Le règne de l’inversion

Le règne de l’inversion

Le discours prononcé par Emmanuel Macron à Strasbourg, le 19 janvier dernier, pour inaugurer la présidence française de l’Union européenne, révèle beaucoup sur son auteur. Et, à la veille d’une élection où tous les sondeurs le donnent gagnant, il mérite d’être regardé de près.

La première chose qui frappe, c’est l’absence complète de respect des convenances chez Emmanuel Macron.

En l’occurrence, il est assez choquant de faire une sorte de meeting électoral au sein de l’hémicycle du Parlement européen, au milieu de députés non concernés par nos élections. Au point que la présidente a été obligée de rappeler M. Macron à l’ordre.

Jupiter, en gamin capricieux, s’exonère facilement des règles du savoir-vivre.

Nous l’avions vu à maintes reprises dans sa façon de parler des Français et de la France qu’il a l’honneur de diriger. Il a choisi ici de le montrer également à des politiciens étrangers.

Mais ce n’est pas un hasard.

M. Macron est une sorte de caricature de l’esprit soixante-huitard qui a jeté aux orties toutes les conventions sociales. Tout se passe comme s’il était resté au stade de l’adolescent surdoué que beaucoup s’accordent à décrire – devenant ainsi, avec le temps, un adolescent attardé !

Comment pourrait-il comprendre qu’on ne papouille pas Donald Trump ou Vladimir Poutine, que la diplomatie n’est pas le lieu des attaques politiciennes, ou encore que, lorsque l’on dirige un vieux pays comme la France, on n’insulte pas son peuple à l’étranger ?

En tout cas, le fond est cohérent avec cette forme qui met le lecteur mal à l’aise.

Passons sur la vision uniquement idéologique de l’Europe, dont parlait Jean Rouxel la semaine dernière.

Je voudrais pointer ici deux déclarations surréalistes.

La première tient à l’État de droit. À en croire M. Macron, celui-ci serait en péril, non seulement parce que « plusieurs puissances autoritaires à nos frontières » le menacent, mais encore parce que « plusieurs de nos pays » s’en éloignent.

Sont ici visées la Russie à l’extérieur de l’UE, la Pologne et la Hongrie à l’intérieur. L’État de droit devrait donc être opposé aux peuples qui tiennent à poursuivre leur histoire.

On peut bien sûr critiquer tel ou tel de ces régimes ou de ces dirigeants. Mais qui ne voit que la France, par exemple, n’est pas moins gouverné par l’arbitraire que la Pologne ? Ignore-t-on que le pouvoir exécutif y a une forte influence sur la justice ou sur les médias ? Que le conseil constitutionnel y ferme opportunément les yeux sur les éventuelles inconstitutionnalités quand « l’État de droit » l’exige ?

Évidemment qu’il faut défendre les droits naturels des êtres humains, mais cela n’implique nullement de renier toute notre histoire, d’ouvrir nos frontières à tous les vents, ou de refuser les décisions des peuples.

L’État de droit tel que le conçoit l’oligarchie s’oppose à la fois à l’État et au droit !

Mais, en matière d’inversion, le plus beau tient dans cette phrase : « 20 ans après la proclamation de notre Charte des droits fondamentaux, qui a consacré notamment l’abolition de la peine de mort, je souhaite que nous puissions [l’]actualiser, notamment pour être plus explicite sur la protection de l’environnement et la reconnaissance du droit à l’avortement. »

Intégrer l’environnement dans la charte des droits fondamentaux revient à nier la spécificité de l’être humain dans l’ensemble du vivant – et cela ruine par conséquent toute réflexion sur l’État de droit.

Quant à fêter l’abolition de la peine de mort pour les coupables par une promotion de l’avortement, qui élimine par définition des innocents, un tel cynisme laisse pantois !

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(3) Commentaires

  • quinctius cincinnatus Répondre

    un homme intelligent respecte Poutine et se moque de Trump

    03/02/2022 à 14 h 02 min
  • quinctius cincinnatus Répondre

    graffiti sur un mur de Pompéi : …

     » je m’ étonne ,ô mur, que tu ne te soit pas écroulé sous le poids des âneries dont les gens t’ ont couvert  »

    de nos jour les réseaux sociaux ( y compris les … blogs ) remplacent avantageusement les murs

    et on peut dire qu’ ils ont cet avantage, certes éphémère, de mesurer en temps réel la bêtise humaine renouvelée au gré des jours qui passent

    03/02/2022 à 14 h 00 min
    • quinctius cincinnatus Répondre

      que tu ne te soiS pas oups !

      03/02/2022 à 18 h 36 min

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