Lu dans la presse : La droite déboussolée

Lu dans la presse : La droite déboussolée

« C’est le pays des Bisounours ! » Confiait un élu UMP au Parisien à l’issue d’une réunion à l’Elysée, après le premier tour des régionales. Le deuxième tour n’a pas encore eu lieu à l’heure où j’écris ces lignes et les résultats définitifs seront connues lorsqu’elles seront publiées, mais ils ne modifieront pas l’analyse générale que l’on peut tirer de ces élections.

Si cet élu UMP parlait de bisounours, c’est parce que le président de la République ne paraissait pas particulièrement mécontent du score du parti majoritaire : « On a frôlé la catastrophe, mais on en est loin ! Malgré une crise historique et des élections de mi-mandat toujours mauvaises, il n’y a pas eu d’effondrement. », affirmait-il. On se rassure comme on peut…

Ce déni de réalité est partagé par le gouvernement et par les principaux barons du parti présidentiel, qui pratiquent la politique de l’autruche. « Il y a toujours plusieurs manières de commenter un scrutin. Plus ou moins fiables. Plus ou moins honnêtes », écrit Céline Pascot dans Minute du 17 mars. « Les dirigeants de l’UMP en ont donné un assez pathétique exemple sur les plateaux de télévision (…), en tentant d’expliquer que si une majorité de Français s’était abstenue au premier tour de ces élections régionales, c’est parce qu’ils ne voulaient pas cautionner la gestion désastreuse, calamiteuse, quasi apocalyptique des présidents socialistes sortants des conseils régionaux. »

« Si les gens (…) placent le parti présidentiel à 26 % des suffrages exprimés, s’ils donnent à la gauche une majorité écrasante de voix (autour de 55 %) comme elle n’en a jamais eue – y compris sous les deux septennats de François Mitterrand – c’est une preuve d’amour envers le parti unique de la majorité présidentielle ? », demande, ironique, Céline Pascot.

« Avec environ 5 millions de voix sur plus de 46,6 millions d’électeurs inscrits, ce n’est pas exactement le meilleur signe de la popularité. Ce serait plutôt celui de la déconnexion d’avec le « peuple de droite » qui avait porté Nicolas Sarkozy au pouvoir et même d’avec le peuple français tout court, qui, à 53 %, l’a élu. »

53 %, c’est le score des abstentionnistes. Ce qui ne signifie évidemment pas que tous ceux qui ont boudé les urnes soient des électeurs de droite, mais à n’en pas douter ces derniers étaient bien représentés parmi les pêcheurs à la ligne du premier tour.

Il n’est pas certain que la meilleure façon de les remobiliser consiste à draguer les voix des écologistes, écrit François d’Orcival dans Valeurs Actuelles du 18 mars :

« Il n’est pas sûr qu’il faille les chercher du côté des écologistes qui fusionnent avec les socialistes. (…) Car l’électeur de droite tempête contre tout ce qui lui paraît s’inspirer des attitudes, des mots, des modes de la gauche parisienne. L’insistance à poursuivre l’“ouverture” à gauche, voulue comme un apaisement de nos divisions par Nicolas Sarkozy, exaspère les élus et leurs opinions. L’affaire Polanski, la violence au lycée, la réforme de l’enseignement de l’histoire vécue comme un abandon, celle de la taxe professionnelle, mal expliquée, qui passe pour une hausse des impôts personnels, le débat sur la taxe carbone, finalement rejetée par le Conseil constitutionnel, sont quelques-uns des motifs de ces sautes d’humeur. »

Nicolas Sarkozy ne l’a visiblement pas compris.

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Comments (5)

  • Anonyme Répondre

    M.SARKOZY a réussi à se faire élire en 2007 sur l’image d’un candidat de droite sans complexe et conscient des réalités et des défis à relever devant lesquels ses prédécesseurs avaient temporisé jusqu’à l’immobilisme.

    Force est de constater en 2010 qu’il a surtout fait une politique de gauche sur l’essentiel (RSA, droit au logement opposable, déficits publics) de continuité sournoise sur les vieux sujets sensibles (immigration, sécurité intérieure) et de droite anecdotique pour entretenir l’illusion (heures supplémentaires, bouclier fiscal).

    Les résultats des dernières élections devraient le conduire à méditer cette remarque d’Abraham Lincoln : On peut tromper quelqu’un tout le temps, tout le monde quelque temps mais on ne peut pas tromper tout le monde tout le temps.   

     Personnellement je n’ai pas cru en lui comme candidat compte tenu de ce que je l’avais vu faire en  tant que ministre de l’intérieur, ses lois anti immigration étant  des chefs d’oeuvre techniques de duplicité juridique. Aujourd’hui je ne suis toujours pas près d’y croire à moins qu’il agisse réellement et dans le bon sens.  

    Pour le moment je vois une émule du Jacques Chirac jeune, actif et dynamique en apparence, coureur de jupon, maniant habilement la formule choc (souvenez vous des odeurs) mais pour mieux laisser se poursuivre des mouvements de fond contre lesquels il ne veut en réalité pas lutter. 

    27/03/2010 à 2 h 25 min
  • SADOUL Répondre

    Bonsoir,

    On a remis en route la machine à perdre. …Mais j’ai le sentiment que loin de gêner nos puissants qui au passage ont pris moults émoluments et constitué force retraite, la victoire de la gauche correspond profondément à leur attente tant, dans leur for intérieur, ils sont convaincus qu’en dehors  des idées de Marx il n’y a point de salut!!!

    22/03/2010 à 19 h 05 min
  • Antoine Répondre

    La liste des déceptions est longue.. Quand on pense qu’il faut accepter un Ministre qui est ou qui fut adepte du tourisme sexuel, il faut le faire tout de même !!! Bon, c’est vrai que le dit Ministre nous a convaincu qu’il effectuait ces lointains voyages pour se payer des éphèbes de 40 ans et plus, et sans doute aussi la tournée des maisons de retraite ! Et toute la clique gouvernement et députés qui ne pipe mot ! Quelle honte !! Il y a eu aussi le fils à papa propulsé …aux mérites bien sûr !! Allez, vivement 2012 qu’on tourne la page . Jamais plus je ne voterai UMP. Jamais. Je m’en mords les doigts chaque jour. J’ai l’impression d’être souillé, violé.

    22/03/2010 à 17 h 05 min
  • LEBLANC Paulette Répondre

    Il me semble que le problème du dimanche a été aussi une erreur fondamentale.Par ailleurs, qui, dans les médias et ailleurs a osé parler correctement de notre identité nationale. Ce serait pour vous un beau sujet d’étude et de réflexion.

    22/03/2010 à 14 h 21 min
  • MAGNE Répondre

    M. Sarkozy n’a rien à voir avec tout ceci . Il hérite de de Gaulle , Giscard , Mitterand , Chirac , il hérite de la 5 République , avec en prime une crise épouvantable . S’il n’était pas au pouvoir ( je ne suis pas Sarkozyste , ni quoi que ce soit ) , c’est en chaussettes que les Français mendieraient .

    Remerciez – le , mais l’affaire est pliée . La France y va lentement , mais elle y va .

    22/03/2010 à 12 h 39 min

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