Les profs autorisés à recourir à la coercition… en Angleterre

Les profs autorisés à recourir à la coercition… en Angleterre

Fouilles facilitées, anonymat de l’enseignant assuré en cas de plainte d’un élève contre lui, usage de la force légalisé si la
situation l’impose : voici quelques unes des mesures présentées ce mercredi le ministre de l’Education britannique Nick Gibb pour renforcer la discipline dans les établissements scolaires.

Interviewé par le Daily Telegraph, Nick Gibb explique qu’une modification des règles est devenue nécessaire pour «inverser le
rapport de forces en faveur des professeur et restaurer le calme dans les classes». «Rendre leurs droits aux enseignants bénéficiera à tous les élèves», assure le ministre, qui y voit un moyen de
relever les performances globales du système éducatif. Selon lui, les «enfants mal éduqués» savent détecter les «faiblesses» des professeurs et perturbent les cours au détriment de
l’apprentissage des autres élèves.

Les circonstances dans lesquelles les enseignants pourront faire usage de leur force physique vont ainsi être recensées de
façon plus précise. Cela est déjà permis à l’intérieur des salles de classe, du moment que le professeur ne fait pas mal à l’enfant. Mais dans la pratique, les professionnels osent rarement
toucher leurs élèves par crainte des poursuites judiciaires. Ainsi, les professeurs ne devront plus hésiter à contraindre un élève à quitter la classe s’il la perturbe, ou à l’enfermer dans une
salle à part pour le maîtriser si la situation l’exige.

Le gouvernement entend par ailleurs préserver la réputation des professionnels dans un pays où un professeur sur quatre se voit
faussement accusé par un élève de maltraitance, avec seulement 2% des plaintes donnant lieu à une condamnation. Ceux qui feront l’objet d’une enquête, qu’elle soit conduite par la police, l’école
ou les services sociaux, verront ainsi leur anonymat préservé, jusqu’à l’inculpation. Le pays a encore été secoué récemment par l’histoire de Teresa McKenzie, directrice adjointe d’une école dans
le Cheshire, accusée par un garçon de 16 ans d’avoir eu des relations sexuelles avec lui après lui avoir envoyé des messages d’amour brûlants. Le tribunal l’a blanchie quand on s’est aperçu que
l’adolescent avait un lourd passé de mythomane et avait accusé à plusieurs reprises d’autres enseignants et des employés des services sociaux de lui faire des avances.

Autre mesure significative de ce «plan discipline» : les motifs de fouille sur des élèves vont être élargis. Jusqu’à alors, les
professeurs ne pouvaient intervenir que s’ils recherchaient un éventail restreint d’objets (alcool, armes, drogue et objets volés). Cette liste inclura à partir de l’automne la pornographie, les
pétards, les cigarettes, le tabac, et toutes substances hallucinogènes, ainsi que les appareils photos, les baladeurs mp3 et les téléphones portables. Ces derniers font l’objet de plaintes
régulières de la part des enseignants qui y voient un moyen, pour les élèves, de les déstabiliser pendant les cours, et de nombreuses écoles ont introduit dans leur règlement des règles
restreignant leur usage.

Enfin, les enseignants pourront coller les élèves après la classe sans prévenir les parents au préalable. Jusqu’à présent, la
famille devait être informée au moins 24 heures à l’avance par les professeurs par voie écrite.

Une représentante du NASUWT, le syndicat enseignant majoritaire au Royaume-Uni, salue dans le Guardian ces initiatives, même si elle déplore que l’anonymat en cas de plainte ne soit pas étendu au procès. La
plupart du temps, rappelle-t-elle, les rumeurs circulant sur l’enseignant pendant le procès finissent par pousser les établissements à les faire muter, même en cas de non-lieu.

Immigration et violences scolaires sont intimement liées

Bientôt des parents pénalement responsables ?

La suspension des allocations familiales votée à l’Assemblée

« Jeunes » vs forces de l’ordre : « attaques systématiques »

Partager cette publication