La mauvaise cuisine grecque

La mauvaise cuisine grecque


La situation économique de la Grèce appelait des mesures d’urgences. Le dernier « train » de mesures a l’avantage
de l’immédiateté : taxes sur les alcools, le tabac (les Grecs sont parmi les plus gros consommateurs de tabac d’Europe), l’essence (qui est moins chère qu’en France), les produits de « luxe’ (pas
de liste publiée), gel des retraites, gel des salaires des fonctionnaires et réduction de 30% du treizième mois et de 60% du quatorzième mois dans la fonction publique.
Le treizième mois étant versé sous forme de prime à Pâques qui tombe cette année la première semaine d’avril, les économies vont être immédiates.
La presse se gargarise du différentiel de croissance entre les salaires Grecs et les salaires allemands au cours des 10 dernières années. Les mêmes riront moins quand on évoquera le cas de la
France…

La potion est non seulement amère, elle est intrinsèquement mauvaise. En effet, les salaire ne sont pas particulièrement élevés en Grèce. Le côté excessif du coût de la fonction publique grecque
tient au fait qu’elle est pléthorique et que beaucoup de fonctionnaires gardent leur énergie pour leur second travail, celui qui permet de vivre aux normes occidentales de la consommation
(voitures, écrans plats,…)

Les nouvelles mesures sont donc injustes puisque tous les Grecs seront frappés, les entreprises privées, suivant l’exemple de l’Etat, ne verseront pas la prime de Pâques (ou treizième mois) alors
qu’une partie d’entre eux sont les responsables : d’un côté, un grand nombre de fonctionnaires qui ne font rien, de l’autre les professions libérales (dont les fameux taxis) qui fraudent
massivement le fisc, on ajoutera, comme aux Etats-Unis, le crédit à la consommation qui fait croire qu’avec quelques cartes on peut consommer aujourd’hui et payer demain…

La vraie solution de moyen terme, pour la Grèce comme pour la France, serait de revenir sur le statut de la fonction publique et de redéployer, voire de licencier les fonctionnaires
surnuméraires. Cette réforme serait explosive, mais c’est la seule qui permettrait de plonger nos sociétés vers une médiocrité et une pauvreté toujours plus profonde et étendue.

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