèbre phrase de Ferhat Abbas, président du Gouvernement Provisoire de la République Algérienne : …

    « La France n’a pas colonisé l’Algérie. Elle l’a fondée. »

    Mais monsieur Benjamin Stora était sans doute bien trop jeune pour l’avoir entendu le dire !

    Si l’Université considère monsieur Benjamin Stora comme un historien, alors le Sénat doit sans doute tenir monsieur Gérard Larcher pour un chippendale.

    *******************************************************************

    (*) Certificat de colonel délivré par les cours par correspondance du type Pigier ! 

    16/02/2021 à 18 h 50 min
    • ELEVENTH Répondre

      Lorsque que l’on connait le parcours de Stora, on n’est pas étonné que Macron l’ ait choisit. Il voulait un récit qui colle a ses idées et l’autre ne demandait que cela. Quand on bave sur la France depuis l’étranger à chaque voyage, il n’y a rien a espérer .
      Demain nous verrons un thuriféraire de Goebbels se voir confier une mission « d’ éclairage impartial » sur l’ Holocauste, en vue d’obtenir un avis équilibré. pourquoi pas ?
      Autant demander à un « JOJO » un minimum d’objectivité ou à un renard de venir défendre un poulailler.

      17/02/2021 à 0 h 04 min

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