Les réalités économiques rattraperont les candidats à l’élection présidentielle

Posté le avril 27, 2012, 12:00
7 mins

Pour les Anglais, nos candidats refusent d’expliquer aux électeurs ces réalités qui éclateront après les élections.

Rappelons que nos chroniques se veulent objectives, sans parti pris politique : elles visent à expliquer les vérités de notre époque et les dilemmes auxquels doit répondre la France et les Français dans ce XXIe siècle mondialisé, avec deux évidences :

  1. Nous ne sommes plus l’épicentre du monde du fait de notre poids économique.

  1. Nous ne sommes plus un modèle du fait de nos multiples déficits qui nous placent sous la dépendance de nos créanciers. Un modèle social à crédit ne peut servir de référence.

Pour le journal anglais The Economist, nos candidats évitent les sujets essentiels, la réalité de la crise, l’austérité à venir et le manque de compétitivité du pays. Ils ne veulent pas exposer les indispensables et profonds changements de notre modèle économique et social avec les réformes de l’Etat et les coupes dans les dépenses. Les Français préfèrent-ils vraiment qu’on leur parle de la viande halal et du permis de conduire ? Sont-ils donc totalement incapables d’entendre un discours de vérité ?

Jean-Louis Bourlanges, ancien député européen aujourd’hui à la Cour des comptes, a une explication. C’est vrai, dit-il, les Français ne veulent pas entendre les candidats dire la vérité. Quand Nicolas Sarkozy a voulu s’inspirer du modèle allemand, il a baissé dans les sondages. Sa remontée coïncide avec son abandon des thèmes économiques. A l’inverse, un nombre impressionnant de nos compatriotes sont attirés par les solutions utopiques et même révolutionnaires.

Pourquoi ? A cause d’ « une haine de soi », nous dit Bourlanges. « Les Français se sentent losers ». Une majorité redoute la mondialisation et craint « un déclassement du pays ». Les sondés voient même le Mexique ou le Nigeria dépasser bientôt la France ! Dès lors, il faut cacher cette réalité du déclin ! Parlons d’autre chose. Racontez des histoires, présentez-nous des solutions magiques. Soyez bon tribun !

Comment guérir de la haine de soi ?

Au fond d’eux-mêmes, nos compatriotes savent ce qu’il en est de la situation, ils n’ignorent pas que le pays doit réagir, que la dette impose des efforts et que l’Etat ne peut pas tout. Les candidats leur disent des fadaises et les Français leur en veulent de dire des fadaises.

Comment un peuple guérit-il de la haine de soi ? Peut-être faudrait-il faire appel à un Mario Monti comme en Italie, ou à un Sigmund Freud, écoutant les Français et leur faire admettre « qu’ils peuvent y arriver, que la mondialisation n’est pas cette atrocité, mais une chance, que l’avenir peut être meilleur, que la France a plein d’atouts, que leurs enfants vivront mieux qu’eux ».

Avoir renoncé à dire la vérité aboutit à deux conséquences. La première est la profonde dépression du pays. Les éléments dynamiques risquent de partir à Londres, à Shanghai ou à Melbourne. Croissance zéro, chômage en hausse, la spirale de la déprime ira vite et, mois après mois, elle grossira les voix de la désespérance. L’autre issue est la violence : Nicolas Sarkozy, s’il est réélu, risque de voir le combat se déplacer dans la rue.

François Hollande n’a pas l’avenir plus rose. Il n’aura pas à choisir entre la Bastille et la City. La dette aura voté : ce sera la City. Il devra imposer à l’extrême gauche de devenir churchillien, et renoncer aux utopies. Avec quelles conséquences sociales ?

Marine le Pen voit la priorité dans l’immigration et ses conséquences. Que lui répondra la géopolitique, alors que les orages au Sud s’accumulent ?

Trop de scepticisme ? Espérons-le. Peut-être que les Français aiment tout simplement rêver pendant les élections. Ensuite, face aux orages, ils se réveillent et se secouent. C’est possible, notre histoire l’a souvent démontré. C’est aussi notre espérance, faites-là partager.

6 réponses à l'article : Les réalités économiques rattraperont les candidats à l’élection présidentielle

  1. Anonyme

    28/04/2012

    « Il y a eu les innombrables cocus de Sarkozy , ceux de Hollande seront au moins aussi nombreux » Alors que copiant benoîtement l’antisarkozysme primaire des bobos, au point de se montrer plus bobos que des bobos, ceux qui se voient cocufiés par Sarko alors qu’ils l’ont été par les crises, personne ne se trompe en se voyant futur cocu de Hollande et des bobos qu’il représente.

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  2. Blanc

    28/04/2012

    Je viens de voir le faux-débat Hollande-Sarko. Très édifiant. Ce n’est pas possible!… Il faut à tout prix abattre ces deux cons à moitié branques: Sarko l’empathique agité et Hollande le petit bonhomme moyen-moins honte de son papa et de sa maman. Hollande nul, archinul, lamentable, plus bas que tout, double zéro. Sarko brillant extrêmement brillant… toujours très empathique et très proche des gens au milieu desquels il vit. Là, au milieu des journalistes, il devient journaliste lui-même, il les comprend, il les aime, il est des leurs. Aujourd’hui il vit et vibre avec le peuple. Il le comprend, partage ses souffrances et est sincèrement avec lui. L’empathie, c’est là son gros, son énorme défaut. En effet, demain, s’il a de nouveau le pouvoir il va « empathiser » systématiquement avec les gens au milieu desquels il va vivre, c’est-à-dire la haute finance et les multinationales. Il est trop fragile et trop prêt à empathiser avec les gens qui l’entourent. Il y a quelques heures c’était avec les journalistes, aujourd’hui ce sera avec le peuple. Demain ce les banquiers. Il n’y peut rien, il est foutu comme ça… c’est sa nature. Aucune éthique ne le structure. C’est un éternel adolescent empathique et fragile. D’ailleurs il le porte sur lui. On ne peut absolument pas lui faire confiance. Pour ce qui est de Hollande il n’y a absolument aucun problème. Il a été un bébé con, un enfant con, un étudiant con qui a sûrement fait le désespoir de ses parents et il est aujourd’hui un quinquagénaire con. Lui aussi le porte sur lui. Avec Sarkozy, ce qui est terrible c’est qu’il est brillant, vraiment brillant et sincère, vraiment sincère à chaque fois. Hier il était au milieu des banquiers plus banquier que les banquiers, aujourd’hui il est au milieu du peuple plus peuple que le peuple. Un vrai caméléon. Mais un caméléon sincère, malgré lui, c’est comme ça, c’est sa nature. Et sympathique en plus. Il est même capable de bouffer le FN. A abattre sans remord. Froidement. Il vaut mieux avoir un con qui est plus con qu’un con qui est con à la tête de l’Etat, plutôt qu’un faux ami. Il faut décapiter l’UMP et l’absorber. Ensuite inonder l’assemblée nationale de députés nationalistes, imposer la cohabition avec un premier ministre nationaliste et virer couille-molle sans ménagement. Comment les français peuvent-ils encore croire en Sarko l’employé de banque d’un côté du guichet et en Hollande le petit balayeur qui passe la serpillère côté clients. Pour le moment les français ouvrent grand les yeux et regardent. mais quand est-ce bon Dieu de bon Dieu qu’ils vont ouvrir les yeux et VOIR ?!

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  3. jopechacabri

    27/04/2012

    Remplacez donc dans le texte "les Français" par les "Chroniqueurs"

    Remplacez "le peuple" par "les médias"

    Remplacez "nos concitoyens" par les "bobos-penseurs"

    Cela vous évitera de porter sur les "gens" un jugement si catégorique

    La médiacratie vaincra !

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  4. quinctius cincinnatus

    27/04/2012

    le Pays n’a que faire d’une psychanalyse , cette arnaque thérapeutique de la Vienne décadente  et , pour rester dans le domaine de la psychiatrie , ce dont il a besoin c’est d’une série d’ électrochocs … Ceux ci viendront bien plus tôt que ne le pense le docte François Hollande ( l’ autre expert en entourloupes républicaines  )

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  5. quinctius cincinnatus

    27/04/2012

    J’espère , pour vous , que vous plaisantez , cher Monsieur : le Président François Hollande a affirmé haut et fort , hier , et en martelant virilement ses mots de son petit poing enfantin que : "ce ne serait pas l’Allemagne qui dicterait à l’ Europe ce qu’elle doit faire …"  à bon entendeur salut !
    Il y a eu les innombrables cocus de Sarkozy , ceux de Hollande seront au moins aussi nombreux
    Vive la Révolution … mais  Nationale !

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  6. Blanc

    27/04/2012

    Les Banques ! Leurs sièges sont plus somptueux, plus monumentaux, plus impressionnants que notre Assemblée Nationale ou notre Sénat. Les banques face à l’Etat pratiquent l’usure. Sans rien faire, sans créer aucune richesse, elles prêtent aux gouvernements à des taux exorbitants l’argent fruit du travail du peuple… puis elles dictent aux gouvernements la façon dont ils doivent traiter le peuple. Rien ne se fait sans leur accord. On peut avoir les bras, les têtes, les outils et les matériaux, si elles ont décidé que la production doit s’arrêter parce que c’est mieux pour elles, on obéit, on arrête tout et des milliers de gens tombent dans la misère. Sans être utile en quoi que ce soit à la collectivité, sans produire aucune richesse, elles dirigent le monde. Si elles ne font pas assez de bénéfices, il faut, soit plonger toute une partie de la population dans la misère, soit que les Etats les renflouent, c’est-à-dire que la population travaille plus. Aucun gouvernement de droite ou de gauche ne désobéirait aux banques. Ce serait signer son arrêt de mort. Les banques : Grandes maîtresses et prêtresses de la droite… la droite n’y touchera jamais. Les banques : ignobles et monstrueux parasites de tout le corps social avec leurs cortèges d’aberrations et d’injustices sont le fond de commerce de la gauche… la gauche n’y touchera jamais. Voter pour la gauche ou pour la droite, pour Hollande ou pour Sarkozy c’est voter pour la banque, la bête immonde ! Vivement le 1er mai que l’on sache ce qu’aura décidé Marine et son équipe.

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