Mathieu Gallet, favori de Frédéric Mitterrand, nommé à la tête de l’INA

Mathieu Gallet, favori de Frédéric Mitterrand, nommé à la tête de l’INA

Le match entre Mathieu Gallet et Camille Pascal est plié(1) ! Le décret de nomination du premier à l’INA (l’Institut national de l’audiovisuel), en remplacement d’Emmanuel Hoog (2) est paru au Journal officiel du 26 mai, et sa nomination a été confirmée en conseil des ministres dans la matinée. Frédéric Mitterrand, qui bataillait pour que son directeur de cabinet adjoint accède à la présidence de l’INA, l’a emporté. Les hésitations du chef de l’État face au jeune âge de Mathieu Gallet (né en 1977) ont fait long feu.

Camille Pascal, secrétaire général de France Télévisions, avait cru pouvoir placer sa roue dans la dernière ligne droite du sprint. Il bénéficiait du soutien de Patrick de Carolis et de nombreux acteurs du monde audiovisuel, effarouchés par l’inexpérience de Mathieu Gallet dans le management des hommes. Il est vrai que l’INA, avec 1 000 salariés et un budget annuel d’environ 120 millions d’euros, ne sera pas forcément une partie de plaisir. Mathieu Gallet prend les commandes au moment où la nouvelle convention collective reste à écrire… Son ascension rapide laisse sur place un certain nombre de hauts fonctionnaires comme Laurence Franceschini ou Patrick Raude, apparemment plus chevronnés.

Mitterrand reprend du poids

Cette victoire de Frédéric Mitterrand dans le jeu de placement autour du chef de l’État semble indiquer que le ministre de la Culture a reconquis du terrain après l’affaire Polanski/Le Pen (3). Elle atteste également d’un fait psychologique : Nicolas Sarkozy adore ce qui ne lui ressemble pas. Il écoute plus volontiers quelqu’un qui ne vient pas de son bord. C’est vrai de Frédéric Mitterrand ou de Jean-Luc Hees, avec qui il a de longues conversations…

Mathieu Gallet, diplômé de l’IEP de Bordeaux, titulaire d’un DEA d’analyse économique des décisions publiques à la Sorbonne, a commencé sa carrière aux ventes internationales chez Pathé, puis comme contrôleur de gestion de StudioCanal (2001-2004) avant d’intégrer le lobbying de Canal+ (2004-2006). Sa carrière prend un virage politique en 2006 lorsqu’il rejoint le cabinet de François Loos, ministre délégué à l’Industrie (2006-2007). ChristineAlbanel le récupère. Il seconde alors Christophe Tardieu, le « dircab » adjoint, dans tous les dossiers médias. Il survit au départ d’Albanel et intègre le cabinet Mitterrand.

Henrard-Gallet, à fleuret moucheté

Sa rivalité avec Olivier Henrard, l’autre « dircab », tenait à la délimitation exacte de leur territoire. Olivier Henrard, le juriste, s’occupait de la culture, tandis que Gallet supervisait les industries culturelles. Mais où ranger le cinéma, l’édition et la musique qui relève à la fois de l’art et de l’industrie ? De fait, Henrard chapeautait ces trois secteurs et les services répondaient à ses consignes. Gallet en était chagriné et, de temps en temps, se permettait de souffler une idée à l’oreille du ministre sur ces domaines qui n’étaient pas les siens. Ceci avait le don d’agacer Henrard, qui resta maître du jeu jusqu’à son éviction brutale par le ministre (4). Pour autant, entre les deux hommes, il n’y a jamais eu d’éclat de voix.

Frédéric Mitterrand a été très vite séduit par Mathieu Gallet au point que, rue de Valois, la répartition des bureaux a fait l’objet d’une redistribution. Mitterrand tenait à ce que Mathieu Gallet soit à son étage, et pas trop éloigné. On a donc abattu des cloisons, repoussé légèrement le secrétariat particulier du ministre, pour loger son protégé dans le couloir d’en face.

Mathieu Gallet est proche d’Olivier Zegna-Rata, son ex-boss à Canal +, candidat malheureux à la présidence de l’AFP (5). Il était dit qu’en 2010, l’un des deux accéderait à la présidence d’une entreprise publique.

Emmanuel Berretta

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Comment (1)

  • MAGNE Répondre

    Il est évident que le Ministre " de gauche " va " noyauter " son Ministère de gens en qui il a confiance et qu’ils lui font confiance . M. Kouchner aussi , c’est logique et humain . L’ouverture aura , pour l’histoire , un résultat évident : la disparition de ce que l’on a appelé pendant des décennies , la " droite " . Est – ce un mal ?

    01/06/2010 à 10 h 16 min

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