L’Angolagate et la corruption des élites

L’Angolagate et la corruption des élites

Cette semaine commence le procès-fleuve de l’Angolagate, dernier en date des procès des « affaires » des années 80 et 90.
Dans ce procès des ventes d’armes à l’Angola au cours de la décennie 1990, sont cités à comparaître bon nombre des membres du « gratin » du monde politique (droite et gauche confondus…), médiatique et économique, de Charles Pasqua à Jean-Christophe Mitterrand en passant par Paul-Loup Sulitzer ou Jacques Attali, Pierre Falcone ou Arcadi Gaydamak.

Hasard du calendrier, ce procès s’ouvre moins d’une semaine après la proclamation d’un non-lieu général dans une autre « affaire », celle des Frégates de Taïwan – qui concernait d’autres membres du même « gratin » politico-économico-médiatique… Autant dire que les prévenus de l’Angolagate risquent fort d’arriver à leur procès relativement sereins sur leur sort.

À ce propos, un aspect cocasse de l’affaire mérite d’être signalé – la « grande presse » ne s’en étant pas particulièrement émue : aucun ressortissant angolais n’est inquiété dans ce dossier. Des Russes et des Français ont vendu des armes en Angolaa, mais personne ne les a achetées !

« Contrepartie » ou non de cette étonnante mansuétude des juges français, l’Angola a déposé juste avant l’ouverture du procès (le 6 octobre) un recours demandant que le procès n’ait pas lieu pour respecter le secret défense. À l’heure où j’écris ces lignes, j’ignore encore le sort de ce recours, mais avouons en tout cas qu’il vient à point nommé !

Mais, plus curieux encore, le ministre de la Défense Hervé Morin a écrit, le 11 juillet 2008, à l’avocat de Pierre Falcone qu’il estimait qu’il n’y avait aucun délit dans ce dossier… alors que c’est précisément son ministère qui a porté plainte en 2001 !

Par conséquent, de deux choses l’une, soit l’Angolagate n’est qu’une vaste plaisanterie, dont « on » s’est servi pour discréditer certaines personnalités
– en comptant sur le zèle des juges pour « se faire » un politique ou un chef d’entreprise. Auquel cas, la moindre des choses serait de condamner l’État pour près de dix ans de procédure abusive.

Soit, au contraire, le dossier n’est pas vide. Auquel cas, il serait scandaleux que le procès n’ait pas lieu et que des personnes qui se sont enrichies frauduleusement – et peut-être même sur le dos des contribuables – ne soient pas inquiétées.
On parle beaucoup ces derniers temps de l’irresponsabilité des financiers. Nous apprécierions que les politiques aussi assument leurs responsabilités !

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(6) Commentaires

  • UN chouka Répondre

    Je me demandes meme,si les institutions ne sont pas faites a quelque part, justement pour pèrmètre de protéger  ,les commèrces de ce type ?

    La part cachée de LA "réalité " ,que le bon citoyen ne pourrait comprendre sans s’y identifier ?

    L’hypocrisie bien sûr  ……………

    15/10/2008 à 7 h 22 min
  • Anonyme Répondre

    Suite à une mauvaise manipulation les commentaire du lundi 13 octobre 2008 – après midi et soirée ont été supprimés.

    Désolé pour ce fâcheux incident.

    Le modérateur

    13/10/2008 à 22 h 37 min
  • sas Répondre

    Enfin les masques tombes…….il n y a plus ni droite ,ni gauche………juste des frangins pourris jusqu au trognon prêt a vendre leurs mères pour quelques deniers…..

    sas

    09/10/2008 à 13 h 18 min
  • Jack69 Répondre

    J’étais revenu le cinq janvier en France. En arrivant à l’aéroport, Albert et Jocelyne Marcellin m’attendirent. Charles était aussi présent, ainsi que Marc Robin. Surpris de le revoir, c’est lui qui, finalement, me raccompagna chez moi. En pleine forme, une forme qui poussa vers l’inconnue. C’est vrai que depuis mon retour d’exil, je voyais la vie autrement : riche, puissant, célèbre, il me restait finalement qu’une chose pour être heureux, me marier.

    La suite sur http://www.deslettresetdesmots.com/

    09/10/2008 à 12 h 52 min
  • Daniel Répondre

    Dans ces cas, il ne reste que le tribunal du peuple…  mais qui n’a pas , non plus,  un sens aigu de la justice.  

    08/10/2008 à 8 h 54 min
  • Florin Répondre

    L’Angola, un des pays les plus pauvres sur Terre, a claqué 1 milliard de dollars pour acheter des armes, à utiliser dans une guerre civile. C’est ça la partie triste de l’histoire. Les gens crevaient de faim là-bas, on a considéré que ce n’était pas assez cruel comme cela, on leur a mis une guerre sur le dos. Enfin, ILS SE SONT LANCES dans une guerre civile.

    A 10 000  bornes de là, des mafieux de droite et de gauche, ont fleuré la bonne affaire : sortir leur carnet d’adresses, et accessoirement s’asseoir à table pour s’empiffrer du gâteau, c’était leur rôle !

    Dans notre monde de fous, on condamne un barman qui sert à boire à un mec déjà fin saoul;
    mais on ne condamne pas ceux qui ont facilité une guerre civile parmi les pauvres des pauvres.

    08/10/2008 à 1 h 01 min

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