Martin Hirsch et l'Etat Léviathan

Martin Hirsch et l'Etat Léviathan

Martin Hirsch a beaucoup été critiqué pour
la mise en place du RSA. On ne s’attardera pas sur le peu de travail prospectif sur le coût réel de la mesure une fois généralisée : cette faiblesse est malheureusement la règle dans notre
pays, dont chaque politique a la fâcheuse tendance à coûter le double de ce qui avait été annoncé !

Nombreux sont ceux qui ont considéré que le RSA
étendait l’assistanat dans notre société. Il est vrai qu’il étend le RMI a un autre public, mais pour parer à une distorsion et à une désincitation au travail que créait le RMI. Il fallait donc
bien remplacer le RMI par le RSA… ou supprimer le RMI.

L’extension du RSA aux jeunes de moins de 25 ans est
la conséquence logique de la quasi impossibilité pour un jeune venant de terminer sa formation de trouver en emploi stable dans les 5 premières années qui suivent la fin de la formation. Cette
réalité française devrait conduire à beaucoup d’interrogations sur la formation et sur le marché du travail en France.

Mais là encore, monsieur Hirsch est cohérent
avec sa mission : son rôle est de soutenir matériellement les jeunes pour éviter que leurs débuts dans la vie soient structurellement mauvais pour la quasi-totalité d’une génération, comme
c’est le cas depuis le milieu des années 80.

Martin Hirsch ne semble pas penser que la France, avec toutes les mesures qu’elle a adopté depuis ces années 80, n’a fait qu’empirer la
situation des jeunes, qui est finalement moins difficile dans presque tous les pays développés…

Martin Hirsch va même plus loin dans son rapport sur la jeunesse : il considère que la société doit permettre aux jeunes de devenir
rapidement autonomes. Pour le secrétaire d’Etat, cette autonomie comprend la décohabitation avec les parents.

On ne dira rien de l’aberration économique qu’une
telle position représente pour le coût de la vie des jeunes, particulièrement dans un pays qui manque de logement.

On s’interrogera seulement sur la philosophie qui pousse les inspirateurs du
ministre à vouloir séparer les jeunes de leurs familles
, de faire que leurs moyens de subsistance
leur soient fournis  par un Etat-Léviathan, ne les rendant ainsi indépendants de leur famille que pour les rendre dépendants d’un bureau, d’une
administration.

 

Le fait est que la France, par son histoire, sa
géographie, sa culture et même sa composition ethnique n’appartient ni complètement à l’Europe du nord, dans laquelle les jeunes quittent précocement leurs familles, vivent en collocation et
trouvent rapidement un travail, ni à l’Europe méditerranéenne dans laquelle les jeunes trouvent difficilement un travail, continuent longtemps à vivre en famille, jusqu’au moment où ils fondent
leur propre famille.

La France voit les jeunes connaître des difficultés à trouver du travail, à trouver un logement. La solidarité familiale n’y est pas
aussi forte que dans les pays méditerranéens et la fréquence des familles recomposées ne facilite pas toujours les relations entre les enfants et leurs parents.

 

Aussi, contrairement à ce que pense Martin
Hirsch
, il nous paraît urgent, pour le bien des jeunes, mais aussi de la société française, à appeler non pas à la décohabitation, mais bien à la solidarité familiale intergénérationnelle.
Parce que, contrairement à ce que pensent les croyants de l’Etat Léviathan, aucune institution, aucun bureau enregistreur, aucune caisse de prestation, ne peut remplacer la famille. Parce que
dans un euro familial, il y a bien plus qu’un euro, il y a tout l’amour qu’une administration ne pourra jamais concevoir.

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