La nomenklatura en marche vers l’hégémonie

Posté le 23 mai , 2017, 5:19
6 mins

Si, comme je l’écrivais la semaine dernière, la droite française est en ruines après l’élection d’Emmanuel Macron, la ruine s’est, depuis, accentuée.

Comme c’était prévisible, les Républicains, qui n’ont jamais été un parti cohérent, doté de l’armature intellectuelle libérale conservatrice requise pour qu’existe un parti de droite moderne, sont en train de se déliter.

Trois membres de ce parti, pour le moment, sont partis rejoindre le nouveau Président de la République au gouvernement : Édouard Philippe, Pre­mier ministre, Bruno Le Maire, ministre de l’Économie, et Gérald Darmanin, ministre de l’Action et des Comptes publics.

D’autres suivront peut-être après les élections législatives.

Christian Estrosi et Nathalie Kosciusko-Morizet semblent frémir d’impatience à l’idée d’aller rejoindre la nouvelle équipe.

Les autres ne sont pas regroupés derrière un programme digne de ce nom et semblent espérer, au mieux une cohabitation souvent évoquée, s’ils parviennent à éviter le désastre électoral.

Les dirigeants LR ne paraissent ne pas voir que le désastre a déjà eu lieu, avant même les élections législatives.

Comme c’était prévisible aussi, le Front National, parce qu’il est lui-même porteur d’orientations contradictoires, où se mêlent étatisme économique et conservatisme culturel, se décompose et tombe en morceaux : la ligne chevénementiste de Florian Philippot est contestée ; Marine Le Pen semble hors jeu ; une autre ligne se dessine, sans chef de file, dès lors que Marion Maréchal met sa carrière politique entre parenthèses.

La ruine de la droite était anticipée par les gens de l’entourage de Macron, qui la voulaient, entendaient exacerber les fissures qu’ils percevaient, et projetaient d’avancer dans un champ de ruines.

Les gens de l’entourage de Macron œuvraient aussi en parallèle à faire exploser le vieux Parti socialiste.

Ils semblent, pour l’heure, parvenir à leurs fins.

Leur objectif politique est clair depuis le départ.

Ils cherchent à constituer un mouvement hégémonique sur les décombres des autres partis politiques, à installer ce mouvement comme une sorte de parti unique qui ne dirait pas son nom.

Ce parti unique serait une sorte de nouveau parti socialiste, sans les dogmes socialistes les plus explicites, mais avec toutes les lubies politiquement correctes : écologiques, sociétales, multiculturalistes, ou encore islamophiles.

Ils ont pour but de regrouper dans ce mouvement les socialistes peu attachés au dogme, les gens qui se disent de droite mais sont de gauche sans le savoir, les opportunistes qui prennent leurs décisions en suivant le sens du vent, les carriéristes prêts à goûter aux joies du port d’une veste réversible, et quelques idiots utiles.

Ils ont pour but ultérieur de confier toujours davantage de pouvoir aux instances technocratiques de l’Union européenne, de façon à éviter les interférences du suffrage universel dans les processus de décision.

Ils ont l’appui d’un ensemble de financiers pour qui les êtres humains sont interchangeables, à utiliser et à jeter après usage, et pour qui les repères qui font une identité culturelle sont sans importance.

Ils sont prêts à changer de peuple et l’immigration est pour eux un moyen d’aller dans cette direction.

Ils pensent que les esprits sont infiniment malléables, et les résultats qu’ils viennent d’obtenir en portant Emmanuel Macron à la présidence ne peuvent en aucune façon leur montrer qu’ils ont tort.

Ils contrôlent l’essentiel des médias du pays et en ont fait des outils performants de propagande et de désinformation subtile.

Ils constituent ce que d’autres avant moi ont décrit comme une nomenklatura, et j’ai repris ce mot récemment à mon compte.

La nomenklatura française avait déjà le pouvoir. Elle est en train de renforcer son emprise. Elle entend créer une situation irréversible.

J’aimerais voir venir un sursaut. Si ce sursaut ne vient pas très vite, il sera trop tard.

Je pense que la nomenklatura a tout prévu, même les émeutes et les grèves qui viendront, les attentats qui se produiront, la pauvreté et le chômage qui continueront à monter.

Ces événements seront pour cette nomenklatura des détails et des épiphénomènes. Une nomenklatura ne se préoccupe que ses propres intérêts.

 

11 Commentaires sur : La nomenklatura en marche vers l’hégémonie

  1. quinctius cincinnatus

    11 juin 2017

    ne pas confondre ” nomenklatura ” ( marxiste ) avec ” oligarchie ” ( capitaliste )

    à @ Mme ou Mr Brost-Minard : vraiment pas une seule petite remarque, un soupçon de doute, une ébauche de critique ? alors vous êtes assurément mûr(e) pour … la pensée unique … la plus frustre

    Répondre
  2. BRENUS

    27 mai 2017

    Not’président se prétend “jupitérien”. Rien que ça, mon brave. Il y en a qui ne mouchent pas du pied, décidément. Peut être notre ami QC, toubib à ce que j’ai compris, pourrait il lui chanter un de ces célèbres chants de garde : “le plaisir des dieux” : arrivé a jupiter, ça se corse, d’autant que de “façon vraiment divine…… il préfère le goudron, etc….”

    Répondre
  3. BRENUS

    27 mai 2017

    Sous quelques temps (très peu), nous allons voir si “l’hégémonie” va pouvoir s’installer aussi facilement que certains le croient. Dès qu’il va falloir rentrer dans le “dur”, cela va commencer à bouger. Et ce ne seront pas les “marcheurs” un tantinet prout-prout qui pourront s’opposer aux réactions diverses que, je le pense, nous devrons encourager, même celles d’origine méluchiennes; Les hypnotiseurs ont usé et continuent d’user de tout, il n’y a donc pas à se gratter pour utiliser leurs méthodes pour les combattre. Eux et leurs putes des merdias ( BM;WC en tête) Après les costards de Fillon, les fringues de couturier de mémère, allons y.

    Répondre
  4. quinctius cincinnatus

    27 mai 2017

    lire aussi :

    ” l’oligarchie des incapables ”

    de :

    Sophie Coignard et Romain Guber

    cela avait fâché quelque peu ” Le Monde “

    Répondre
  5. HOMERE

    26 mai 2017

    A l’évidence nous allons assister à la mise en place d’une hégémonie Macronienne quasiment jamais vue suite aux coups portés à la droite et à la gauche…la majorité absolue au Parlement constituée de bénis oui oui aux ordres achèvera la mise en place du système.
    L’être suprême pilotant le dispositif,les groupes d’opposition n’auront que des miettes….il restera la rue et le retour des violences qui resteront le dernier recours à s’opposer aux diktats élyséen .
    Ne soyons pas trop pessimistes cependant…
    La gauche se regroupera et la droite,après la nécessaire clarification (cad… le dégagisme des Jupéistes et du micro parti UDI )se reconstituera autour d’un pôle conservateur,libéral,patriotique et identitaire.Le FN aussi va se réformer en dégageant Philippot et ses positions socialos,et mettant enfin en ordre de marche ce parti autour des positions de Bay, Ménard,Marion Maréchal,Rachline…avec un leader autre que Marine,incapable d’assurer un leadership, pour afficher nettement un rapprochement avec la droite débarrassée de ses vieux.
    Laissons le temps au temps et nous constaterons au fil des jours,la cote de popularité de Macron et sa clique “En Panne” devant les difficultés rudes qui nous attendent et l’inconsistance des français qui jetterons aux orties ce qu’ils adorent aujourd’hui.
    Oui les esprits sont malléables…jusqu’au moment où ils ne le sont plus….tout ceci est une question de temps…rien que du temps

    Répondre
    • quinctius cincinnatus

      26 mai 2017

      on peut, dès à présent, passer une petite annonce dans ” Le bon coin ” : ” opposition(s) cherche(nt) jeunes leader(s) : clairvoyance, courage et persévérance seront les qualités qui seront en premier prises en considération “

      Répondre
  6. Jaures

    26 mai 2017

    Pourquoi décrire “En marche !” comme un parti à volonté hégémonique ? Macron a gagné les élections présidentielles, il aura probablement la majorité au parlement mais ce fut là le cas de tous ses prédécesseurs. Où est l’originalité ? LR, sous d’autres noms a eu sa chance, le PS également, à qui la faute s’ils l’ont gâchée ?
    Pareillement, on peut dénoncer les positions d’un parti politique mais encore faut-il être précis. Qualifier “En marche !” d’écologiste est assez aventureux et il me tarde de voir de quel côté penchera le rapport de force entre N.Hulot et B.Le Maire. Cependant, Millière devrait se demander quel pays développé et démocratique ne se préoccupe pas d’écologie, d’ailleurs sous la pression de l’opinion ? Quel pays démocratique et développé exclue telle ou telle religion ? Quel pays développé et démocratique n’a pas de pression migratoire à gérer (à l’exclusion du Japon) ?
    Bref, Millière ne considère-t-il pas comme des “lubies socialistes” les points communs à toutes les démocraties développées ?

    Répondre
  7. quinctius cincinnatus

    26 mai 2017

    ” ils ont l’ appuis d’ un ensemble de financiers etc … ” … Tout est là et … UNIQUEMENT là Mr Millière : un ” gouvernement mondial unique ” comme tant espéré par ” The Royal Institut of Interationals Affairs ” ( britannique ) et ” The Council on Foreign Relations ” américain

    et puisqu’ il vit maintenant aux U.S.A. l’ auteur devrait s’ intéresser à la vie et à l’ oeuvre du ” Colonel ” House

    Répondre
    • PJSC

      27 mai 2017

      J’ai apprécié l’analyse de Guy Milière mais votre commentaire, Quinctius, boucle la boucle et c’est là le point le plus important.
      Je ne crois pas à un avenir qui va nous sortir de cette course effrénée de l’humain vers le mondialisme, nous avons déjà amorcer la voie du chaos et c’est notre surpopulation humaine qui sera le détonateur.

      Répondre
  8. Jacky Social

    24 mai 2017

    Bonjour Professeur Milliere.
    Brillante analyse comme d’habitude. Comme vous le dites, tout a ete prevu et tout est joue d’avance. Il n’y aura donc pas de sursaut si ce ne sont que quelques soubresauts temporaires organises par les imbeciles utiles. Je n’ai plus AUCUNE illusion. Vous etes parti aux USA et vous avez bien fait (je confirme).J’attends que mes tetards terminent leurs etudes et puis basta, ce sera sans moi les pluies de taxes et la culture multiculs. Cette fois, nous partons pour de bon ! On se rencontrera peut-etre, qui sait.
    Merci pour vos analyses toujours tres lucides.

    Répondre
  9. Bros-Minard

    23 mai 2017

    Pas de commentaire; tout à fait d’accord avec cette analyse.

    Répondre

Répondre

  • (pas publié)