Loi sur les OGM et réforme des institutions

Posté le 21 mai , 2008, 12:00
9 mins

La semaine dernière a vu deux « couacs » assez frappants au sein de la majorité parlementaire. Le premier concerne le projet de loi sur les OGM, le second la réforme des institutions : deux dossiers qui tenaient à cœur à Nicolas Sarkozy, ce qui rend le camouflet plus cuisant encore…

S’agissant du dossier OGM, le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il est devenu particulièrement difficile à un observateur de deviner ce que veut le gouvernement : tantôt, on apprend dans la presse que l’objectif est de mettre en place une législation sévère, empêchant la dissémination des semences génétiquement modifiées ; tantôt on entend qu’il s’agit au contraire de libérer la recherche et d’en finir avec un moratoire qui nous aurait conduits à un retard technologique insurmontable.

Sur ce dossier, j’admire le ton péremptoire des uns et des autres. Je serais bien en peine d’être aussi affirmatif que ce que j’entends dans les bouches de personnes qui, manifestement, n’ont eu sous les yeux que les argumentaires de Monsanto ou de José Bové. En particulier, je n’ai pas entendu dire qu’il soit actuellement possible de différencier, en un temps suffisamment court et avec un coût suffisamment faible, pour que la chose soit envisageable dans une analyse qualité standardisée, un aliment génétiquement modifié d’un autre qui ne le serait pas. Ce qui restreint tout de même singulièrement la portée pratique du débat !

En revanche, ce qui est certain, c’est qu’il faut choisir une option : soit la liberté de recherche, soit la protection de l’environnement et de la santé publique. Les deux optiques ont évidemment leur légitimité, mais ne pas choisir, comme on le fait depuis tant d’années, est la façon assurée de choisir le pire. Quant à mélanger les deux logiques, au point qu’il devient absolument impossible à quiconque de deviner de quoi il retourne, c’est une autre façon de ne pas choisir. Peut-être encore pire, si la chose est possible, que le non-choix purement attentiste. Car, outre les inconvénients de l’attentisme, la majorité y a trouvé le moyen de se diviser, en un moment particulièrement inopportun…

À tel point que l’on se demande si certains chefs de ladite majorité n’ont pas profité de l’occasion pour semer eux-mêmes des ferments de division, espérant en récolter des fruits dans la débâcle annoncée de Sarkozy et Fillon.

Différents bruits de couloir tentent d’expliquer cette défaite parlementaire. On a parlé du fait que le groupe PS aurait volontairement sous-estimé le nombre de ses procurations, pour que le groupe UMP ne fasse aucun effort auprès des députés absents pour augmenter le nombre de ses propres procurations.
Ce qui expliquerait la mise en minorité de l’UMP. On a également parlé d’une tactique déjà utilisée par la droite lors des débats sur le Pacs : certains députés PS se seraient cachés à proximité de l’hémicycle pour s’y rendre rapidement et massivement, prenant ainsi l’UMP de vitesse. Dans tous les cas, il semble que les caciques de l’UMP se soient laissés avoir comme des débutants. Et surtout il semble que cela n’ait pas fait de peine à tout le monde.

Or, le conflit des personnes est d’autant plus exacerbé que les débats sur les projets sont atones. Le lancement des grandes manœuvres préparatoires à 2012 ne peut donc pas être une nouvelle réjouissante sur la bonne santé de la droite parlementaire. On se gausse beaucoup à l’UMP de l’état du PS, mais le parti majoritaire est-il dans un état si différent ?

Le deuxième raté de la majorité est peut-être encore plus surprenant. Il s’agit du rejet du texte de réforme constitutionnelle par la commission des Affaires étrangères
saisie pour avis. Manifestement, un certain nombre de députés UMP ont voté contre la suppression du référendum obligatoire pour toute nouvelle adhésion à l’Union européenne prévue par le texte – ce qui est le plus souvent interprété comme un geste en direction d’Ankara.

Ces loupés sont sans doute bénins (le projet de loi sur les OGM sera tout de même adopté prochainement en commission mixte paritaire et le rejet d’un texte par une commission saisie pour avis n’a pas grande importance législative), mais ils révèlent tout de même un sérieux malaise dans la majorité.

Il n’existe pas (ou très peu) de sarkozystes, comme il existait des chiraquiens. Par conséquent, aux premières turbulences, les troupes s’éloignent. C’est peu glorieux sans doute, mais c’est humain et c’était prévisible. La seule façon de retenir lesdites troupes et d’éviter de nouveaux « couacs », c’est de proposer un projet crédible et mobilisateur pour la droite. Et ce projet tarde à venir…

Partager cet article sur Facebook

Recommander cet article sur les sites de syndication d’information :

7 Commentaires sur : Loi sur les OGM et réforme des institutions

  1. sas

    26 mai 2008

    Le MAC barnier……ancien ministre de l outre mer donc FM……viré par la lourde et revenu par la fenêtre…..mis en examen et jamais inquiété dans l affaire de l incinérateur d’ ALBERVILLE…….une burne parmis les burnes……qui aide les poôôôvres petits gars qui ont du mal a payer leurs traites sur des bateaux de 1 millions d euros……

    ……..qui donne des aides sociale pour compenser "claniquement " un gaz oil supérieur à 40 cts le litre….et lorsque le baril sera a 200 dollards , ils lancera un sou/sou…..un pôt commun ???? alors que la TPPI fiscalise le litre à hauteur de 80%…..

    lorsqu’on se rapelle , qu’il etait au bord des larmes d’avoir été congédié sans ménagement par chirac…..il n y a rien a attendre des gens qui se sont déjà trompé……20 fois….

    sas 

    Répondre
  2. EIFF

    25 mai 2008

    « Je ne peux rien faire sans Bruxelles »

    Michel Barnier, ministre français de l’agriculture et de la pêche, dit on.

    Répondre
  3. sas

    24 mai 2008

    Atous les démocrates de ce site……

    pour la loi sur les OGM , à l’assemblée nationnale……ils etaient une trentaine pour le vote…..de nuit…sur près de 600 députés……

    ripoublique vous avez dit ????????

    ils se fouttent ouvertement de nos tronches……la france du bas ne comptes décidément plus , si elle n’a jamais comptée….

    vive une reprise en mains musclées…

    sas

    Répondre
  4. sas

    22 mai 2008

    Encore faudrait-il qu’ils ne soient pas cooptés, corrompus, décérébrés et asservis……

    C’est exactement ca mastricht et lisbonne…….nous n’avons plus aucun pouvoir conscient et voulu pour les courageux et les besogneux…….

    alors que peuvent faire les manches à couilles habituels ????????

     sinon singer et gesticuler inutilement….

    il faut sortir de l europe et reprendre nos destinées chrétienes, gauloises et lorales ;en mains….

    et c’est pas naguy bocsa qui le permetra…

    ni l autre conne d’ailleurs….

     sas

    Répondre
  5. IOSA

    22 mai 2008

    Certes il est vrai qu’a cause de certains politiques d’autres électeurs finissent par dégoût à flirter avec d’autres partis et par croire que c’est la seule solution d’en finir avec une droite qui n’a plus rien de droite, du moins tel qu’elle devrait être.

    Le clivage politique est une connerie que notre président défend ardument depuis 1 an et celà sans se soucier vraiment du peuple qu’il est sensé représenter.

    Ce qui en découle de toutes ses actions est le même procédé qu’employaient les médecins d’antan pour toutes les maladies…..une saignée.

    Mais là c’est une hémorragie qui ne peut être traitée de cette façon.

    SUR LES OGM……

    A force de traiter les plants pour les rendre plus résistants, les insectes finiront par changer d’habitude alimentaire, mais alors….ils se tourneront vers quoi ?… et les autres espèces animales qui les mangent ?

    Personne ne parle de mutation d’espèces et pourtant nous faisons tout pour que celà arrive sans se soucier de demain, de l’avenir de nos enfants…

    En fait, c’est le fric d’abord !

    Répondre
  6. Florin

    21 mai 2008

    Le terme même de "couac" ne veut strictement rien dire.  Tout comme le cri du singe au sommet du cocotier.

    Les députés (pour une fois !!!) ont le courage de débattre, de s’exprimer et de s’opposer, le cas échéant, aux oukases venus d’en haut.

    ON NE PEUT QUE S’EN REJOUIR. Aux Usa c’est depuis longtemps le cas, les députés se sentent un devoir de loyauté envers leurs électeurs et non pas, forcément, envers leur parti. Sur un sujet technique comme les OGM, le clivage gauche-droite et donc le vote partisan seraient une monumentale connerie.

    Si, dans 50 ans, nos petits-enfants seront malades et contaminés par une des nos "magnifiques conquêtes scientifiques", personne n’ira leur dire ,hé-hé, moi, j’y suis pour rien, j’ai toujours voté à droite’ (ou à gauche, ou au centre, …).

    Arrêtons de demander aux députés de rester en garde-à-vous. Demandons-leur de travailler, de REFLECHIR surtout. De suivre leur "âme et conscience".

    Répondre
  7. sas

    21 mai 2008

    Les COUACS sur les O G M  sont la simple démonstartion des mises en gardes répétitive de JEAN MARIE LEPEN…….les assemblée nationnale etant devenues de simple chambre d’enregistrement de décisions vennues d’ailleurs…..de bruxelles entre autre……les tergiversations et les fausses rixtes……nous confirment ce que nous devrions savoir déjà…..

    c’est que d’autres décident et légifèrent pour nous…..et pas que pour notre bonheur….

    faut être con pour ne point le voir….

    c’est pathétique……et sas est convaincu que certains député pensent sincèrement faire de la résistance…..

    vive le FN, vive l’indépendance…….et retournons à nos sources….gauloises

    sas

    Répondre

Répondre

  • (pas publié)