Lambert se déchaîne contre Nicolas Sarkozy

Posté le avril 03, 2010, 12:00
4 mins

Le Sénateur Alain Lambert, ancien ministre du budget réputé pour sa
compétence et sa franchise vient de fulminer contre Nicolas Sarkozy :

«Si le président de la République n’est pas seul en cause dans l’échec des régionales, il l’est pour une
partie non négligeable. Et il a eu le grand tort de ne pas le reconnaître avec humilité devant les Français. »
Cette phrase n’émane pas d’un responsable du Parti socialiste ou d’Europe Ecologie, mais bien d’un élu de l’UMP, le sénateur de l’Orne et ancien ministre du budget Alain Lambert.

« Me voilà convoqué au tribunal médiatique pour
anti-sarkozysme primaire »,
écrit le sénateur dès l’introduction, avant de
rappeler qu’il soutient le chef de l’Etat « depuis 1992 » et même « en
1995 où il était très isolé »
par son rôle de premier plan auprès d’
Edouard
Balladur
, adversaire et ennemi juré de Jacques Chirac.

Ce soutien, appuie l’élu, lui donne la légitimité pour
critiquer le chef de l’Etat, a contrario de « la cour qui le flatte aujourd’hui et l’entretient dans une perception de la France qui n’est
pas la mienne »
, poursuit Alain Lambert, avant d’ajouter : « Pour ma part, j’ai toujours considéré qu’il était plus loyal
d’exprimer franchement ma pensée. »

Force est de constater que la critique est
franche : en premier lieu, rapporte l’élu, il faut
entendre la critique d’électeurs « déboussolés,
se sentant méprisés, tenus pour quantité négligeable »
, contre « un comportement désinvolte, irrespectueux de ceux qui avaient
porté à la présidence de la France un homme dont le premier geste fut de se rendre… au Fouquet’s ! Quel symbole ! ».

Alain Lambert rappelle
ensuite les griefs martelés depuis la défaite aux régionales, contre
« des décisions aussi discutables que des taxes nouvelles, l’ouverture à gauche débridée, des paroles aussi surprenantes que ‘le Parlement,
je m’en moque, j’ai décidé' »
.

Pour le sénateur, il faut donc cesser « le concert des hypocrites », car « aujourd’hui [Nicolas Sarkozy] n’est pas en situation de faire gagner nos idées en 2012. Alors à quoi sert-il de lui faire croire ? Sinon à persister dans ses méthodes qu’il croit
bonnes depuis trois ans et qui nous entraînent tout droit dans l’abîme ».

Alain
Lambert
conclut en proposant une rencontre entre les anciens premiers
ministres de droite, MM. Juppé, Raffarin, Villepin, et l’actuel,
François Fillon, « pour envisager toutes les
éventualités ».
Selon lui, cette rencontre permettrait d’engager « une réflexion sans tabous et surtout dans l’exclusif intérêt
supérieur du pays ».

Le sénateur de l’Orne n’est pas le premier à critiquer
Nicolas Sarkozy dans les rangs de la majorité. Sénateur, ancien ministre, respecté pour ses compétences de fiscaliste, ce franc-tireur ne
craint pas la sanction. Mais il atteint dans ce texte un niveau de virulence rare pour un membre de la majorité.
» Lu
sur le site du Monde.

 

C’est bien la première fois sous la Ve République que la mise
sous-tutelle d’un Président de la République est publiquement évoquée par un parlementaire appartenant à son parti politique…

Article précédent

Aubry totalitaire