Mais de quelles «valeurs» parle-t-on?

Posté le juillet 02, 2019, 11:35
5 mins

Le 25 juin dernier, certains élus LR (la presse a cité les noms de Sébastien Pilard, de Xavier Breton et de Sébastien Meurant) ont dîné avec Marion Maréchal.

Tout le monde, des participants aux journalistes, a déclaré qu’il n’y avait pas été question d’alliance électorale (d’ailleurs comment en aurait-il été autrement, puisque Marion Maréchal n’a plus aucune fonction officielle au Rassemblement national?), mais simplement d’échange de vues sur l’actualité politique.

Pourtant, ce qui aurait dû être un parfait «non-événement» n’en finit pas de susciter la polémique. Ces tempêtes dans des verres d’eau sont pour moi un spectacle sans cesse renouvelé.
Mais, en l’occurrence, cela permet aussi de poser quelques bonnes questions.

Ces questions sont d’autant plus importantes que nous sommes – hélas! – à des années-lumière d’une quelconque coalition des droites françaises.

Selon moi, la question prioritaire réside dans les «valeurs» de la droite. La levée de boucliers contre ces élus LR s’est, en effet, faite au nom de ces fameuses «valeurs» jamais définies.
On peut distinguer ici deux grands groupes de «valeurs».

Tout d’abord, les «valeurs de la république». De toute évidence, ces «valeurs» impliquent que le RN n’est pas un parti «républicain». Rien dans les discours de ce parti depuis des décennies ne permet de le dénoncer comme «anti-républicain». Et jamais aucune démarche légale sérieuse n’a été entreprise pour l’interdire. Mais, après tout, pourquoi pas? Admettons que, dans la novlangue contemporaine, «républicain» n’ait plus rien à voir avec la forme du régime, et soit l’antonyme de Rassemblement national.

On ne voit toujours pas pourquoi il serait légitime de s’allier avec le PC ou la France insoumise qui se revendiquent d’une idéologie marxiste responsable d’au moins cent millions de morts, quand il serait intolérable de discuter avec le RN, qui se revendique, lui, du nationalisme français nettement moins mortifère.

Bref, les «valeurs de la république» ne nous sont ici d’aucune utilité, sauf à les prendre pour ce qu’elles sont en réalité: la disqualification d’un adversaire politique (un peu comme titiste ou koulak sous Staline, ou aristocrate sous Robespierre: on pouvait alors fort bien être assassiné pour ce «motif» sans être le moins du monde titiste, koulak ou aristocrate).

Restent les valeurs de la droite. Les Républicains sont les héritiers de l’UMP chiraquienne. On peut penser – c’est mon cas – que la fusion du RPR et d’une grande partie de l’UDF n’a pas été une bonne idée, puisque ce grand magma idéologique a mécaniquement réduit la diversité idéologique de la droite française et donc rétréci sa base électorale.

Mais faisons abstraction de cela et étudions les «valeurs» à la base de ce parti constitué des gaullistes, d’une partie des démocrates chrétiens et des libéraux. Quoi que l’on pense de l’histoire de ces courants, on peut retenir quelques «valeurs fondamentales»: l’indépendan­ce de la France, la défense de la civilisation chrétienne et de la personne humaine, la promotion des libertés, notamment économiques.
Comment, alors, expliquer que la «droite» ne revienne sur aucune des réformes en sens contraire de la gauche, voire qu’elle en vote certaines?

Quand je lis que Gérard Larcher – souvent meilleur politique que cela – déclare que ces élus LR qui ont dîné avec Marion Maréchal «ne partagent plus nos valeurs», je m’interroge. D’abord sur le sectarisme que cela suppose. Ensuite sur les «valeurs» de la droite qui empêcheraient de discuter avec Marion Maréchal – mais n’empêcheraient pas de faire, à l’occasion, cause commune avec les communistes!

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10 réponses à l'article : Mais de quelles «valeurs» parle-t-on?

  1. quinctius cincinnatus

    19 juillet 2019

    il n’ y a plus de ” valeurs ”

    tenez même le Franc Suisse n’ est plus ” sûr ”

    tout fout le camp mon bon bourgeois !

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  2. quinctius cincinnatus

    10 juillet 2019

    ” nous n ‘ avons pas les mêmes valeurs ”

    clip – réclame d’ une marque de … rillettes du Mans !

    il doit s’ agir de ça !

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  3. IOSA

    10 juillet 2019

    Quelle valeur donner au LR ?

    La même que l’on donnerai, selon le savoir faire d’une prostituée .

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  4. BRENUS

    6 juillet 2019

    “L’ avaleur n’attend pas le nombre des années” (surtout s’il a faim et qu’il n’a pas bien saisi le texte du Cid). Mais le peuple attend, lui, la présentation des valeurs.

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  5. betsynette

    4 juillet 2019

    De quelles valeurs
    macron
    phillippe
    Que ce soit larem et ses godillots
    L’intelligent legendre
    larcher

    Tous ces …..RIENS….qui pensent avoir la science infuse mais se pressent pour manger à la gamelle

    En plus s’ajoute tous les traîtres de droites comme de gauches

    agir, pecresse le driant, etc et il y en a beaucoup.

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  6. Kikou

    4 juillet 2019

    A écouter Jean Leonetti, président intérimaire des LR, qui débattait hier matin (3 juil.) avec J-P Elkabach, je suis perplexe… Comment ce parti n’a-t-il pas encore compris qu’il est manipulé par la bien-pensance médiatique gauchiste ? Il rame continuellement à contre-courant depuis des années et, échecs après échecs, il persiste dans son incompréhensible volonté de disparaître. Certains de ses cadres et beaucoup de ses soutiens prennent actuellement la tangente sans susciter le moindre sursaut… C’est à se demander s’il n’y a pas “quelque chose” d’inavouable qui l’oblige à se sacrifier… ou à se soumettre (à qui ?). Il sait pourtant que sans alliance il ne peut reprendre la main. Pourquoi ce parti garde-t-il l’handicap qu’il s’est lui-même imposé en s’interdisant tout alliance avec qui partage ses mêmes “valeurs” ? Une attitude d’otage atteint du Syndrome de Stockholm ?… C’est d’autant plus aberrant que la Gauche n’hésite pas elle à s’allier si nécessaire avec le diable, quitte à se bouffer le nez, mais seulement après avoir engrangé des victoires électorales. Pourquoi bouder une alliance qui ferait de cette union une force nécessaire et suffisante pour balayer les minables qui mènent la France à la catastrophe ? Pourquoi s’acharner à vouloir renouveler coûte que coûte les erreurs du passé ? Et puis, personne ne peut et ne veux voter aujourd’hui pour les “vieux croûtons” du passé, aussi brillants soient-ils. La nouvelle génération (Larrivé, Bardella, Marion, Bellamy, etc) se révèle en effet compétente et nous devons leur faire confiance pour avoir une chance de redresser la situation que les “vieux croûtons” ont laissé se dégrader ces quarante dernières années.

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    • quinctius cincinnatus

      10 juillet 2019

      on ( un chef , une cheffe ) ne peut être qualifié(e) de compétent(e) qu’ après avoir fait ses preuves au feu

      pour le moment ils ( elles ) ont la compétence d’ avoir seulement mené une campagne … [ mais ] électorale ou médiatique !

      voyez vous je nourris de gros doutes sur Bardella même si ce jeune homme plein d’ ambition(s) est d’ un premier abord plutôt sympathique

      dans tous les cas il ne fait pas le poids devant un Macron

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  7. KAVULOMKAVULOS

    3 juillet 2019

    La gauche – bobo de préférence – et les inclassables genre Larcher seraient bien bons de nous lister avec précision ce qu’ils appellent les “valeurs”. Mais en dehors des formules bateau : il vaut mieux être en bonne santé, jeune, riche et beau que vieux, pauvre et malade, il y a une sorte de vide que nous avons bon scruter pour tenter d’apercevoir quelque chose, mais nada, rien, peau de zébi.
    Si ces braves gens exprimaient ce qu’ils ont réellement en tête, cela risquerait de mal passer dans l’opinion publique. Alors il vaut mieux invoquer le néant, c’est plus sur. Dans un sens, ils sont tous macroniens : ils cultivent le “en même temps” qui ne veut rien dire mais que chacun peut interpreter à sa manière, c’est plus confortable. C’est l’auberge espagnole des politicards français.

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    • Ajusté

      5 juillet 2019

      Ce que vous dites est en tous points ressenti par nous…
      Il est temps qu’ils “s’assument” !!!

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      • KAVULOMKAVULOS

        6 juillet 2019

        @ AJUSTE : “ils ne s’assumeront jamais. Et si, d’aventure, ils le faisaient, ce serait pour révéler au grand jour que de droite ils n’ont que le nom et rien d’autre. Un peu comme les “français” de papiers en quelque sorte : un pied dedans, un pied dehors. La place actuelle de cette soit-disant droite est chez macron, ce marécage ou tous les profiteurs clapotent et grenouillent… en attendant de se faire bouffer par un parti extrème, peut être de gauche d’ailleurs qui risque bien de réexploser à force de voir les dirigeants actuels les prendre de plus en plus pour des cons.

        “En même temps” réjouissons nous : Blanquer qui avait suscité tellement d’espoirs pour certains avec l’E.N. vient de trouver une combine pour le BAC 2019 , il a réussit l’exploit d’un faire un nouveau type 1968 (la pochette surprise) pour museler le grondement des laborieux lycéens discriminés. ( Des notes au Bac basées sur celles du controle continu dans l’année et données par des profs de lycées de ZEP terrorisés par les racailles dès qu’une notation insuffisante provoque des menaces, ça porte à coller 18/20 a tous, même aux absents). Mais ce n’est pas grave : macrounet va finir par avoir gain de cause pour appliquer la discrimination positive partout, de sorte que même un illettré aura une place réservée pourvu qu’il soit issu de la “diversité” ( aux chiottes les concours et pousses toi de là que je m’y mette).

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