Les nouveaux électeurs du FN viennent à 60 % de droite !

Posté le janvier 19, 2016, 9:35
3 mins

Le Centre de recherches politiques de Sciences Po (Cevipof) a mis en place un dispositif d’enquêtes électorales dans la perspective des prochaines échéances électorales de 2017, intitulé « L’enquête électorale française ».

Ce dispositif contient déjà un certain nombre de notes (notamment le baromètre annuel de la confiance politique, dont nous reparlerons).
Parmi ces notes, l’une est particulièrement utile pour comprendre l’évolution du Front national. Cette note est due à Jérôme Jaffré et fait une synthèse d’une enquête très large (plus de 23 000 sondés, contre 1 000 environ dans les sondages « classiques ») effectuée à la veille des élections régionales.

On y apprend que les nouveaux électeurs de premier tour du FN (c’est-à-dire ceux qui n’avaient pas voté Marine Le Pen au premier tour de l’élection présidentielle de 2012) sont principalement des électeurs de Nicolas Sarkozy (47 %), mais aussi des électeurs de François Hollande (18 %), d’un autre candidat de gauche (9 %), de François Bayrou (7 %), ou de Nicolas Dupont-Aignan (3 %). Les autres avaient voté blanc ou nul ou étaient trop jeunes pour voter en 2012.

Environ un quart de la progression du FN depuis 2012 vient de la gauche.

Et donc, déduction faite des abstentionnistes, l’essentiel de la progression du FN vient de la droite : 60 % des 10 points gagnés entre 2012 et 2015 sont dus à des électeurs de droite (dont près de 50 % viennent du seul vote Sarkozy).

Voilà qui devrait éclairer les dirigeants des deux grandes formations de droite.

La raison de l’hémorragie des électeurs LR devient évidente en regardant ces chiffres : les dirigeants du parti ne pouvant pas se targuer d’un bon bilan, ni d’une opposition satisfaisante au pouvoir socialiste, sont donc sanctionnés par les électeurs.

Et le progrès du FN provient de son caractère de parti d’opposition et de sa doctrine plus claire que celle de LR, au moins sur les questions sécuritaires et migratoires.

Mais, si le FN veut continuer à progresser, il n’a qu’une solution : être de plus en plus ouvertement anti-socialiste. Ce qui signifie, en particulier, cesser de défendre le socialisme en matière d’État-providence ou de retraite à 60 ans.

Tandis que, si LR veut stopper l’hémorragie, il faut que ce parti manifeste clairement sa rupture avec le socialisme.

Celui des deux qui l’emportera sur l’autre en 2017 sera celui qui sera le plus anti-socialiste dans tous les domaines !

13 réponses à l'article : Les nouveaux électeurs du FN viennent à 60 % de droite !

  1. Schaïssé

    02/02/2016

    Les dirigeants socialistes sont des bourgeois qui méprisent leur militants

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  2. Raùs

    24/01/2016

    …et un socialiste qui dit la vérité n’est pas de gauche !

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  3. Raùs

    22/01/2016

    Raùs toutes ces crapules jacobines, dehors, sinon au poteau !

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  4. Schaïssé

    22/01/2016

    Parfois assez timoré ici

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  5. druant philippe

    22/01/2016

    Il doit pourtant bien exister des gens de gauche qui rejettent l’ immigration invasion et son corollaire le regroupement familial dévastateur , qui souhaitent un contrôle démographique malthusien et une économie libérale non dédiée aux multinationales tueuses d’ emplois mais plutôt au PME / TPE .
    Quels concepts flous que droite et gauche !
    La séparation actuelle (le gouffre) est sans aucun doute natios versus mondialistes .

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  6. BRENUS

    21/01/2016

    Avec les coups tordus des guignols UMPLR dans certaines régions ( Nord – Paca notamment) se partageant le gateau avec la gauche, ne vous étonnez pas si les électeurs de droite passent au FN. Et si jupute capte la présidence, alors ce sera le jack-pot pour le FN, tellement ce muzz faux-cul trahira les siens.

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  7. Gibon

    20/01/2016

    Si, actuellement, la gauche se porte si mal, c’est notamment parce que le FN a « gobé » son électorat malmené par la mondialisation libérale.
    Le positionnement actuel du parti de MLP met la France à l’abri provisoire de l’émergence d’un mouvement de type Syriza ou Podemos (gauche radicale) que Mélenchon rêve d’incarner.
    Attention à une droitisation trop prononcée du programme qui n’amènerait que très peu d’électeurs en provenance de LR (où le libéralisme économique n’est pas dans ses gênes) ; elle risquerait, au contraire, de redonner de l’air à la gauche du PS qui récupérerait d’anciens électeurs de gauche.

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  8. 20/01/2016

    Hé bien, Monsieur de Soyer, voilà donc un livre que je vais me procurer et qui rejoint une de mes citations préférées:
    « Pour un homme politique l’important ce n’est pas ce qui est bon pour la France ( ou son économie) mais ce qui est bon pour être réélu »

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  9. René de Sévérac

    20/01/2016

    60% viennent de droite,
    ce qui signifie que 40% sont de tradition de gauche.
    La conclusion de l’auteur est choquante :
    et mon point de vue est strictement à l’opposé.
    J’ai observé le vote en Occitanie (MP+LR) qui a manifesté une évoltion au premer tour suivi d’une retractation au deuxième.

    Donc, le slogan « extrême-droite » marche fort sur l’électorat peu mobilisé !
    Donc, « Ce qui signifie, en particulier, (…) défendre l’État-providence » (stratège) et certainement éviter la démagogie du type retraite à 60 ans.
    Encore un effort, Marine.

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    • RASPOUTINE

      24/01/2016

      un socialiste qui ne ment pas n’est pas un socialiste !

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  10. DE SOYER

    19/01/2016

    C’est ce que je dis dans mon livre « Economie ou socialisme: il faut choisir ».

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