L’immobilisme comme méthode de gouvernement

L’immobilisme comme méthode de gouvernement

Jean-Pierre Raffarin ne manque jamais de présenter l’action de son gouvernement comme étant inspirée par la volonté de réformer la France en profondeur. Il ajoute que les réformes par lui mises en route avaient été longtemps retardées par ses prédécesseurs socialistes.
En vérité, les réformes réellement engagées sont fort limitées, aussi bien en nombre qu’en intensité. La réforme du financement des pensions de retraite est un petit replâtrage qui n’est absolument pas à la hauteur du problème posé, en particulier en terme démographique ; la réforme de l’assurance maladie ne produit pour l’instant aucune économie. Quant au remodelage de la loi sur les 35 heures, il n’a rien changé au maltusianisme présidant à la gestion du marché du travail. Sur ces trois terrains, le gouvernement a fait le minimum, dans la limite étroite de ce qui lui semblait acceptable par les soi-disant forces vives syndicales. Un simple pansement sur des blessures qui relevaient pourtant de la chirurgie.
Il est vrai que les prédécesseurs socialistes avaient, sur plusieurs dossiers, résolument arrêté les pendules jusqu’à la fatidique échéance électorale de 2002. Mais, au moins sur d’autres dossiers, pouvaient-ils se targuer d’avoir engagé des réformes importantes, quand bien même on ne les approuve pas. Ainsi, des 35 heures, qu’aucun syndicat n’avait jamais réclamées, que le PS, poussé par Martine Aubry, et Dominique Strauss-Kahn, a transformées en cheval de bataille.
Les électeurs de droite attendaient de Jacques Chirac un volontarisme du même genre, mais évidemment en sens contraire. Le dossier du service minimum garanti dans les transports en commun illustre l’immobilisme qui caractérise, au-delà de l’action du gouvernement, la politique souhaitée personnellement par le Président de la République. Trois ans après des promesses électorales solennelles, on en est encore à écouter des syndicalistes dont on sait depuis longtemps qu’ils sont vent debout contre une telle réforme.
La volonté politique manque même pour de simples réformettes fiscales. Après dix ans de tergiversations, la redevance télévisuelle est maintenue, adossée désormais à la taxe d’habitation.
Comme on leur cède à peu près tout, les permanents syndicaux se montrent arrogants. Réagissant à la présentation par le Gouvernement de « 225 mesures pour améliorer la productivité de l’État » le Secrétaire général de la FSU, premier syndicat de la fonction publique d’État, a osé dire : « Toute démarche de chasse au gaspi est de mauvais aloi ». On voit bien qui commande…

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Commentaires (5)

  • t;larger Répondre

    de meme que pour etre patron il ne suffit pas de fumer des gros cigares…

    23/09/2004 à 21 h 11 min
  • coutant Répondre

    Dans les régformes, et les cadaux au milieu, il y a les classes moyennes, un peu moins de la moitieé des contribuables. Cette classe est vraiment dans la moyenne, gagne de trop pour ne pas bénéficier d’avantages sociaux, assistanat, alloaction, et exonération de fiscalité comme les classes dite défavorisées. Et il y a ceux qui sont déjà fortunés au départ, il n’ont que la fiscalité, et encore, il accéder à des systèmes financier permettant des avantages fiscaux. Pour les augmentations de bas salaires, à force d’augmenter les bas salaires, un nombre important de travailleurs sans qualification gagneront autant que des travailleurs qualifiés,après, ça préntera aucun intérêt d’avoir une qualification professionnelle, ce sera rentable d’être sans aucune qualification, que de ce casser la tête pour acquerir une qualification et un savoir faire. Il faut être conscient, que pour être ouvrier, il ne suffit pas d’enfiler un bleu de travail

    22/09/2004 à 23 h 23 min
  • Regorzaracla Répondre

    Il semblerait que tout le monde soit d’accord pour réformer. Ce qui veut dire que ça ne va pas du tout et que tout le monde (à droite ou à gauche)ait envie que ça change. Mais qui est donc capable d’entreprendre de vrais réformes dans ce pays ? C’est plus lamentable de faire croire qu’on a réformé pour se donner bonne conscience (ou peut être pour satisfaire son éléctorat)que de renoncer devant les levées de boucliers. Vivement un homme énergique et courageux qui réunirait autour de lui une vraie équipe avec une vraie volonté. Existe-t-il au moins?

    22/09/2004 à 12 h 38 min
  • Pascal Busnot Répondre

    Vous avez écrit : (…) C’est un signe de vieillesse. J’ajoute : Ou de défiance à l’égard des élites…

    21/09/2004 à 15 h 03 min
  • LEVIOC Répondre

    Ce qui caractérise surtout les réformes entreprises par les gouvernements Raffarin, c’est leur caractère providentiel pour les classes capitalistes ou simplement riches, alors que les travailleurs sont pratiquement abandonnés à leurs 35 heures et à leur chômage. Disposant d’une majorité plus que confortable et à la botte de Chirac, ce gouvernenemt n’a pas su (alors qu’il l’aurait pu) entreprendre les réformes de base dans différents domaines qui auraient remis la France dans le peloton de tête. A sa décharge, on peut dire que notre peuple est d’une façon générale rétif à toute réforme importante comme à toute modification de ses vieilles habitudes. C’est un signe de vieillesse.

    21/09/2004 à 5 h 45 min

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