Les dessous de la stratégie présidentielle

Posté le novembre 19, 2010, 8:13
2 mins

Lu dans Daoudal Hebdo :

C « Ce qui est amusant en revanche est ce que racontent les médias à propos des centristes. Le grand perdant est Jean-Louis Borloo, disent-ils, et les centristes sont quasiment absents du nouveau gouvernement. Alors ceux-ci se rebiffent, ils se réunissent pour lancer la contre-attaque autour des deux anciens ministres Jean-Louis Borloo et Hervé Morin. Et voilà Borloo chargé d’animer une «coordination des centres». Et voilà Jean-Pierre Raffarin qui appuie la démarche et appelle à prolonger cette coordination au Parlement…

Les médias nous racontent tout cela très sérieusement. Et ils ne se demandent même pas pourquoi Jean-Louis Borloo affichait un sourire aussi radieux en quittant ses fonctions, alors qu’on le donnait Premier ministre, et qu’il avait refusé un prestigieux ministère une fois acquis que François Fillon resterait en place. On nous a pourtant assez dit que tout se décidait à l’Elysée. Pourquoi l’oublier tout à coup ? La stratégie est claire comme de l’eau de roche. Jean-Louis Borloo est chargé, par Sarkozy, de rassembler autant que faire se peut les centristes, et de devenir le candidat centriste à la présidentielle de 2012 (c’est pourquoi Borloo et son entourage éludent les questions sur l’éventualité de sa candidature), en marginalisant François Bayrou (qui ne veut pas faire partie de la coordination, ça tombe bien). Et au second tour, Borloo apporte à Sarkozy les voix centristes, et il devient alors Premier ministre. D’où la suppression de l’identité nationale dans l’organigramme, et la quasi-absence de centristes au gouvernement. Et le propos de Sarkozy que reproduit le Canard enchaîné, concernant son changement de stratégie : «Quand on gagne 1 point sur le Front national, on en perd 4, notamment au centre.» Nicolas Sarkozy est déjà au second tour de 2012. Et les journalistes sont englués dans leur tambouille. »

Laisser un commentaire

  • (ne sera pas visible)