Inégibilité pour les politiciens condamnés !

Posté le septembre 04, 2014, 9:42
3 mins

Sondages, réactions en ligne, chroniqueurs sont unanimes : le monde politique n’a plus la confiance totale des citoyens – bel euphémisme qui se traduit souvent et crûment au coin du bar par des « Tous pourris ! » peu nuancés…

Il est vrai que, sans citer de noms (il serait présomptueux de publier une liste exhaustive des intéressés), chacun a en mémoire, ou en rouge dans son petit « Carnet du citoyen désenchanté », quelques grandes figures ou petits tâcherons qui ont su faire fructifier leur business électoral sans être nécessairement passés sur les bancs d’une grande école de commerce.

Parfois, l’ENA suffit, mais certains grands bricoleurs ajoutent des diplômes ou un long ap­prentissage sous la férule d’un parrain expérimenté.

L’électeur en profite souvent sans pudeur, avec ce retour sur investissement prosaïquement nommé « clientélisme ».

Des acteurs bien connus, œuvrant parfois en couple ou en bande, ont ainsi assuré leur pérennité électorale grâce à des administrés reconnaissants. Souvent vilipendés de l’extérieur du terrain, ils continuent d’être portés par les urnes, malgré des procès intentés par des jaloux ou fomentés par des justiciers médiatiques.

Certains, pourtant, n’échappent pas au fléau de la justice et, pris la main dans le sac, écopent d’un juste châtiment, souvent réduit en appel grâce à cette profession d’avocat de plus en plus sollicitée dont les ténors bousculent les décisions de prétoires.

Les agitations et dynamiques de campagnes, si fréquentes chez nous avec les 620 000 mandats à reconduire périodiquement, dissolvent les stigmates infamants des candidats renaissants.

Si de mauvais plaisants ou de vieilles rancunes pointent du doigt un casier judiciaire qui ne fut pas toujours vierge, alors vient l’argument opposable de la réhabilitation légale. Elle s’exprime dans le langage ordinaire par « Il a payé pour sa faute », ou encore « il a payé son dû à la société », manière d’accorder un blanc-seing à une nouvelle aventure.

Si l’on veut enfin et définitivement laver vraiment blanc le monde politique, tout en renouvelant le linge, pourquoi ne pas rendre irrémédiablement inéligible tout contrevenant condamné dans l’exercice de son mandat ?

À l’évidence, ce n’est pas une disposition à attendre d’une initiative parlementaire, par des élus peu disposés à secouer la branche sur laquelle est posé leur siège.

Le référendum d’initiative partagée étant, en réalité, entre leurs mains, seule une consultation nationale décidée par un véritable homme d’État, entendrait la raison populaire.

Deux ans pour poser clairement et fermement la question aux nombreux et prochains postulants de 2017 !

Avec réponse aussi claire attendue…

Henri Gizardin

5 réponses à l'article : Inégibilité pour les politiciens condamnés !

  1. Magne

    06/09/2014

    Il n’y en a peu qui sont condamnés , car le système se tient et personne n’ose condamner personne .
    Un Ministre omet de déclarer pendant trois ans ses revenus au fisc , et un autre Ministre déclare :  » il aurait dû rester député , et ne pas accepter cette place de Ministre  » .Faut -il entendre qu’un député peut frauder le fisc ?
    La déclaration des Droits de l’homme et du citoyen est claire dans son article 13 . Tout le monde est redevable au fisc , selon ses moyens . Si une personne échappe , pendant trois ans au fisc , il ne doit pas être le seul .
    Je suis abasourdi .
    Un ami me disait que nous étions gouvernés par des escrocs , et je ne voulais pas le croire .
    Je pense que je vais réviser mon jugement .

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    • 0094917

      10/09/2014

      Comment quelqu’un qui est payé mensuellement pas la Trésorerie Générale qui doit déclaré au Centre des Impôts dont relève le salarié le montant des revenus fiscaux à déclarer peut-il échapper aux contrôles et redressements. Aurait-il des complicités au sein même de la Trésorerie principale ou de l’Administration fiscale? Il en va pour tout salarié. Pour espérer ne pas être imposable il ne faut jamais avoir déclaré un seul revenu salarié

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  2. goufio

    06/09/2014

    Thomas Thévenoud député, Vice-président de la mission d’information sur la fraude fiscale et Vice-président de la commission d’enquête sur l’affaire Cahuzac. La sanction attendue pour un spécialiste de l’imposition est la nullité immédiate de son mandat de député, ensuite une enquête diligentée par des personnes hors de tout soupçon (de la société civile par exemple) rendue publique pour que le peuple sache depuis combien de temps il a oublié de faire ses déclarations de revenus et qu’ensuite soit prononcée une inéligibilité à vie s’il a fraudé, ainsi que la restitution des indemnités parlementaires perçues dans le cadre de tous ses mandats électifs, puisqu’il a trahi la République.

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  3. DA85

    05/09/2014

    On pourrait déjà appliquer les statuts de la Légion d’honneur.
    Lorsque JUPE parade avec ses insignes de Grand Officier de la LH c’est inadmissible . Cet individu a été condamné a un an de prison avec sursis pour des fait de détournement de fond. Il doit être radié de l’ordre. Que fait le grand chancelier il roupille ?

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