Les routes et la fin de la décentralisation

Posté le 06 septembre , 2018, 3:57
2 mins

Le projet de limitation de vitesse à 80 km/h ne masque-t-il pas autre chose ? Bien évidemment que si !

Il faut savoir qu’à travers la politique de l’État, ces dernières années, les départements ont été véritablement pillés.

L’État a violé les textes de la décentralisation, notamment le premier article du Code général des collectivités territoriales (art. L1111-1) : «Les communes, les départements, les régions s’administrent librement par des conseils élus.»

Désormais, l’État décide, et les départements – avec leur fiscalité locale – payent.

Du fait de l’abandon aux départements de toutes les charges sociales (pauvreté, enfance, troisième âge, immigration, etc.), ces derniers ont dû réduire sévèrement leur budget consacré à l’entretien des routes.

Il s’ensuit actuellement des protestations d’usagers sur l’état déplorable de certaines routes, état qui peut devenir très dangereux.

Une grande majorité de départements s’imposent de ne pas augmenter la fiscalité locale.

Il s’ensuit une difficulté presque insurmontable pour gérer leur budget.

L’État s’étant, en plus, «débarrassé» d’une partie de ses routes «nationales», a bien sûr parfaitement compris que l’état du réseau allait rapidement se dégrader et décide de limiter à 80 km/h la vitesse sur la plupart des routes françaises (900 000km).

Cette mesure s’accompagne de la pose de milliers de panneaux qui sont payés par les départements.

Deux motifs ralentiront ainsi la vitesse des automobilistes : les radars – très juteux pour l’État – et les «nids-de-poule» !

L’idée d’un GPS moteur qui réglerait la commande des vitesses des véhicules n’a naturellement pas été retenue, alors que c’était techniquement possible, car cela supprimerait totalement les recettes des PV pour excès de vitesse.

Guy Picard
mgpicard@sfr.fr
Ancien vice-président du Conseil général du Doubs

4 Commentaires sur : Les routes et la fin de la décentralisation

  1. AMA

    10 septembre 2018

    Par de petites mesures contraignantes et inutiles, l’Etat actuel cherche à imposer sa domination totalitaire à une population dont il redoute l’insoumission.

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  2. HansImSchnoggeLoch

    7 septembre 2018

    La recentralisation des décisions est en marche.
    En même temps le financement de ces décisions reste décentralisé.

    La promesse du “en même temps” faite par le candidat Macron est réalisée.
    Qui pourra s’en plaindra?

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    • HansImSchnoggeLoch

      8 septembre 2018

      Correction: Qui pourra s’en plaindre?

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  3. ELEVENTH

    6 septembre 2018

    Les responsables des collectivités locales, qu’il s’agisse de mairies, communautés de communes, département, conseil régional, etc, etc, feraient bien de regarder aussi dans leurs yeux pour y voir les énormes poutres qu’ils y ont inséré, plutot que les pailles dans ceux de l’Etat. Combien de ces gens gèrent déraisonnablement leurs unités, pratiquant le clientèlisme et le copinage à outrance, sans se soucier des conséquences? Chacun se prend pour un petit baron – ou marquis- et entend “manager” son zinzin à sa manière. Penchez vous, ne serait ce que sur les questions d’urbanisme et de permis de construire qui souvent partent en vrille en raison du copinage d’élus, alors qu’il en était autrement avec la DDE (même si parfois certains de cet organisme n’étaient pas blanc-blanc). En dehors du supplément de personnel du au transfert de certaines “compétences” , ces organismes sont de vrais bureau de placement pour fonctionnaires locaux, pas toujours compétents mais toujours arrogants, qui les contribuables doivent prendre en charge. Les financements à des associations à buts improbables, tous azimuts chargent les dépenses : je connais une commune du Sud qui finance une équipe de joyeux drilles, amateurs occasionnels de ballon, intitulée “les crevettes roses”. N’importe quoi….
    La larme à l’oeil, c’est attendrissant mais trop souvent mensonger. Regardez de plus près la ventilation des dépenses : il y a souvent de quoi s’instruire.

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