Les élections font oublier la géopolitique : elle arrive au galop

Posté le 16 avril , 2012, 12:00
5 mins

L’histoire de France nous apprend que la géopolitique balaye la politique dans les périodes de grande crise comme ce fut le cas en 1940 et en 1958, avec la défaite de la France dans un cas et la crise algérienne dans l’autre.

Avril 2012 nous présente certes un contexte différent, mais les candidats se trouvent face à des évènements qui rendent leurs programmes et leurs débats hors sujets. Certes les priorités des Français que sont l’emploi et le pouvoir d’achat restent présentes, mais elles risquent d’être balayées par deux tsunamis : la crise de la dette et les révolutions du sud de la Méditerranée.

Analysons les conséquences de ces deux crises.

D’abord la dette. L’Espagne et le Portugal voient le taux de leurs emprunts grimper chaque semaine : plus de 5% pour Madrid, près de trois fois plus que pour Berlin, alors son chômage touche 20% de sa population. Jusqu’où aller dans la politique d’austérité ?

La confiance des investisseurs étrangers est ébranlée et les analystes étrangers scrutent le cas français, car nous empruntons encore à 3 %, alors que nous aurons besoin de 100 milliards cette année !

Il nous faut bien déplorer qu’aucun programme ne fasse état que notre dépense publique qui atteint 56 % du PIB se situe à huit points au dessus de la moyenne européenne : cela représente 160 milliards d’euros, une somme énorme qu’il faudra bien un jour expliquer avant de s’attaquer à sa suppression. Ce qui devrait être au centre des débats présidentiels est ignoré.

Ignoré en France, mais connu de l’étranger qui nous considère comme des irresponsables. Que se passera-t-il demain si nous devons emprunter à 6% ou davantage avec un doublement du coût de nos emprunts ?

Nos chroniques expliquent depuis des mois où se situent nos vrais défis économiques, mais il nous faut déplorer que notre voix rencontre encore trop peu d’échos, lorsque nous proposons une union nationale regroupant l’UMP, le PS, le Modem et le Front National.

Le problème de la dette se conjugue malheureusement avec un danger extérieur qui grossit jour après jour : les révolutions du Moyen Orient. Depuis un an, nous déplorons l’aveuglement des commentateurs devant ces révolutions présentés comme démocratiques. Elles ne l’ont jamais été : ce sont celles de la faim et du chômage et ces révolutions sont chaque jour et davantage reprises en main par les partis islamiques, que ce soit en Tunisie, en Libye ou en Egypte, sans parler de la Syrie.

Ces 185 millions d’habitants qui voient leur niveau de vie baisser de jour en jour ne trouvent et ne trouveront l’espérance que dans deux directions : une nouvelle forme d’extrémisme ou l’immigration.

Qui aura la lucidité d’un de Gaulle, d’un Churchill, ou d’un Roosevelt, pour comprendre et extrapoler la situation, pour aider ce qui peut encore être aidé, pour défendre enfin l’Occident, sa civilisation et ses valeurs en abandonnant les comportement de Pharisiens se voulant moralisateur.

Notre époque se révèle comme un tournant de l’Histoire, sachons y faire face et militons pour que nos dirigeants soient à la hauteur des défis qui nous sont imposés.

Hubert Beaufort
Avec l’aimable autorisation de Radio Notre-Dame

3 Commentaires sur : Les élections font oublier la géopolitique : elle arrive au galop

  1. quinctius cincinnatus

    19 avril 2012

    @ shortsell

    Churchill n’a malheureusement pas été le seul en Europe !

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  2. edmond98

    17 avril 2012

    Parce que vous imaginez que les électeurs français  vont voter pour un candidat qui va leur déclarer qu’il faut réduire la dette donc qu’il faut réduire le nombre de fonctionnaires , allonger encore l’âge légal du départ en retraite ( bientôt 67 ans en Allemagne , en G-B , en Espagne …) , pulvériser les 35 heures , réduire les prestations sociales , réduire  le nombre de jours fériés …etc …???

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  3. shortsell

    16 avril 2012

    Churchill lucide ?  Le type qui a détruit la Grande Bretagne  et qui  a amené le pays à la faillite  ? Churchill a causé plus de dommages à l’Angleterre que Hitler.

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