La machine à perdre a été remise en route

La machine à perdre a été remise en route

Nous assistons à la fin de la Ve République. Le Parlement en est réduit à débattre, le plus sérieusement du monde, du taux de la TVA applicable aux barres de chocolat !… Ce qui est d’ailleurs du strict domaine de compétence de l’exécutif, tandis qu’il se laisse chaque année déposséder un peu plus de ses prérogatives fondamentales qui sont – faut-il le rappeler ? – de vérifier, au nom des citoyens, la nécessité de la contribution publique, d’en suivre l’emploi, et d’en déterminer la quotité… (art 14 de la Déclaration des droits de l’homme de 1789). Les serviteurs de l’État ont pris tous les pouvoirs. Ils ont tous les culots : comme par exemple dire sans vergogne qu’ils ne tiendront aucun compte aussi bien de leurs propres engagements (exemple de la baisse des impôts promise par Chirac) que des votes populaires (exemples de l’adhésion de la Turquie à l’Union européenne et de la Constitution de celle-ci)… Comme ils ont bloqué les procédures naturelles de renouvellement, ils se succèdent à eux-mêmes. C’est le bal des revenants, avec Jospin et Juppé qui annoncent leur retour en 2007, Chirac qui n’a pas dit son dernier mot, Tapie et Carignon qui entendent eux aussi faire valoir leurs casiers judiciaires bien propres… C’est l’ensemble de la vie politique, droite et gauche réunies, qui souvent donne envie de vomir. Avec Fabius et 95 % des socialistes (à la seule exception de Jean-Marie Bockel, le libéral Sénateur-Maire de Mulhouse et de ses amis de la « motion 4 »), nous voilà repartis vers la démagogie à outrance, comme il y a trente ans, au temps du programme commun de la gauche. Et avec Chirac-Villepin nous sommes toujours au temps de la défense du modèle social français, pour ne pas inquiéter nos chers syndicalistes, ces forces si vives…
Dans ce contexte désespérant il est néanmoins naturel de s’interroger sur les chances respectives des uns et des autres aux prochaines élections présidentielles. D’abord, dans 18 mois, tout ou presque est possible ! les choses ont si peu évolué depuis le 21 avril 2002… Jean-Marie Le Pen, en quasi tandem avec sa fille Marine, peut arriver en tête du scrutin, tout simplement parce que le parti des écœurés gonfle tous les jours. Mais encore doit-il préalablement franchir l’obstacle très anti-démocratique de la recherche de 500 signatures de patronage. Admettons néanmoins que le débat, au deuxième tour, cette fois-ci, mette aux prises un représentant de la gauche et un autre de la droite. Qui a le plus de chances de l’emporter ? Je sais bien que plusieurs études d’opinion ont indiqué que Nicolas Sarkozy l’emporterait contre un adversaire de droite ou un adversaire de gauche dans tous les cas de figure. Mais ces indications, pour précieuses qu’elles soient, doivent être relativisées pour tenir compte du fait que la campagne est loin d’être vraiment engagée. Les précédentes consultations nous enseignent que c’est seulement six mois avant la date fatidique que les forces se mettent en place. Néanmoins des signaux forts et significatifs sont d’ores et déjà envoyés aux électeurs des deux camps. À gauche, le débat est intense. Il est tendu. Mais il est aussi public et transparent. On a pu voir, presqu’en direct, à la télévision, sur la chaîne publique « Public Sénat », les responsables des cinq motions qui vont être présentées au congrès PS du Mans, s’expliquer devant 1 600 militants, à la fois passionnés et quand même disciplinés. Pour l’opinion, le PS donne tout simplement l’image d’un grand parti démocratique où le débat est vrai. Comme, en plus, les principaux leaders de ce parti – Hollande et Fabius en particulier – s’engagent à faire gagner leur camp, le moment venu, je crois que la machine à gagner, de ce coté-là est bel et bien en marche. De l’autre coté, ce serait plutôt la machine à perdre ! On sait, d’expérience, jusqu’où Chirac est prêt à mener la guerre des chefs (jusqu’au bout !). Si un chiraquien est au 2e tour, il ne pourra pas compter sur les voix des électeurs du Front National, dont le candidat résiduel de la droite aura besoin très probablement cette fois-ci. Si c’est Sarkozy, on peut compter sur Chirac, d’une façon ou d’une autre, pour torpiller le report des voix UMP. Quant au bilan du quinquennat, on se demande qui aurait l’audace de le défendre…

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(5) Commentaires

  • ALBORG Répondre

    Je vais décidément répéter ici ce que j’ai écrit aujourd’hui sur un autre site, à savoir : Etant données les circonstances d’UNE EXTREME GRAVITE(j’insiste) que connait la France aujourd’hui, eh bien OUI, si j’étais Français(je ne suis que Belge), je voterais JMLP aujourd’hui – non seulement au premier tour, MAIS EGALEMENT AU DEUXIEME. Je nous souhaite à tous, Français,Belges,Allemands ou autres bon courage face à la racaille montante ! ! ! Je persiste et signe.

    06/11/2005 à 0 h 02 min
  • Christophe Duyt Répondre

    Votre article est très juste,Monsieur Dumait.Je crois illusoire de miser sur sarkozy comme sur de Villepin,à les voir ils se positionnent sur le deuxième tour des elections prédidentielles.Ne risquent-ils pas de s’épuiser? D’ailleurs,souvenez-vous:hiver2001,tous les instituts de sondages voyaient monsieur J PChevénement président de la Ré publique et puis fin mars 2002,patatras plus de chevénement! Que vis-t’on?le phénomène Le Pen en pleine ascension.Conclusion rien n’est joué.

    02/11/2005 à 14 h 28 min
  • Solit23 Répondre

    Ah que ces vérités sont si joliment dites ! Peut-être devrait-on aussi se rappeler du dicton qui veut que « les peuples ont les gouvernements qu’ils méritent ». Et je suis spûr que ce diction sera brillamment illustré aux éledctions présidentielles de 2007.

    02/11/2005 à 11 h 07 min
  • florent Répondre

    Analyse pertinente , certes les choses ont peu bougés depuis 2002 , le pen encore une fois est une machine de guerre importante lors du premier tour, depuis 1995 il n’est pas descendu en dessous de 15 % , la bataille sera dure pour l’homme ou la femme de droite républicaine qui voudra passer le premier tour , rien n’est joué , mais déjà des lignes se creusent : à droite un quasi monopole de monsieur le » ministre de tout »avec une popularitée assez elevé ( à relativisé , les enquêtes d’opinions ne disent pas pareil) , sa force : entre 10 et 15 % voir + qui sont pret à voter pour lui , il y a une forte mobilisation , il a réussit bien avant le scrutin prochain a cristaliser bon nombre d’élécteurs autour de sa futur candidature . Il peut compter sur une machine de guerre électorale : l’ump dont les rangs s’élagissent ( il est potentiellement possible qu’elle puisse compter environ 250000 membres à jour de cotisation si la barre des 200000 est franchit en décembre, c’est non négligeable ) Plus généralement , il ne faut certes pas s’attendre à un coup de main de chirac à l’intention de mr sarkozy et alors sa c’est toujours fait (mitterrand et jospin : soutient du bout des levres, ce qui pourtant lui a parmis d’arriver en tête avec un score inespérer pour un premier tour ) « Jean-Marie Bockel, le libéral Sénateur-Maire de Mulhouse et de ses amis de la « motion 4 » » oui et d’ailleurs beaucoup de propositions vont dans le sens de l’ump ( c’est un comble ^^) : contrat de travail unique par exemple. Bref , en tout ce jouera dans les 5 derniers mois même si les tendances lourdes depuis 2002 à droite surtout ne feront pas réellemenent bougés les grandes lignes.

    31/10/2005 à 22 h 37 min
  • jr de aro Répondre

    il n y a pas de bon partis…. tant que les politiciens continurons a nous mentir sur la realité de la santé économique française , nous ne pouvons faire confiance a personne. la droite ( si on peut appelé ça 1 droite ) se divisera, la guerre des chefs… la gauche deviendra encore plus gauche avec l associationdes extremes gauches, et là , c est tout a fait normal au point de vue politique et social, soutenir la cgt ou autre a couler le navire etat est trés gratifiant… quand au espoir que je mettais au F N me deçoive aussi, lepen est trop vieux , il divise son parti en renvoyant des representant qui on amené beaucoup , a une bonne image de son parti …. c est aussi une guerre des chefs ou plutot du chef. quand a devilliers , il nous dit comme sarko, ce qu on a envie d entendre mais n agirons jamais. quelle solutions???? on est pauvre et on a un pays ou les habitants sont aveugles et sans mémoires. ceux qui est sur c est que nous tiendrons pas encore 5 ans ( 1 nouveau cycle) dans la même gestion car moi qui suis 1 petit artisan j aurai arreté mon entreprise , j en ai mare de payer pour les feignants , et bien sur, payer de + en + ,et dans le pire des cas ,je m expatrie si on veut bien de moi ailleurs( encore 1 soucis) mais pas en europe qui suis le chemin de la faillite française. solutions??? peut être les independants dans la rue ? arreter de payer ses impots et taxes pour accelerer la chutte et remettre tout a plat. le MIRACLE , mais la , il faut le demander au bon dieu.

    30/10/2005 à 8 h 14 min

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