Loi sur l'immigration : mise au point

Loi sur l'immigration : mise au point

Prenant à partie à la fois ceux qui critiquent le projet et ceux qui montrent leurs muscles en le soutenant, Bruno Gollnisch a déclaré ce matin lors d’une conférence de presse :

« le texte de loi présenté par le gouvernement […] n’est rien d’autre, pour l’essentiel, que la transposition en droit français, obligatoire, de trois directives européennes , qui, comme telles, ont été discutées et votées au Parlement européen. Il se trouve que je me suis exprimé sur chacun de ces textes à l’époque. Il s’agit :

  1. I du rapport Weber (A6-0339/2008) qualifié de Directive « Retour ». En réalité, ce texte tel qu’amendé organise beaucoup plus les droits des clandestins expulsables et leur maintien en Europe qu’il ne garantit leur retour. La rétention en centres fermés ? Un dernier recours, extrêmement encadré. Sa durée de 18 mois ? Ce n’est qu’une limite supérieure, exceptionnelle : les Etats qui ont des plafonds légaux inférieurs les conserveront. Le délai de départ volontaire ? Il évite aux intéressés l’interdiction du territoire de l’Union. Et les Etats sont invités à procéder au moindre prétexte à une régularisation. Autrement dit, la France, qui a la législation la plus laxiste d’Europe, ne sera pas obligée d’en changer ni de la durcir ! Mais M. Sarkozy pourra faire croire le contraire, servi en cela par les gesticulations théâtrales de la gauche. […]
  2. du Rapport Fava (A6-0026/2009), prévoyant des Sanctions à l’encontre des employeurs de ressortissants de pays tiers en situation irrégulière. On ne peut qu’approuver l’interdiction générale d’emploi de travailleurs en situation irrégulière pour dissuader l’immigration clandestine. Comme on ne peut qu’approuver les sanctions contre les employeurs qui recourent, souvent pour en abuser, à cette main d’œuvre et qui ne sont rien d’autre que des négriers des temps modernes. Quelques bémols cependant. Une fois de plus, l’Union européenne profite d’un dossier reposant sur une base juridique communautaire (1er pilier) pour étendre ses compétences quant à l’harmonisation du droit pénal des Etats membres. […]
  3. enfin du Rapport Klamt (A6-0432/2008) , relatif à l’ « Immigration hautement qualifiée » (Carte bleue européenne). La Carte bleue européenne, prétendument réservée aux travailleurs hautement qualifiés, offrant à ses bénéficiaires la liberté de circulation et d’installation dans tous les Etats membres de l’Union européenne, sera une nouvelle pompe aspirante pour une immigration qui ne sera pas plus contrôlée au niveau de l’Union qu’elle ne l’est aujourd’hui dans bien des pays au niveau national. Ouvrant un droit instantané au regroupement familial et sans réelle limite de temps, elle encouragera une immigration permanente de peuplement. Elle est l’organisation bureaucratique du nouvel esclavage moderne, qui choisit désormais ses victimes sur diplôme, et non pour leurs muscles ou leur dentition. Elle privera les pays en développement des cerveaux dont ils ont tant besoin, aggravant leur situation économique et garantissant la poursuite sans fin d’une immigration illégale croissante. Elle instaure un seuil de rémunération minimal totalement aberrant et arbitraire, ne tenant aucun compte de la réalité ni des secteurs ni des métiers concernés. Avec une double conséquence prévisible : l’entraînement vers le bas des salaires des Européens les plus qualifiés, qui seront encore plus tentés qu’aujourd’hui de s’expatrier hors d’Europe ; l’exploitation des immigrés, avec l’absence de garantie pour eux d’obtenir des salaires vraiment à la hauteur de leurs qualifications. Ce texte est totalement inacceptable. […]

Quant à la fameuse déchéance de nationalité. Elle n’est pas dans le texte de loi ! Elle résulte d’un amendement, certes gouvernemental. Pour tomber sous le coup de cet amendement, il faudra avoir tué un policier ou un gendarme ! Si l’on a seulement estropié, blessé, etc. ; rien ne change ! […] Au demeurant le « déchu » ne sera pas expulsé pour autant ! Sarkozy était contre la double peine ! Vraiment : De qui se moque-t-on ? […]

En résumé : Les immigrationnistes ont mené une campagne de désinformation contre cette loi […]. Ce n’est que la comédie politicienne bien rodée entre gauche et droite : la gauche proteste pour obtenir des droits supplémentaires pour les immigrés, qu’elle obtient, tout en donnant à la droite un label de fermeté factice. » (vu ici)

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