Impossible monnaie unique : la Grèce au bord de la rupture

Posté le mai 25, 2011, 4:01
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Ceux qui prédisaient l’échec de la monnaie unique voient leurs prévisions se confirmer : un premier pays européen se trouve aujourd’hui face au choix de sauver ce qui peut encore l’être de son économie et de son système social ou de rester dans l’Euro.

« La Grèce doit prendre d’importantes mesures pour faire face à sa crise budgétaire sous peine de devoir sortir de l’euro et de revenir à la drachme », a déclaré mercredi le Commissaire européen aux affaires maritimes et à la Pêche Maria Damanaki.

« Je suis contrainte de parler franchement », a-t-elle dit, citée par l’agence de presse Athens News Agency, proche du gouvernement. « Soit nous nous entendons avec nos créanciers sur un plan exigeant de durs sacrifices (…) soit nous revenons à la drachme », a-t-elle prévenu.

Bien sûr, les défenseurs de l’Euro pourront dire que la Grèce est un pays dont le monde politique est corrompu, dont les citoyens, notamment les plus aisés, évitent de payer l’impôt et dont le modèle économique, basé sur la consommation, n’est pas durable.

Ce n’est pas faux. Mais si le modèle économique s’est tourné de plus en plus  vers la consommation et la spéculation immobilière au fil des ans, c’est bien parce que l’Euro et surtout le niveau de l’Euro l’empêchait d’être concurrentiel face à ses concurrents naturels, les pays du bassin méditerranéen.

Une monnaie commune n’est possible que dans un ensemble économique relativement homogène et accompagné non seulement d’une politique économique unique, mais aussi d’un Etat qui assure la redistribution nécessaire entre des territoires aux potentiels économiques différents sinon divergents.

Il aura suffi de la première grande crise économique depuis la mise en place de l’Euro pour faire voler en éclat sa crédibilité comme monnaie unique. De deux choses l’une : soit on crée un Etat européen dans la précipitation pour mener une politique économique unique et assumer les chocs ressentis par les différents territoires, soit, à chaque nouvelle crise, les pays les plus faibles ou les plus éloignés du modèle allemand seront poussés dehors…