La contre-attaque d’Eric Woerth dans l’affaire Bettencourt

Posté le juillet 13, 2010, 12:00
8 mins

La semaine dernière a été riche en rebondissements dans « l’affaire Woerth ». La contre-attaque, en particulier, a été d’une vigueur à laquelle j’avoue que je ne m’attendais pas.

L’essentiel de cette riposte a résidé dans le traitement des déclarations de l’ex-comptable de Mme Betten­court. Le jour même des révélations de Médiapart (du trotskiste Edwy Plenel), beaucoup d’observateurs avaient noté que les déclarations médiatiques différaient des déclarations à la justice. Mais Nicolas Sarkozy et Éric Woerth ont marqué un incontestable point en obtenant que la comptable déclare que le journaliste avait mal retranscrit ses déclarations. Un rebondissement (par exemple, la production de l’enregistrement de la conversation) est toujours possible, mais, en attendant, la situation a changé du tout au tout : de présumés concussionnaires, Nicolas Sar­kozy et Éric Woerth sont devenus des victimes de l’acharnement médiatique et politique…

De façon presque simultanée, l’Ins­pection générale des finances a ren­du son rapport. Résultat : Éric Woerth n’est pas intervenu dans le dossier de Liliane Bettencourt. Voilà qui écarte la piste d’un « renvoi d’ascenseur » où le ministre du Budget aurait couvert une opération d’évasion fiscale pour remercier une grande donatrice de la campagne présidentielle.

Cependant, les médias sont ici bien complaisants. Ce qui aurait été surprenant aurait été de retrouver une trace écrite d’intervention d’Éric Woerth dans le dossier Bettencourt. Des directives données en contravention avec la loi ont peu de chances d’être transmises par écrit et suivant la voie hiérarchique. De façon générale, je vois mal comment on pourrait clore ce dossier qui empoisonne la vie politique depuis des semaines. Je ne vois pas comment on pourrait trouver des preuves probantes d’opérations par définition occultes. Sauf à supposer que les gestionnaires de la fortune de Mme Bet­tencourt et ceux de la campagne de M. Sarkozy soient des incompétents notoires qui auraient laissé traîner des traces de leurs activités frauduleuses !

Troisième moment (toujours à peu près simultané) de la contre-attaque : la réaction de François Baroin, nouveau ministre du Budget aux questions du groupe PS. Il a nettement accusé les socialistes de mettre en péril la démocratie et de « faire le jeu du FN ». Manifestement, l’accusation a porté. D’ailleurs, le ton des attaques socialistes est devenu moins virulent en fin de semaine. Mais il faut dire que cette contre-attaque est extrêmement périlleuse pour un ministre de droite.
Ne serait-ce que parce que cela éloigne d’autant la pourtant souhaitable entente à droite. Mais aussi parce qu’il serait temps d’arrêter « d’argumenter » en permanence en référence à ces années 30, supposées être la quintessence de l’horreur. Il faut tout de même beaucoup d’ignorance – ou de zèle pour la propagande – pour faire de Médiapart le successeur de « Je suis partout » ou du FN celui du PPF ! Et, d’ailleurs, quand cela serait, cela ne suffirait pas à disqualifier leur parole. À moins, bien sûr, que le « dogme démocratique » n’impose de croire que rien de vrai ne peut sortir des supposés « anti-démocrates » !

À vrai dire, il me semble que la véritable raison de la mise en veilleuse des accusations socialistes tient aux récentes enquêtes d’opinion – qui ne sont pas une contre-attaque de l’exécutif, mais qui participent à l’enterrement de l’affaire Woerth.

Début juillet, en effet, 64 % des Français estimaient que leur classe politique était corrompue (29 % seulement l’estimaient « plutôt honnête »). Toutes tendances confondues. Par conséquent, le PS a fort peu à gagner à l’entretien de ce climat de « révélations » en cascades.
La véritable question est de savoir si ce climat laissera une place à une entente à droite pour 2012. Je vois mal en effet comment les électeurs du FN, déjà largement déçus de l’inaction sarkozyste, pourraient voter à nouveau pour une majorité sortante, dont la presse et l’opposition auront repeint la silhouette en parangon de corruption…

Pourtant, jamais cette entente à droite n’a été plus nécessaire. Un autre sondage vient d’être rendu public : 71 % des Français jugent leur pays en déclin, même si 79 % d’entre eux estiment que notre pays dispose de nombreux atouts.

Ce déclin me semble bien réel. Il me semble cependant assez facile d’en sortir : il suffit d’en avoir la volonté politique et de ne pas craindre d’annoncer « du sang, de la sueur et des larmes », au lieu du lénifiant discours démagogique que nous subissons depuis des années ! Mais cela suppose un gouvernement de combat et nous en sommes loin… n

2 réponses à l'article : La contre-attaque d’Eric Woerth dans l’affaire Bettencourt

  1. IOSA

    18/07/2010

    Soit cet article est censuré ou alors tout s’en branle du devenir de Woerth ?

    Je penche pour la seconde solution.

    IOSA

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  2. ozone

    15/07/2010

    "Du sang et le reste"
    Dans une guerre c’est facile a faire.
    Dans la situation actuelle ou la "super élite"financiere a décidé de raffler tout le pognon a n’importe quel prix c’est une autre paire de manches,le sang et les larmes,en n’oublient surtout pas la sueur est reservé aux mémes de toujours pendant qu’au chateau l’orgie bat son plein

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