Le budget 2014 et Delphine Batho

Posté le 10 juillet , 2013, 9:47
6 mins

La France a décidé de faire partie d’un Marché commun unissant les pays européens. Cette décision permet aux consommateurs français d’acheter des produits fabriqués par des entreprises installées en Pologne, où la main-d’œuvre est payée 3 fois moins cher qu’en France. Elle permet aussi aux Polonais de se rapprocher bien plus rapidement du niveau de vie des Al­lemands ou des Français.

Les habitants des 28 pays maintenant regroupés dans le Mar­ché commun profitent tous de cette sage décision. Et revenir à un marché national nous ap­pauvrirait tous.

Mais, en même temps, la France a décidé de continuer à imposer ses entreprises beaucoup plus que les autres pays européens. Les gouvernements français croient que les entreprises qui font des bénéfices et distribuent de l’argent à leurs actionnaires peuvent payer plus d’impôts. Les entreprises françaises ne sont donc plus compétitives. Et, tous les mois, des milliers de petites entreprises françaises disparaissent, tuées par la concurrence des entreprises étrangères.

Par ailleurs, depuis longtemps, la France dépense plus qu’elle ne gagne. Bien que ses responsables proclament en permanence qu’ils vont rééquilibrer ses comptes. Ils ne le feront pas cette année, mais l‘année prochaine. Pas en 2013, mais en 2014…

Ce comportement est contraire à tous les traités que la France a signés depuis 40 ans et l’actuel président de la Commission européenne, José Manuel Bar­roso, critique le comportement des responsables de la France. Ce qui ne plaît pas du tout à ces derniers.

Finalement, le budget présenté cette semaine prévoit une diminution de certains budgets et une augmentation de certains impôts.

Les crédits affectés au budget de certains ministères vont être diminués. En particulier, celui du ministère de l’Écologie est réduit de 7 %. Ce ministère est aussi responsable de l’équipement et des transports. Son rôle pour l’avenir de la France est essentiel.

Delphine Batho, née en 1973, n’a pas encore 40 ans. Elle milite depuis son baccalauréat dans différents organismes comme SOS Racisme. Elle a adhéré au Parti socialiste en 1994 et elle en est devenue secrétaire nationale en 2004.

Elle a été élue députée des Deux-Sèvres en 2007. Puis, le 16 mai 2012, elle devint secrétaire d’État à la Justice sous Christiane Taubira. Enfin, elle devint ministre de l’Écologie le 21 juin 2012.

Cette semaine, elle a critiqué publiquement la réduction des crédits alloués à son ministère lors de la discussion du budget – réduction imposée sans concertation, selon elle.

Après plusieurs tentatives de conciliation de Matignon, puis de l’Élysée, elle a maintenu ses critiques publiques sur la réduction de son budget. Elle fut mise à la porte sans ménagement le 2 juillet 2013.

Parmi les décisions prises par le gouvernement actuel, signalons : l’arrêt des investissements dans les lignes de TGV ; l’arrêt de certaines centrales atomiques (ce qui nous oblige à acheter de l’électricité fabriquée par les Allemands, en brûlant du charbon, ce qui est mauvais sur le plan écologique) ; le refus d’utiliser le gaz de schiste ; la diminution de 7 % des crédits accordés au ministère de l’Écologie ; la diminution des crédits affectés à la sécurité dans les villes de banlieue ; le maintien de l’âge du départ à la retraite des fonctionnaires (parfois à 50 ans, alors que, dans tous les pays eu­ropéens, on part maintenant à la retraite après 66 ans)…

Delphine Batho a pu, pendant plus d’un an, observer la réalité écologique et économique de la France au sein de l’Europe.

Cette militante de la frange gauche du PS a donc été bien informée dans son ministère sur les réalités économiques. Elle a certainement réalisé que les solutions proposées par Fran­çois Hollande ne pourront qu’aggraver le chômage et la pauvreté.

Elle a donc continué à le proclamer, en sachant qu’elle serait mise à la porte. Mais elle espère ainsi entraîner derrière elle ceux qui ont peur de l’avenir…

Signalons que, dans tous ces débats, pas une seule fois, il n’a été question de la parité fixe qui lie depuis 1999 les anciennes monnaies européennes entre elles – parité qui n’a pas été modifiée, malgré les fortes disparités entre les coûts de production.

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