La France va perdre l'Oréal

La France va perdre l'Oréal

Maintenant, Nestlé ne cache plus ses intentions de prendre le contrôle de l’entreprise affaiblie par la bataille juridiquo-médiatique
menée contre Liliane Bettencourt :

 

« Pour la France, perdre ce fleuron industriel aurait de graves conséquences, car si Nestlé prend le contrôle de L’Oréal, il est fort
probable que le siège social sera délocalisé en Suisse. L’Oréal emploie plus de 65 000 salariés, paie chaque année plus de 3,5 milliards d’euros de frais de personnel et le seul impôt sur
les sociétés rapporte à l’Etat près de 1 milliard d’euros…

 

Dans ce contexte, si le gestionnaire de fortune, Patrick de Maistre, a de près ou de loin contribué à ce que la famille Bettencourt reste
fiscalisée en France, il n’est pas illégitime qu’il reçoive la Légion d’honneur. Après tout, cette décoration a été donnée, sans que cela suscite la moindre indignation, à des animateurs télé,
des artistes ou des sportifs français, dont nombre sont… expatriés fiscaux.

 

Les Français doivent comprendre que le monde a changé. Qu’ils sont en pleine guerre économique, et que dans un tel
contexte, tous les coups sont permis. Partout dans le monde, les politiques essaient d’attirer les entrepreneurs et les groupes industriels créateurs d’emplois et de richesses. Nous faisons tout
le contraire !

 

Nos amis suisses observent avec amusement la presse française traîner dans la boue une famille qui a pourtant bâti, excusez du peu, un
groupe devenu leader mondial des cosmétiques. Un marché en pleine croissance, notamment en Asie, qui nous échappera le jour où Nestlé décidera de monter au capital de L’Oréal.
Nul doute que ce jour-là, nos compatriotes reprocheront à nos politiques de ne pas avoir fait le nécessaire pour que ce fleuron industriel reste français.

 

Ils penseront alors, peut-être avec nostalgie, à ce 14 juillet 2007 où un ministre du budget, aujourd’hui vilipendé de toute part, a
décoré de la Légion d’honneur le gestionnaire de fortune de Liliane Bettencourt pour lui dire à quel point notre pays était fier que L’Oréal soit français. » Frédéric Parrat, avocat
fiscaliste, enseignant-chercheur à l’université Paris-V (extrait du Monde)

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