« La République des faux gentils »

Posté le mai 29, 2004, 12:00
4 mins

La lecture du Bloc-notes d’Ivan Rioufol dans « Le Figaro » du vendredi est toujours un grand moment ; aussi, c’est avec une réelle satisfaction que l’on a appris la parution, le 6 mai 2004, de son livre « La République des faux gentils », aux Éditions du Rocher. Et nous n’avons pas été déçus !
Ce petit livre est une véritable déclaration de guerre à la pensée unique régnant dans notre pays, et à ses différents aspects – entre autres : apologie de la France « multiculturelle », indignation sélective, lois liberticides, dictature syndicale, antiaméricanisme, aveuglement devant la menace islamiste…
Parmi les passages les plus percutants, retenons celui où M. Rioufol évoque l’École en France :
« On y apprend à haïr Pinochet, mais à porter Che Guevara en effigie sur son tee-shirt ; à siffler le Front national et ses haines, mais à applaudir les trotskistes luttant pour le Grand Soir ; à combattre les exclusions, mais à réclamer des têtes ; à défendre la fraternité, mais à chasser les sorcières. » (page 66) ; eh oui, dès son plus jeune âge, le petit Français doit savoir qu’il y a des bons et des mauvais extrémistes, des bons et des mauvais assassins, des bonnes et des mauvaises victimes !
Plus loin, il brocarde l’inculture effarante de nos chères têtes blondes :
« Pour de nombreux élèves, Notre-Dame de Paris est une comédie musicale écrite par Luc Flamandon ; Proust est moins connu que Prost ; Rimbaud que Renaud, Barthes que Barthez. » (page 78) ; les scénaristes du film PROFS – qui date de 1984 – qui faisaient dire à un professeur d’histoire-géographie évoquant un de ses élèves : « Il croit que Hong-Kong est un singe géant » étaient manifestement encore en-dessous de la vérité !
L’hystérie anti-américaine relative à « la guerre du Golfe II » n’a bien sûr pas échappé à l’auteur, il lui consacre même le troisième et dernier chapitre : « Irak : la lâche prudence ». Titre très explicite, car pour l’auteur, une des principales raisons de la non-intervention en Irak est la suivante : « il y aurait eu très probablement une réponse brutale des banlieues si la France ne s’en était pas tenue à son antiaméricanisme, conseillé par une large partie de son électorat musulman » (page 130). Bref, la France a eu « la trouille devant les banlieues » (page 132) ; c’est effectivement ainsi que nous l’avons ressenti l’an dernier !
Sur cette question irakienne, là encore le journaliste met le doigt où ça fait mal : les rodomontades et autres inepties du camp de « l’anti-guerre » rassemblé derrière l’ineffable duo Chirac-Villepin, les manifestants « idiots utiles » de Saddam Hussein et d’Oussama Ben Laden, les analyses délirantes sur les motivations de l’administration Bush, personne n’est épargné par sa plume féroce – et c’est tant mieux !
En résumé, même si on peut ne pas suivre Ivan Rioufol sur certains points (exemple : l’approbation de la discrimination positive, page 43), « La République des faux gentils » n’en demeure pas moins une authentique cure de désintoxication idéologique. À lire d’urgence.

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Clandestins

La France est passée en tête des pays d’accueil pour les demandeurs d’asile dans l’Union européenne. En 2003, l’Office français des réfugiés et apatrides, Ofpra, a enregistré 52 204 premières demandes (+ 2 %), alors que le nombre de dossiers dans l’ensemble de l’Union européenne était en baisse de 20 %.
10 % des demandes sont admises. Ceux qui sont « refusés » deviennent des « clandestins »…

5 réponses à l'article : « La République des faux gentils »

  1. Sous-Commandant Marco

    02/06/2004

    Bush ou la mort? L’islam serait une menace pour la France? Qui donc, depuis des décennies, a soutenu la dictature théocratique saoudienne et d’autres régimes dictatoriaux dans la région? Qui a soutenu Saddam Hussein pendant toutes les années 80, le sauvant d’une défaite certaine face à l’Iran? Qui a imposé un embargo au peuple irakien pendant les années 90, l’empêchant ainsi de se révolter contre son dictateur? Qui fournit encore aujourd’hui des armes à la dictature saoudienne? Hmmmm? Ne serait-ce pas l’Etat américain, en particulier les néo-conservateurs Reagan, Rumsfeld (qui a rendu visite à Saddam pour l’assurer de son soutien en décembre 1983), Bush père et maintenant le fils? Avec ses affidés habituels, le Royaume-Uni et la France, bien entendu. Après des années de sordides manoeuvres remontant pour certaines aux années 20, l’heure du partage du gateau pétrolier a enfin sonné. Mais les alliés d’hier ne sont pas d’accord sur la taille des parts. Alors Chirak-Total et Poutine-Gasprom sont contre la guerre de Bush-Exxon et Blair-Shell. Les deux camps voudraient nous faire croire que la seule alternative à leur politique, c’est Saddam Hussein et Bin Laden. Pourtant, c’est bel et bien eux qui ont permis le développement de la dictature irakienne auparavant et de l’Islamisme maintenant. Ainsi, Bush, par son invasion de l’Irak, a détourné de la lutte anti-terroriste de précieuses ressources, tout en donnant une bien piètre image de la démocratie libérale et donc de nombreuses recrues aux terroristes. Par sa stupidité et sa négligence, il avait déjà laissé le 11 septembre se produire, il n’y a rien à attendre de lui, si ce n’est qu’il s’en aille (ce qui est malheureusement improbable, car les requins qui l’entourent ont plus d’un tour dans leur sac). Bush, Saddam ou Bin Laden, c’est la même chose! Ce sont des émanations nauséabondes d’un même principe: l’étatisme et le totalitarisme, financier pour le premier et musulman pour les deux autres. Ni les uns ni les autres ne sont acceptables. Il est plus que temps d’en finir avec ces dictatures étatistes, en France, aux Etats-Unis et ailleurs et d’instaurer de véritables régimes libéraux. Cela passe notamment par l’élimination du pétrole en tant qu’énergie (et aussi du nucléaire, mais c’est un autre sujet), une réduction massive des dépenses publiques, en France mais aussi aux Etats-Unis, et un coup d’arrêt aux aventures extrémistes au Moyen-Orient, de façon que les Arabes et les Juifs règlent leurs nombreux problèmes entre eux. La troisième voie, c’est le libéralisme. Pas celui de MM. Millière ou Rioufol, qui confondent le libéralisme avec le « corporate welfare » (le socialisme des patrons) ou la théocratie chrétienne, ni celui des « liberals » américains, mais le libéralisme économique *et* politique. Celui des pères fondateurs des USA ou celui des libéraux de l’école classique française, notamment Bastiat.

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  2. Florent

    01/06/2004

    Rioufol, ca fait du bien , la ou sa fait mal, De passage sur votre site je découvre enfin qu’on parle de cet essai, je pense que la position d’Yvan Riouffol sur l’irak ne doit pas etre etranger a ce silence, abonné au point, rien,si ce ‘est un article sur Serge halimi, puis sur jf khan la semaine suivante. Adorant le bloc-notes du vendredi dans le figaro, j’avais fais une recherche sur cette personne et savait donc depuis un moment que son livre allait sortir. heureusement… tres attaché aux ecrits de JF Revel, je suis ravi de voir la releve, d’ailleur si je me suis abonné au point c’est principalement pour cela, pas d’articles sur Rioufol, je ne renouvelle pas mon abonnement

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  3. BUSH OU LA MORT

    30/05/2004

    La situation actuelle en France préfigure celle qui prévalait en Serbie ou au Liban avant la guerre civile. Pauvre de nous ! Partout où les musulmans se sont installés, aucune coexistence avec les autres cultures n’a jamais été possible, celles-ci devant se soumettre ou se démettre. N’en déplaise aux « idiots utiles », c’est BUSH ou la mort.

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  4. chevalier de la Liberté

    30/05/2004

    Ne nous laissons pas faire devant la dictature pétainiste de l’Etat français. La France est en train de choisir la barbarie face à la civilisation, ça ne peut plus durer le politiquement correct détruit davantage les esprits que la charia dans les pays où elle est appliquée. Je suis fatigué de cette évolution du pays des Lumières et des libertés, mais réellement fatigué. Le Français de base éprouve du plaisir à penser comme les autres. Il faut entrer dans la Résistance. Cherchez le nombre d’écrivains et d’artistes talentueux et d’envergure mondiale comparable à un Molière ou un Léonard de Vinci, sur le vieux continent actuellement: vous n’en trouverez aucun. La culture occidentale est morte, elle fait la prière musulmane devant l’antiracisme, la bien-pensance et autre doctrine pour tarés. « Ce qui est terrible, c’est à quel point on ne peut plus rien dire. Nietzsche, Schopenhauer ou Spinoza ne passeraient plus aujourd’hui. Le politiquement correct, tel qu’il est devenu, rend inacceptable la quasi-totalité de la philosophie occidentale. De plus en plus de choses deviennent impossibles à penser. C’est effrayant. » Michel Houellebecq

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  5. R. Ed.

    29/05/2004

    Dans quelques jours ,on va commémorer le débarquement du 6 juin 1944. C’est une occasion toute trouvée pour permettre à tous les anti Américains de se rendre en Normandie pour aller gueuler « US Go Home » .Car dans quelques années il ne restera plus de vétérans, par contre ils pourront encore toujours aller cracher sur les tombes des GI’s qui sont morts au combat pour délivrer la France.

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