Impossible course au centre

Posté le janvier 31, 2017, 3:55
3 mins

Comme il était probable dès le soir du premier tour, Benoît Hamon a donc emporté largement la primaire du PS, par 59 % des voix contre 41 % à Manuel Valls.

Selon toute vraisemblance, les princes qui nous gouvernent vont désormais y réfléchir à deux fois avant de nous chanter les louanges de ce système merveilleusement démocratique des primaires.

Car, en deux mois, nous avons donc assisté à l’élimination de 4 poids lourds de la vie politique : Nicolas Sarkozy, Alain Juppé, Manuel Valls, sans oublier François Hollande qui a dû renoncer à se présenter devant ses chers « camarades » socialistes.

Le choix de Benoît Hamon, comme celui de François Fillon, est révélateur d’un profond désir de « sortir les sortants », selon le percutant slogan poujadiste des années 1950.

En même temps, ces choix sont révélateurs d’un désir de clarté. Nous avons donc, désormais, en présence, un candidat perçu comme « vraiment » de droite et un autre perçu comme étant « vraiment » de gauche.

Il faut cependant remarquer plusieurs points.

Le premier, c’est que ce désir de sortir les sortants a, pour le moment, porté des personnes qui ne sont pas exactement des « perdreaux de l’année ». MM. Hamon et Fillon sont des politiciens professionnels depuis plus de 30 ans.

Les électeurs vont donc avoir le choix entre un clivage droite-gauche net, favorisant un affrontement Hamon-Fillon, et un désir de renouveau, favorisant un affrontement Macron-Marine Le Pen.

Il faut aussi remarquer qu’avec l’hégémonie culturelle de la gau­che, malgré le rejet profond du socialisme et le bilan catastrophique du quinquennat actuel, les deux candidats Hamon et Fillon ne jouent pas à armes égales : la gauche est supposée être le camp du bien et du progrès – quand bien même Benoît Hamon serait l’héritier de la gauche la plus archaïque, dans le sillage de Martine Aubry.

En tout cas, le « ni droite, ni gauche », promu à la fois, bien que très différemment, par Marine Le Pen et Emmanuel Macron, a du plomb dans l’aile.

Dans ce contexte, la seule chance de victoire pour François Fillon consiste à assumer un vrai programme de droite, sans chercher à faire la course au centre – où il serait nécessairement battu par Emmanuel Macron. Il aurait tout intérêt aussi à mener une campagne « populiste » – je veux dire anti-oligarchique. D’autant que l’oligarchie a clairement choisi Macron.

Le problème, c’est qu’un politicien professionnel n’est certainement pas le mieux armé pour mener cette campagne anti-oligarchique…
Toujours est-il que cette campagne promet d’être animée !

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