La presse moutonnière peut tout se permettre !

La presse moutonnière peut tout se permettre !

J’aurais beaucoup de difficultés à faire croire que je suis un admirateur inconditionnel de Jean-François Copé.

Le président de l’UMP me semble présenter les défauts ty­piques du politicien arriviste. Bref, l’homme ne m’apparaît pas sympathique.

Par ailleurs, au plan politique, j’ai bien souvent des préventions contre les déclarations de cet ancien technocrate, assez éloigné de partager les « co­des » et les principes des droites françaises (que ce soit la droite libérale, la droite nationale ou la droite morale).

Je lui reconnais cependant, comme à Nicolas Sarkozy, un certain courage, qualité assez rare dans le monde politique.

En tout cas, ce n’est certes pas moi qui serais surpris si une énième affaire politico-financière le mettait en cause – ce profil d’« ambitieux pressé » pratique trop souvent le mélange des genres. Et ce n’est certes pas moi qui prendrais sa défense dans ce cas-là.

Mais je suis médusé du lynchage médiatique auquel M. Copé doit faire face ces derniers jours.

Le « Point » a signalé que l’un de ses anciens collaborateurs avait signé des contrats importants avec l’UMP lors de la campagne présidentielle et, tout de suite, la presse moutonnière a em­brayé.

M. Copé est clairement accusé de favoritisme, voire de détournement d’argent public.

Cette « sur-réaction » des médias me laissera toujours pantois.

Le « Point » fait état d’une surfacturation de 20 %. Soit. Mais existe-t-il beaucoup de sociétés capables de « monter » un meeting électoral de plus de 100 000 personnes en quelques jours ? En outre, est-il réellement choquant de choisir des amis politiques pour gérer ce genre de missions assez sensibles politiquement ? L’UMP n’est pas, que je sache, soumise au code des marchés publics !

Entendons-nous bien : je ne dis pas que Jean-François Copé n’a pas utilisé ce moyen pour amonceler un trésor de guerre pour ses campagnes à venir. Je dis simplement que rien, dans ce que dit le « Point », ne permet de dire qu’il a agi frauduleusement.

Mais la presse officielle peut tout se permettre.

J’ajoute à ce propos que, dans la défense assez poussive de Jean-François Copé, une chose m’a beaucoup amusé : sa proposition d’aligner les journalistes sur les exigences de transparence des parlementaires.

De là à se faire accuser – pire que le « favoritisme » – de « populisme », il n’y a qu’un pas !

Jean Rouxel

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(4) Commentaires

  • Jaures Répondre

    Je confirme qu’il existe des dizaines d’entreprises en France capables d’organiser des évènements tels que des meetings électoraux.
    Les partis politiques sont financés par l’argent public et doivent donc être gérés avec une certaine déontologie. Si ces fonds (notre argent) ont servi à des intérêts privés favorisés par Copé, cela doit être dénoncé.
    Si M Copé estimait que Le Point inventait de toutes pièces ces révélations, il pouvait porter plainte sous une forme rapide, comme la citation directe, ou au moins une forme habituelle. Il a préféré porter plainte auprès du doyen des juges ce qui mettra plusieurs mois à démarrer.
    On aurait pu penser en entendant les propos de Copé que l’affaire lui tenait plus à coeur et qu’il lui importait de pourfendre au plus tôt les « lâches », « pervers », « tartuffe », « inquisiteurs »,…coupables de son « lynchage médiatique ».

    06/03/2014 à 21 h 58 min
    • HansImSchnoggeLoch Répondre

      Pour répondre à la déontologie de Jaures, je dirai que la gôche commence à nettoyer ses écuries d’Augias.
      D’importantes strates se sont empilées depuis la nuit des temps.

      07/03/2014 à 11 h 07 min
      • quinctius cincinnatus Répondre

        en effet et contrairement à ce que  » laisse entendre  » @ Jaurès les Partis Politiques ne sont pas tenus à la … transparence … et s’il y a un Hôtel qui n’est pas de verre bâti c’est bien actuellement l’ Elysée !

        07/03/2014 à 18 h 19 min
      • Jaures Répondre

        Cher Hans, tous les scandales qui ont touché la gauche ont été mis au jour par la presse classée plutôt à gauche. Pour en rester à l’histoire récente, ce n’est ni le Figaro, ni les 4vérités qui ont dénoncé les turpitudes de Cahusac mais Médiapart.
        Aucun pays au monde ne peut prétendre disposer d’élites incorruptibles. Mais il y a des pays avec une presse et une justice qui permettent de dénoncer et condamner ces agissements. Aux électeurs ensuite de prendre leurs responsabilités. Ce qu’ils ne font pas toujours, malheureusement.

        08/03/2014 à 14 h 24 min

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