Lu dans la presse

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Les paradoxes et contradictions de nos politiciens

J’hésite à me prononcer sur une alternative : soit nos politiciens manquent de mémoire, soit ils ne manquent pas d’audace. A les entendre et à les lire, les paradoxes, en tout cas, ne les effraient pas.

Giscard : contradiction par omission

Témoin cet article de Valéry Giscard d’Estaing, publié dans Le Point du 25 août sous le titre : Les deux crises. L’« ex » y écrit :

« Alors que, pendant les vingt-deux premières années de la Ve République, la dette publique de la France a été maintenue à un niveau modéré (20 % du PIB du pays en 1980), conformément à la tradition financière de notre pays, poursuivie par le général De Gaulle et son ministre des Finances (autrement dit lui-même, VGE ne pratique pas la fausse modestie, ndlr…), les gestions suivantes l’ont fait exploser… »

Comme il le rappelle, la dette a, certes, doublé sous Mitterrand et continué à croître de manière spectaculaire par la suite. Mais Giscard ne manque pas d’aplomb lorsqu’il ajoute :

« Le pouvoir politique a encore les moyens de redresser la situation, mais cela supposerait de sa part, comme de la part de l’opinion publique, un changement de culture, car le monde politique français reste fondamentalement dépensier. »

L’ancien président ne manque pas d’aplomb, dis-je, parce qu’aucun budget de l’Etat n’a été voté en équilibre en France depuis 1974… date de son élection à la présidence de la République. Certes, c’est aussi l’année du choc pétrolier ; mais peut-il pour autant se dédouaner d’avoir ouvert la boîte de Pandore ?

Aubry : paradoxe de conscience

Autre politique, autre sujet, autre contradiction : dans un entretien également donné au Point, au journaliste qui lui demande si elle est croyante, Martine Aubry répond que la religion relève pour elle de la sphère privée, mais ajoute : « Je retiens du catholicisme dans lequel j’ai grandi une morale et le goût des autres. »

Une morale, mais laquelle ? On a quelque mal à croire qu’il s’agisse de la morale catholique, si l’on se rappelle que la candidate à la candidature, non contente d’avoir animé les réseaux Agir qui militèrent activement contre la venue de Jean-Paul II en France en 1996 pour le 1500e anniversaire du baptême de Clovis, a surtout porté devant l’Assemblée nationale la loi de 2001 en faveur de l’avortement, qui a allongé à 12 semaine le délai légal pendant lequel il est autorisé, supprimé l’obligation de l’autorité parentale pour les parents, institué la prise en charge intégrale des frais d’avortement sur mineures, de manière anonyme afin que les parents n’en soient pas informés, et considérablement restreint la clause de conscience des médecins. S’il subsiste chez Martine Aubry un zeste de morale catholique, elle le cache bien.

Hollande : la fausse contradiction

Dernier exemple en date de contradiction, sur un autre sujet encore : le site Internet de L’Express rapporte ces propos, tenus par François Hollande à l’Université d’été du PS, après les déclarations d’un certain nombre de possesseurs de grandes fortunes qui souhaitent être imposés davantage :

« Les riches demandent, implorent, prient pour être taxés – enfin ! Nicolas Sarkozy n’a pas cédé, il tien bon. Sous la pression de ces manifestants, une digue a sauté. [Ces riches], qu’ils nous attendent, nous arrivons ! » Voilà pas si longtemps, le même François Hollande estimait qu’étaient « riches » les Français qui gagnaient 4 000 euros par mois. Mais au fait, le rival de Martine Aubry a-t-il vraiment changé d’avis ? Que ces « riches » Français moyens se préparent aussi : les socialistes arrivent !

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(1) Commentaire

  • François Répondre

      " Certes, la dette a doublé sous Mitterand".
     NON! Monsieur Menou. Consultez Wikipedia ou le site du ministàre des finances et vous verrez que la dette a été multipliée par 6,7 en valeur absolue et par 2,8 en pourcentage du PIB sous Mitterand!
     Par comparaison, depuis 2007 et pendant la pire crise que nous ayions connu, elle a augmenté de 37% en valeur absolue et de 27% en pourcentage du PIB d’après les mêmes sources.

    30/08/2011 à 22 h 34 min

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