Lu dans la presse : Le grand désamour des électeurs de droite

Posté le mars 08, 2010, 12:00
9 mins

« Le chef de l’Etat à son plus bas niveau de confiance », « L’UMP largement devancée par le PS dans les sondages », « L’abstention toujours forte, surtout à droite »… A quelques jours des régionales, ces accroches, à la Une du Parisien du 6 mars, qui titre « Sarkozy à la peine », sont révélateurs du désamour de nombreux électeurs de droite à l’égard du président de la République et du gouvernement.

Béatrice Houchard, qui écrit que « Dans plusieurs régions, des candidats de la majorité confient loin des caméras que c’est difficile, qu’ils s’accrochent mais qu’ils n’y croient déjà plus », conclut : « Avant le premier tour, et surtout entre les deux tours, c’est la mobilisation ou la non-mobilisation de l’électorat de droite qui fera la décision. »

Toujours dans Le Parisien, le politologue Stéphane Rozès explique : « Il y a manifestement toute une partie de l’électorat de droite qui veut manifester son mécontentement par la voie de l’abstention, et non par le vote Front national ou MoDem, à l’égard d’une action présidentielle illisible et de la façon dont Nicolas Sarkozy a exercé sa fonction, notamment à travers l’affaire Clearstream. Quand l’opinion de droite porte sa sympathie sur Jacques Chirac, Dominique de Villepin ou Alain Juppé, elle adresse un message au président sur sa manière de se comporter. »

C’est oublier que Chirac lui-même n’avait pas atteint le score de 20 % au premier tour de la présidentielle de 2002 et n’a sans doute dû sa réélection qu’à la présence de Jean-Marie Le Pen au second tour. Il n’a retrouvé sa popularité qu’après avoir quitté la vie politique. Pour l’instant, Villepin n’est pas crédité de 10 % des intentions de vote à la présidentielle : assez pour assouvir sa vengeance en faisant battre Sarkozy, mais pas pour espérer l’emporter contre la gauche.

« A quoi bon voter pour vous ? »

La véritable raison du désamour est donnée par Valeurs Actuelles, qui rapporte dans son numéro du 4 mars ce que les candidats de l’UMP entendent sur les marchés : « Si le programme du président peut être appliqué indifféremment par la gauche ou par la droite, à quoi bon voter pour vous ? »

« Depuis 2007, les électeurs de droite auront tout vu et tout encaissé, écrit Eric Branca, directeur délégué de la rédaction : l’élévation au rang de ministre de l’Identité nationale de l’homme qui, sous l’égide de Ségolène Royal, jugeait "déshonorantes" pour la France les positions du candidat UMP sur l’immigration ; l’enrôlement de Jack Lang – qui, en 1981, jugeait que la France passait enfin "de l’ombre à la lumière" – au service de la réforme de la Constitution ; le ralliement au président d’ancien ténors de la "Mitterrandie" comme Jacques Attali, Bernard Tapie ou Jacques Séguéla… Et même l’arrivée au gouvernement d’un certain "F. Mitterrand", le neveu de François, objet, à peine nommé, d’un scandale mi-personnel, mi-littéraire… »

Est-ce l’essentiel ? Ce n’est pas sûr. De nombreux électeurs de droite auraient sans doute souscrit à une réconciliation nationale, si cette réconciliation ne s’était pas accomplie à leurs dépens. Ce qui les choque, ce n’est pas tant que les Besson, Kouchner, Amara, Lang, Attali, Rocard, Tapie et consorts se soient ralliés à Sarkozy, que le fait qu’ils se soient ralliés sans avoir eu besoin d’abandonner un iota de leurs idées.

Eric Branca cite plusieurs sujets sur lesquels la politique de l’actuel président et de son gouvernement se sont purement et simplement alignée sur celle de la gauche : l’instauration de la taxe carbone, imaginée par Michel Rocard ; la défense de Daniel Cohn-Bendit par l’ensemble du gouvernement, lorsqu’il fut attaqué par François Bayrou ; le soutien apporté par Luc Chatel, porte-parole du gouvernement, à la CGT en conflit avec Total, « quelques jours après que Frédéric Mitterrand, encore lui, eut révélé, dans Le Point, cette confidence de Nicolas Sarkozy : "Dans le fond, je crois que je n’ai jamais été de droite" ».

Le journaliste de Valeurs actuelles aurait pu y ajouter d’autres exemples, encore plus significatifs du gauchissement de notre vie politique, sous l’impulsion du président et de son gouvernement, comme la promotion de la « discrimination positive » ; la nomination de Yazid Sebag comme Haut Commissaire à la diversité et à l’égalité des chances ; le mépris témoigné à la famille, en en confiant les clés à Nadine Morano ; les dispositions de plus en plus favorables au lobby homosexuel… Les exemples ne manquent pas.

Jean-Marie Le Pen, estimant que ses rivaux copiaient son programme, conseillait naguère de « voter pour l’original plutôt que pour la copie » ; nombre d’électeurs de droite se demandent aujourd’hui s’il est bien utile d’aller voter pour la copie de la gauche.

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10 réponses à l'article : Lu dans la presse : Le grand désamour des électeurs de droite

  1. LE - ROUX

    11/03/2010

    Il est un mot tout simple que l’on entend par ceux qui ne veulent pas discuter de politique.

    Is sont tous POURRIS. Peut-être est-ce vrai, mais alors par qui, par quoi.

    Par qui ? –  Les Loges maçonniques et leurs diverses tendances ce qui permet de jouer la même musique sur plusieurs tonalités. Il suffit de se renseigner sur ceux qui hantent les couloirs de la République et sur ceux qui sont sur le devant de la scène pour être édifié.

    C’est la secte qui proportionnellement le plus de représentants dans les allées du pouvoir 

    Par l ‘Argent ? – Certainement puisque beaucoup de ceux qui nous gouvernent change d’idées au gré des sondages et du vent du temps afin de se faire élire ou promus dans des postes de l’ Etat.

    Il suffit de lire la liste de ceux qui nous promettaient une France de Gauche heureuse et qui se sont ralliés au Président actuel sans beaucop d’ état d’âme.

    Il est vrai aussi, que le même sponsort qui les DRIVE les fait s »agiter au gré de ses intérêts. 

    Les Français ont la mémoire courte mais on les traite afin qu’ils fassent de l’Alsheimer politique, car si les électeurs pouvaient comparer les discours de Droite et de Gauche sur 10 ans, ce rafraîchissement leur ouvrirait les oreilles et les yeux. 

     

     

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  2. Philippe

    10/03/2010

    Mais bon sang, où avez-vous vu que Sarkozy faisait une politique de droite? On ne doit pas habiter le même pays, c’est pas possible.

    La vraie gauche archaïque et le fausse droite (qui cherche toujours à l’imiter, voir les nominations faites par Sarko, il doit avoir honte de ses propres troupes sans doute) remercient les abstentionnistes qui ne vont pas aller voter contre eux. Comme ça ils sont sûrs d’être réélus et de pouvoir continuer le désastre français tout en menant, eux, une vie de pachas et de distribuer les recettes issues de vos impôts à "leurs" clientèles électorales…

    Philippe

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  3. sas

    10/03/2010

    a ceux qui décidément ,ne comprenent jamais rien….

    ……c est la politique de la terre brûlé qu il opère…..

    il faut le stopper….coute que coute il en va du salut de la FRANCE;

    SAS

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  4. Monrose

    10/03/2010

    Lorsque François Miterrand a décidé de " plumer la volaille communiste" , il a eu le courage, l’astuce ou l’intelligence ( au choix) de prendre des ministres communistes, puis de faire ce que bon lui semblait.

    Nicolas Sarkozy en nous faisant le coup de karcher et en faisant quelques déclarations larmoyantes sur les rapatriés FSE comme FSNA, a plumé la volaille FN, ces 4 ou 5 % qui lui ont permis de coiffer Ségoléne sur le poteau. Mais lui, sans vrai courage ou astuce, a aussitôt tendu la main à ses copains PS ou ex PS, méprisant ouvertement ces 5 %, par exemple en faisant chorus avec Cohn Bendit pour se gausser ouvertement de Le Pen à Bruxelles, en caressant, dans le sens du poil, Bouteflika avec son Union pour la Méditérann"e bidon, en approuvant Bajolet, ambassadeur à Alger, un 14 Juillet ! devant un parterre d’anciens fellouzes, qui déplorait la mort des soldats français "pour une cause qui n’était pas la leur " ! ce qui est une honte pour "les Français à part entière" d’Algérie et un déni des gouvernements légaux qui ont envoyé le contingent en 1955, en violant le referendum négatif à l’Europe et en nous imposant une Europe supra nationale dont les Français ne veulent pas. Pour un libéral, il méconnait un principe élémentaire à savoir qu’il faut privilégier et fidéliser sa clientèle avant d’aller faire des mamours aux clients du concurrent. Pompidou, dernier chef d’Etat de droite que nous ayons eu,, quant à lui, l’avait dit à Chaban, quand il l’avait renvoyé dans les cordes avec sa "participation".

    Nicolas S fait la même erreur que Giscard: élu à droite, il prend le contre-pîed de son éléctorat et met la France à plat. Pour lui, les carottes sont cuites: un client de perdu, c’est 20 clients qui s’en vont définitivement. Il a une chance énorme d’avoir un Le Pen vieilli et ne cherchant pas réellement le pouvoir… Mais le clan chiraquien n’a pas dit son dernier mot. Juppé, Raffarin, Mariton, Br. Girardin, derrière le voltigeur de pointe Villepin, vont se redresser après le désastre des Régionales et proposeront aux Elus UMP une alternative à la déculottée prévisible de 2012. La principale préoccupation de tout élu étant d’être réélu, la peur du gendarme éléctoral va donner du bon sens à l’Union pour une Majorité qui ne sera plus présidentielle et ils balanceront le commandant du Titanic actuel à fond de cale.

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  5. m.andrivot

    10/03/2010

    Nicolas Sarkhozy a eu le mérite de mettre en place de réelles réformes qui touchent nos vies:

    – Réforme des successions en faveur des citoyens.

     -modification du calendrier scolaire.

     -réorientation totale de la politique extérieure avec le renouveau de l’amitié franco-américaine entièrement anéantie par Mr Chirac.

    -fin du tout arabe en matière de politique extérieure.

    Pour ce qui est de la jalousie de certains politiques de droite en réaction à la nomination d’homme de gauche, Nicolas Sarkhozy a eu l’audace de franchir des frontières qui n’existe pas, car la politique est d’abord une affaire de bon sens et non de dogmes. La dualité de la scène politique est une mise en forme obligatoire afin d’ éloigner le fascisme et la dictature et instaurer un dialogue permanent qui permet d’affiner la recherche de solutions justes. Les hommes politiques le savent bien, et leurs joutes ne sont que des match de catch généralement. Dans le public l’ urluberlu de service hurle et serre les poings à la sortie après la défaite de son favori, pendant que ce dernier serre la main de son adversaire en lui tapant dans le dos derrière la scène après le combat, de même que des avocats s’affrontent durement dans un tribunal alors que les jeux sont établis avant même que le débat commence entre collègue d’un même métier.

    Bien sûr il y a les erreurs: l’Epad avec son fils Jean; Les réactions épidermiques face à l’insulte dans le salon de l’agriculture 2009, les vacances dans les yachts de Vincent Bolloré pendant que la France croule sous la crise…..Mais cela nous a t il directement affecté en temps que français dans notre quotidien? la réponse est non. Ces erreurs sont le reflet d’une certaine personnalité fougueuse qui sait aussi se remettre en question et reculer.

    Laissons le terminer son quinquennat et nous jugerons ensuite. Il a le courage d’agir dans un pays sclérosé et aphatique. A ce jour il domine largement ses prédecesseurs dans son utilisation du bon sens dont les bilans n’ont été que le fiasco permanent . 

     

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  6. Jean-Philippe de Rosamel

    09/03/2010

    Inutile de voter,tout ceci est indigne…Pour une fois le journal "Marianne" a raison en titrant  IL MENT à propos de notre Président

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  7. Leroy

    09/03/2010

    Si les députés UMP  "en " avaient, pour montrer leur désaccord à Sarkozy, ils démissionneraient tous. C’est là qu’est le courage… MAIS  …

    On peut toujours espérer.

    Cordialement

         A..Leroy

     

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  8. Fouché Chantal

    09/03/2010

    La synthèse que vous présentez de ce qui se dit dans la presse est malheureusement exacte.

     Car je regrette qu’aucun media – pas même Valeurs Actuelles auquel je suis abonnée- ne fasse entendre une autre  voix plus réaliste et plus offensive. Et plus équitable.

    En se faisant ainsi l’écho plaintif de tous les mécontents les media cristallisent autour de " la droite" toutes les forces négatives de l’opinion et officialisent avant l’heure la défaite du sarkoland aux régionales.

    Responsabilité dramatique des media ! Liberté de la presse, certes… mais à quel prix !

    J’aimerais entendre ceci :

     Cinq ans pour un président élu sur un programme de renouvellement , de modernisation de la France ce n’est vraiment pas beaucoup . A peine élu on s’est employé à le ridiculiser, à le critiquer, à le détruire et l’on s’étonne après qu’il y ait du " désamour". Que ne l’a-t-on laissé travailler pendant 5 ans puiqu’on pouvait corriger le tir en 2012 !

    Les Français, une fois de plus ont fait la preuve de leur inertie indécrottable, de leur attachement à un " modèle" qui n’en est un que pour eux,  de leur propension à crier dans la rue leurs contradictions ( exigence démocratique // contestation permanente des urnes; exigence de concertation // refus des acquis de la concertation…)  l 

    J’admire pour ma part l’intelligence et le courage d’Eric Besson ( la page d’interview que publie Le Monde du 8 mars est excellente; l’émission d’Arlette Chabot avait aussi montrer la valeur de cet homme) ; la sérénité persévérante de François Fillon ; la compétence de Christine Lagarde. Pour ne citer que ces trois là.

    Si Fadela Amara ou Rama Yade ne font pas beaucoup parler d’elles n’est ce pas parce qu’elles ont l’intelligence de reconnaître les difficultés du réel. Si elles étaient victimes de "l’autoritarisme" ou  du mépris de NS ( comme les media le suggèrent)  elles ne manqueraient pas de démissionner car ce sont des femmes  de caractère et d’honnêteté . Idem pour B Koucner qui a su dire en son temps ce qu’il pensait de ses " amis" PS 

    Quant à la promotion agaçante des champions de la gauche, je pense que NS a eu le mérite de chercher à faire voler en éclat nos clivages Droite Gauche ( l’ambition de Bayrou) . Les personnalités promues n’ont pas eu à tourner leur veste ( ce qui est à l’honneur de tout le monde) mais  elles me semblent avoir servi loyalement – et librement-  notre pays. Elles sont pour moi la garantie que NS souhaite avant tout le bien de la France, par delà les opinions partisanes.

    Dommage que les jalousies et les rancoeurs soient plus fortes que le désir de travailler au redressement de la France …!

    Je suis écoeurée des postures mortifères de mes compatriotes,  pas de NS !

    J’irai voter dimanche prochain. Avec confiance. Car il reste des Français capables de résister à l’intox des media…

     

     

     

     

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  9. Oulage

    08/03/2010

    Morale de l’histoire:
    L’hémicycle  valsant à gauche, pour rester dans l’axe , il faut voter plus à droite.
    J’approuve.

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  10. Strogof

    08/03/2010

    Pour le moins dans la famille, nous sommes 6 à voter, il y aura une abstention massive. Nous ne votons pas pour la gauche, cela est certain. On nous trompe une fois, pas deux.

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